Régulation financière et crise iranienne au menu des discussions entre Nicolas Sarkozy et Hu Jintao

Publié le par Denis-Zodo

Nicolas Sarkozy et Hu Jintao se sont accordés mercredi sur la nécessité d'une régulation financière mondiale, et ont discuté du programme nucléaire iranien, au premier jour de la visite d'Etat du président français en Chine. A Pékin, les deux chefs d'Etat ont souhaité relancer les relations bilatérales entre les deux pays.

"La conviction de la France, c'est qu'il n'y aura pas de croissance et de reprise sans la stabilité du monde, et il n'y a pas de stabilité possible dans le monde sans une implication plus forte de la Chine dans la gouvernance mondiale", a déclaré M. Sarkozy lors de la conférence de presse conjointe, à l'issue de son entretien avec Hu Jintao au Palais du Peuple à Pékin.

"Avec la Chine, nous voulons une meilleure régulation des activités financières", a-t-il poursuivi, afin d'éviter une "nouvelle crise financière" mondiale. "Nous allons donc préparer très en amont la présidence française du G20 qui commencera en novembre prochain, notamment en réfléchissant au nouvel ordre monétaire multipolaire", a-t-il expliqué.

"La Chine pense que dans la réforme du système financier international, l'accent devrait être mis sur le renforcement des contrôles financiers", a déclaré de son côté Hu Jintao.

"Nous pensons que la crise financière mondiale n'a pas modifié l'élan de la croissance économique mondiale sur le long terme", a ajouté le président chinois, prônant le renforcement par les Etats de la coordination entre leurs économies.

En ce qui concerne le programme nucléaire iranien, sujet sensible placé au centre des discussions entre les deux pays, la France "comprend" la position chinoise, consistant à préférer la diplomatie pour résoudre le bras de fer, a assuré M. Sarkozy. Mais si le dialogue ne fonctionne pas, ne restent que les sanctions, a-t-il souligné, insistant sur la nécessaire résolution rapide de la crise.

"La France partage le même objectif que la Chine, considérant que l'obtention d'un programme nucléaire par un pays comme l'Iran serait un grave problème pour le monde", a-t-il déclaré.

Avant tout politique -aucune signature de contrat n'étant attendue sur le plan commercial- la visite de Nicolas Sarkozy est considérée comme destinée à sceller la réconciliation entre les deux pays.

Mercredi, Hu Jintao a déclaré à son homologue français, devant les journalistes, qu'il souhaitait "développer davantage les relations franco-chinoises à travers des échanges approfondis".

Le président français et son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, sont arrivés en Chine mercredi matin pour une visite d'Etat de trois jours, considérée comme un signe de réconciliation entre Paris et Pékin.

Le couple a entamé son séjour par une étape dans la ville de Xi'an, où il a visité la célèbre armée de terre cuite du premier empereur de Chine.

Il s'agit du quatrième déplacement du président français en Chine, et de sa deuxième visite d'Etat. La première avait eu lieu en novembre 2007, avant que les relations bilatérales ne se refroidissent sérieusement, sur la question du Tibet, après la rencontre entre M. Sarkozy et le dalaï lama en Pologne en décembre 2008.

Jeudi, le chef de l'Etat français rencontrera le président de l'Assemblée nationale chinoise, Wu Bangguo, avant une visite privée du couple présidentiel sur la Grande Muraille. Vendredi, M. Sarkozy s'entretiendra avec le Premier ministre Wen Jiabao dans la matinée, puis il s'envolera pour Shanghai, où il inaugurera le pavillon français de l'Exposition universelle.

Source :  AP

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