Bilan des attaques terroristes de Grand-Bassam/6 jours après, les Ivoiriens entre doute et espoir

Publié le par Denis-Zodo

6 jours après, l'attaque terroriste de la station balnéaire de Grand-Bassam qui a fait vingt morts selon les autorités ivoiriennes, de nouvelles révélations, les unes aussi bouleversantes que les autres achèvent de convaincre que bien des zones d’ombre restent à élucider par les enquêteurs ivoiriens. Entre autres questions que se posent nombre d’observateurs, la présumée présence de 4 individus dont l’identité n’a pu être révélée, si ce n’est leur race (blanche) au moment de l’assaut des assaillants.

On se souvient que suite la folie meurtrière de tueurs sans visage le dimanche 13 mars 2016 sur les plages et de certains réceptifs hôteliers de Grand-Bassam les autorités ivoiriennes ont rendu un vibrant hommage aux forces spéciales ivoiriennes, dont la qualité et la promptitude de réaction a permis d’enregistrer un bilan moins lourd. « Les Forces spéciales ivoiriennes ont fait preuve d’un grand courage, et d’une grande détermination, intervenant au péril de leur vie ; leur prompte et énergique intervention a permis d’éviter un carnage aux conséquences incalculables » ont indiqué les autorités ivoiriennes.

Une semaine après ce tragique évènement qui continuer d’alimenter les conversations, certaines sources proches de l’attaque indiquent qu’outre les forces spéciales ivoiriennes, d’autres forces, qualifiées de providentielles auraient contribué de façon efficiente à ralentir la folie meurtrière des assaillants.

Alors même que nous étions entrain de nager, et que des individus armés jusqu’aux dents ont commencé à rafaler, faisant des victimes, des personnes de race blanche qui se tenaient non loin de nous ont ouvert le coffre de leur véhicule 4x4 qui était non loin de là, pour en extraire des armes, avant d’ouvrir le feu sur les assaillants qui avançaient vers les nageurs. N’eut été, leur intervention, nous serions tous morts à l’heure où, je vous parle. » Ces propos sont ceux d’un ressortissant libanais sous le sceau de l’anonymat qui a été témoin de l’attaque du dimanche noir de Bassam.

Si l’on s’en tient à ces propos, l’on peut avancer qu’en dehors des forces spéciales ivoiriennes, dont l’intervention a freiné les assaillants, d’autres forces et non des moindres ont participé à l’opération qui a sauvé des milliers de morts. Autant dire que plusieurs questions quant au nombre des assaillants (même si, Aqmi a revendiqué l’attaque, précisant les noms et l’objectif de l’attaque), les différentes forces en présence et surtout les apports extérieurs restent à élucider. Nul, n’est besoin de rappeler qu’aux premières heures de l’attaque terroristes, le ministre d’Etat, ministre de la sécurité et de l’intérieur Hamed Bakayoko dans une déclaration a annoncé un bilan d’une dizaine de victimes, dont six terroristes. Au jour d’aujourd’hui, le bilan officiel fait état de 20 et de 40 blessés. Ce bilan, est loin d’être exhaustif, quand on sait que certaines sources soutiennent qu’elles sont nombreuses, les victimes qui trainent encore les pas pour se faire enregistrer. Au demeurant, aussi curieux que cela puisse paraître, pour une fois, les forces spéciales locales (ivoiriennes), n’ont pas bénéficié de l’apport de forces extérieures comme cela a été le cas dans certains pays du Sahel (Mali, Burkina) et en Europe, France, Belgique, Turquie… Alors, si tel est que certaines forces non encore identifiées ont apporté une quelconque aide aux forces ivoiriennes pourquoi ne pas le mentionner pour lever tous les équivoques.

Pourquoi autant de mystère autour des forces en présence ?

Cette question revient de façon récurrente depuis cette attaque, qui est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le délai de l’intervention a été très court, soit 45 minutes au moment de l’attaque. Cela, auraient selon certains témoignages été possibles grâce à la présence du Président de la République Alassane Ouattara à Assinie à quelques encablures de la cité balnéaire de Bassam.

Les forces spéciales qui sont le plus souvent dans les environs des déplacements du chef de l’exécutif ivoirien peuvent être amenées à intervenir même si, officiellement, cette responsabilité incombe à l’unité spécialisée, le groupement de la sécurité présidentielle (GSPR).

Dimanche noir de Bassam, l’exception ivoirienne ?

Dans plusieurs pays du Sahel, où les terroristes ont causé la mort, des forces étrangères, notamment françaises et américaines ont prêté main forte aux forces locales. En témoigne les opérations « Barkane » et « Serval », qui sont des illustrations parfaites de l’implication française dans les enjeux géopolitiques. S’il est vrai que cette attaque du dimanche 13 mars 2016 a mis en évidence la capacité de réaction des forces spéciales ivoiriennes, force est cependant de reconnaître que l’apport de forces, jusque-là invisibles n’est pas à écarter.

De la problématique du réel bilan

La probabilité d’un bilan plus lourd circule sur plusieurs lèvres. Pour les tenants de cette thèse, les premières déclarations du ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de la sécurité faisant état d’une dizaine de morts et de 06 terroristes neutralisés continuent d’entretenir le flou quant au bilan exact de ladite attaque. En tout état de cause, les Ivoiriens attendent impatiemment les résultats de l’enquête diligentée par les autorités judicaires ivoiriennes. Surtout que le ministre Hamed Bakayoko a indiqué qu’un téléphone portable a été retrouvé sur l’un des assaillants.

Sur la question, le procureur de la République, près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Adou Richard a insisté sur la nécessité de donner du temps aux enquêteurs pour mener leur investigation avant de se prononcer. Evidemment, ces différentes questions posent la problématique d’une part du nombre des jihadistes et d’autre part du bilan des attaques et des différentes forces en présence.

Publié dans Politique ivoirienne

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