Côte d’Ivoire : Enjeux, engouement et raisons d’élections législatives et locales avec les « Gbagbo ou rien »

Publié le par Denis-Zodo

Après l’élection présidentielle d’octobre 2015 en Côte d’Ivoire qui a consacré la réélection du président sortant Alassane Ouattara pour un second mandat de 5 ans, les regards sont désormais tournés vers les élections législatives et locales, prévues pour la fin de l’année. A la différence de la présidentielle qui a enregistré l’absence du « FPI, tendance Sangaré », les prochains scrutins verront la participation de cette tendance qui inéluctablement va donner un coup d’accélérateur à la démocratie et à la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire.

Des raisons et conditions de participation

S’il est vrai que par la voix de Akoun Laurent, la tendance FPI, « Gbagbo ou rien » a annoncé sa participation aux élections législatives et locales prochaines, il n’en demeure pas moins qu’elles restent arrimées à certaines conditions. Pour le leader du parti de Gbagbo, tendance Sangaré, des conditions aussi bien sécuritaire, technique que politique doivent être réglées avant toute participation. « Nous irons aux élections, mais pas à n’importe quel prix » dixit Akoun Laurent.

Pour étayer ses réserves, le président délégué du FPI « GBAGBO OU RIEN » indique « Alassane Ouattara a modifié la carte électorale en s’octroyant 30 sièges supplémentaires. Ce qui fait que l’actuel locataire du palais présidentiel et ses partisans partent avec 60 sièges captifs sans compétition ». Concernant, le volet sécuritaire, Akoun Laurent est on ne peut plus convaincu que les forces sécuritaires présentes sont toutes acquises au régime actuel. Par ailleurs, il ne manque pas d’exiger la libération de tous les prisonniers politiques. Sur ce détail précis, le tenant de l’’exécutif ivoirien a donné un signal fort en ordonnant la libération de la majorité de tous ces prisonniers en fin d’année dernière. En attendant, la phase pratique de cette opération, l’on peut avancer qu’un pas de géant a été fait dans ce sens. Pourvu simplement, que chacun y mette du sien en faisant preuve de bonne volonté pour que ce pas soit franchit. A l’analyse de ce que l’on pourrait considérer comme un revirement de situation, même si Akoun Laurent soutient mordicus qu’il n’en est rien, la relative appréciation de la situation au sein du FPI, mais aussi de la Côte d’Ivoire semble influencer cette décision.

De l’influence de la participation d’Affi à la présidentielle et de la peur de la politique de la chaise vide

Après sa participation à la récente présidentielle du 25 octobre dernier, le président statutaire du Front populaire ivoirien (FPI) Pascal Affi N’Guessan a obtenu 9,29% des voix. Loin, peut-être d’être un camouflet pour Sangaré et ses camarades, ce courage politique d’Affi semble avoir inspiré Akoun Laurent et ses camarades. D’ailleurs, point n’est besoin de souligner la politique de la chaise vide, n’a véritablement jamais prospéré. Le président délégué de du FIP, tendance Sangaré a sûrement pris conscience de la nécessité d’être présent à l’hémicycle pour pouvoir prendre part aux débats politiques et aux prises de décisions relatives à la vie de la nation ivoirienne, ainsi qu’à celle de tous les citoyens, notamment ceux de l’opposition et du Front populaire ivoirien (FPI) qui font l’objet de « persécution ».

De fait, une absence des « frontistes » ouvrirait grandement la voie à une nouvelle forme d’impunité. Une présence remarquée du FPI dans les instances de décisions sera une carte supplémentaire pour la bataille quant à la reconquête du pouvoir idéologique d’Etat par le FPI. Pour ce vœu cher à tous les militants du parti à la rose, Akoun et ses camarades sont prêts à faire des sacrifices, voire des concessions. En témoigne ces propos « en politique, on ne dit jamais, jamais. Je peux respecter sa position (Affi N’Guessan), mais ne pas la partager, pour autant, je n’exclus pas la possibilité d’un éventuel rapprochement. »

De la stratégie du « FPI GBAGBO OU RIEN »

Entre autres raisons avancées par Sangaré et ses camarades pour boycotter le scrutin présidentiel d’octobre 2015, l’absence de sécurité pour la garantie d’élection transparente et crédible, la libération des prisonniers politiques, notamment leaders politiques du FPI, ainsi que celle du leader incontesté Laurent Gbagbo détenu à la Haye après la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. Ces conditions n’ayant pu être satisfaites du point de vue des « Gbagbo ou rien », ceux-ci n’avaient pu prendre part à l’élection qu’ils ont appelée à boycotter du reste. C’est la même rhétorique qu’embouche actuellement M. Akoun. Et elle ne vise qu’à appeler le pouvoir à ouvrir le jeu électoral : un découpage des circonscriptions électorales tenant compte de la population et de la superficie, une sécurité pour tous, le désarmement des ex-combattants, mais surtout la libération des prisonniers politiques afin qu’ils participent, eux aussi, à la vie nationale.

Au regard du développement actuel de l’actualité politique, une participation de l’opposition, notamment des « Gbagbo ou rien » serait une bouffée d’oxygène pour le pouvoir actuel qui a plus que jamais besoin de donner des signaux forts quant à sa volonté de faire une plus grande ouverture démocratique. Car ils sont nombreux les observateurs et les Ivoiriens qui attendent de tous leurs vœux lesdits signaux, surtout que de dernier réaménagement technique de l’équipe gouvernementale a laissé plus d’un sur sa faim.

Publié dans Politique ivoirienne

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article