L’Iran à son tour, accuse les américains

Publié le par Denis-Zodo

 

 

L'Iran a son tour accusé les Etats-Unis d'être une "dictature militaire" mardi, en réponse aux critiques de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Rodham Clinton. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a réaffirmé que le programme nucléaire de son pays était pacifique.Hier c’étaient les U.S.A., qui dit la vérité.

Les Etats-Unis, la Russie et la France ont cependant dénoncé mardi dans une déclaration commune le lancement annoncé la semaine dernière de l'enrichissement d'uranium à 20% dans la centrale de Natanz. C'est "une nouvelle étape vers la capacité à produire de l'uranium hautement enrichi", potentiellement à usage militaire, estiment-ils.

Pendant ce temps, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad annonçait l'installation de centrifugeuses cinq fois plus performantes sur le site concerné.

Mme Clinton avait affirmé lundi que l'Iran devenait "une dictature militaire", où les Gardiens de la Révolution dirigent le programme nucléaire et sont en train de supplanter le gouvernement civil.

Ces accusations sont fondées sur des "interprétations incorrectes", a affirmé M. Mottaki, arguant que le programme nucléaire iranien était "absolument légitime", lors d'une conférence de presse à Téhéran avec son homologue turc, Ahmet Davutoglu.

"Ceux qui ont été le symbole même de la dictature militaire ces dernières décennies, depuis la guerre du Vietnam jusqu'à nos jours, croient que tous les autres sont comme eux", a lancé le chef de la diplomatie iranienne.

Hillary Clinton a renchéri mardi, qualifiant l'Iran de "plus grand soutien au terrorisme dans le monde aujourd'hui", lors d'un déplacement en Arabie saoudite.

La cheffe de la diplomatie américaine a une nouvelle fois mis en doute la visée officiellement pacifique du programme nucléaire de Téhéran, dressant la liste des actions prouvant selon elle que l'Iran a violé son obligation de ne pas chercher à se doter de l'arme nucléaire. "Vous devez vous poser la question: pourquoi font-ils cela?".

La possession de l'arme nucléaire par la république islamique, a-t-elle estimé, poserait "des problèmes qui pourraient être très dangereux" et risquerait d'amorcer "une course à l'armement nucléaire" au Moyen-Orient. "Toutes les personnes avec qui je parle dans le Golfe, que ce soient les dirigeants ici (en Arabie saoudite, NDLR) ou ailleurs dans la région, expriment une profonde inquiétude quant aux intentions de l'Iran", a-t-elle assuré.

M. Mottaki a implicitement appelé la Russie et la Chine, deux partenaires économiques clefs de l'Iran et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, à résister aux pressions de Washington en faveur d'un nouveau durcissement du régime de sanctions de l'ONU contre le régime islamique.

"Il est clair pour nos amis chinois que les Etats-Unis veulent avoir la haute main sur l'Afrique une fois qu'ils domineront les ressources énergétiques du Moyen-Orient", a-t-il dit, faisant allusion à l'influence grandissante de Pékin en Afrique.

Le ministre a aussi affirmé que son pays renforcerait sa coopération économique avec Moscou si la Russie optait pour la position "correcte et logique" concernant l'Iran.

"La position de la Russie concernant des sanctions reste inchangée", a déclaré mardi la porte-parole du Kremlin, Natalia Timakova, citée par l'agence de presse ITAR-Tass. Toutefois, si l'Iran se refusait encore à coopérer, "personne ne peut exclure le recours à des sanctions", a-t-elle averti.

Washington a déjà renforcé ses sanctions contre le régime iranien la semaine dernière en s'en prenant à des entités basées aux Etats-Unis et affiliées aux Gardiens de la Révolution.

Source : AP

 

Commenter cet article