Dans le secret de la CPI (acte 3 et fin)/ Comment vivent les pensionnaires

Publié le par Denis-Zodo

 Dans le secret de la CPI (acte 3 et fin)/ Comment vivent les pensionnaires

Ils sont nombreux, les détenus de la Cour pénale internationale (CPI). Parmi eux, des anciens chefs d’Etat, d’anciens chefs de guerre, de rebelles ou de seigneurs de guerre. Regard sur les plus célèbres depuis leur univers carcéral.

En débarquant au petit matin du 30 novembre 2011, Laurent Gbagbo, l’ex-président ivoirien a été accueilli par celui que certains observateurs qualifient d’ennemi d’hier, Charles Taylor. Ce dernier, s’il est vrai qu’il a été hébergé par la CPI, il a en revanche été jugé par le tribunal pour la Sierra Leone. Par le passé, les deux hommes s’étaient envoyés leurs milices par-delà les frontières.

Après sa condamnation, Charles Taylor purge désormais sa peine dans une prison britannique, car une fois tombé le verdict final, les détenus quittent les Pays-Bas pour un autre pays. Un autre pensionnaire de ladite prison, non moins célèbre est le congolais Jean Pierre Bemba qui vient d’être condamné, en attendant bien sûr sa peine qui n’est pas encore connue.

Contrairement au « seigneur » de guerre libérien, le sénateur congolais, Jean-Pierre Bemba, ronge son frein. Un matin de mai 2008, armée d’un mandat d’arrêt de la CPI, la police belge l’a arrêté en banlieue bruxelloise, mettant entre parenthèses ses ambitions présidentielles. Depuis Jean-Pierre Bemba se consacrait à ses pinceaux et ses toiles pour passer le temps. Selon des informations proches de la prison, le Congolais aurait aussi prêté son piano électronique à l’ex-président ivoirien. Parce qu’à la différence de nombre de prisonniers, Gbagbo n’aime pas le sport, il préférerait se consacrer à la lecture, tout comme son filleul Charles Blé Goudé. Pour certains de ces prisonniers, à des milliers de kilomètres de chez eux, les visites familiales sont rares. Mais la dernière fille de Germain Katanga a néanmoins été conçue en prison.

Du ballet des victimes

Ce ne sont pas les détenus seulement qui meublent le quotidien de la Haye. Il y’a les témoins de la mort de proches, parfois blessées, battues, violées, réduites à l’esclavage. Plusieurs centaines de victimes alimentent les rangs des parties civiles à La Haye. Elles sont identifiées par des ONG locales et internationales dans différents pays (Congo, Centrafrique, Côte d’Ivoire) et partout où, le procureur enquête. A la CPI, ces victimes d’atrocités qui défient l’imagination et heurtent profondément la conscience humaine comme le dit le préambule du Statut de Rome, peuvent obtenir des réparations et faire entendre leur voix. C’est l’une des grandes avancées de la Cour. Il convient toutefois de rappeler qu’au cours des procès, les victimes sont cachées du public par un pseudonyme et leurs avocats sont leurs porte-parole.


De la nature des réparations

L’objectif de tous ces procès, c’est évidemment la réparation au bout du compte. Elles seront collectives. En Ituri par exemple, la Cour promet de faire sortir de terre quelques écoles, des centres de soin, des projets de formation. Mais le Fonds au profit des victimes, un organisme rattaché à la Cour et chargé d’évaluer le montant de ces réparations, est empêtré depuis des années dans une lourde bureaucratie, demandant toujours et encore du temps avant de rendre ses conclusions.

Des acteurs, non moins indispensables sont les ONG. En février 1995, 25 d’entre elles créaient la Coalition des ONG pour la CPI, qui est de fait un lobby revendiquant à ce jour, 2 500 membres. Lesdites ONG collaborent avec des organisations de la protection des droits humains, telles Human Rights Watch et Women’s initiatives for Gender justice.

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