Rififi au RHDP : Attention aux traîtres et aux démons de la division !

Publié le par Denis-Zodo

Lorsque 4 partis politiques ivoiriens (PDCI-RDA-RDR-UDPCI et MFA) prenaient l’engagement de créer une plate –forme, dénommée, le Rassemblement des Houphouétistes pour la  Démocratie et la paix (RHDP) le 18 mai 2005 sur les bords de la seine, l’objectif était un : unir les forces pour chasser Laurent Gbagbo et le FPI du pouvoir. 3 ans après, que devient ce regroupement ? A t –il les moyens d’atteindre cet objectif ? Sinon, quels sont les problèmes rencontrés sur le terrain ? Autant de questions auxquelles nous tenterons d’apporter des réponses et si possible ébaucher des solutions.

La sérénité ne semble pas de mise au sein des ‘’héritiers’’ d’Houphouët Boigny . Le feu couve sous la cendre depuis longtemps. L’abcès a été crevé par un des cadres de l’Union pour la Démocratie et la Paix en Cote d’Ivoire (UDPCI).En l’occurrence M.Siki Blon Blaise, membre du Bureau Politique dudit parti, Député et président du Conseil général de Man. Dans une interview accordée à un tabloïd de la place, celui que certains appellent affectueusement « Bulldozer » a rué dans les brancards pour fustiger le RDR et le PDCI-RDA, deux partis membres influents du RHDP. Il reproche à ces deux formations politiques sœurs, leur manque d’égard pour son parti, l’UDPCI. Pour étayer cette thèse, il s’est appuyé sur quelques exemples, qui, somme toute, apparaissent comme des épiphénomènes, au regard des objectifs que les signataires de la plate-forme des Houphouétistes se sont fixés.

 

                                                    Ne  pas se tromper de combat

 

Pour mémoire, au sortir du conclave de Marcoussis Kléber, naît pour la première fois dans le paysage politique ivoirien une Alliance, dénommée le G7.Qui n’est autre que l’union de 4 partis politiques ivoiriens (PDCI-RDA-UDPCI-MFA) et des 3 principaux mouvements rebelles (MPCI-MPIGO-MJP) .Cette nouvelle trouvaille caresse le secret espoir de faire mordre la poussière coûte que coûte à Laurent Gbagbo et au FPI. Mieux, certains observateurs hostiles à Laurent Gbagbo et à son pouvoir ont soutenu mordicus que ladite alliance était la panacée à la situation de chienlit doublée d’une dégradation sociale sans précédent et d’une paupérisation galopante. Cet espoir va se transformer en illusion. Au grand dam des tenants de la thèse de l’échec des frontistes. Durant plusieurs années, le G7 n’existera que de nom. La suite est connue de tous. Au sortir de l’accord politique inter ivoirien le 04 mars 2007 de Ouagadougou le G7 vole en éclat. Gbagbo et Soro ayant fumé le calumet de la paix, le rapprochement parti au pouvoir (FPI)-Forces Nouvelles (MPCI-MPIGO-MJP) était une réalité de fait. Entre-temps, Soro, nommé Premier ministre est obligé d’accompagner son aîné, Laurent Gbagbo sur le chemin de la paix. A la vérité, même si le président du Front Populaire Ivoirien (FPI) a qualifié l’alliance des Houphouétistes de contrat de dupes, force est cependant de reconnaître qu’elle a toujours troublé le sommeil des tenants actuels du pouvoir idéologique d’Etat. N’est-ce pas que le Congrès National Pour la Renaissance de la Démocratie (CNRD) a été créé pour porter la réplique au RHDP ? Après donc plusieurs tentatives infructueuses, Laurent Gbagbo a sorti de ses manches la carte du rapprochement avec les Forces Nouvelles. Une fois ce coup réussi, il faut continuer le travail de sape. En piochant ça et là, au RDR, PDCI et dans plusieurs autres partis politiques de l’opposition avec en point de mire, la décapitation de l’Union Pour la Démocratie et la Paix en Cote d’Ivoire (UDPCI) de feu Général Guéi. Un autre succès passe inéluctablement par avoir avec soi, des dinosaures du parti arc-en ciel. Noutoua Youdé, ex-président du groupe parlementaire dudit parti,Tia Monnet ,présidente du Conseil général de Biankouma, Kahé kplohourou Eric,ancien homme de main du Général,Danielle Bony Clavery,Bleu Lainé,Siki Blon Blaise,Député et président du Conseil général de Man…pour ne citer que ceux-là intéressent le parti au pouvoir. Dans cette autre entreprise herculéenne, avec pour maître d’ouvrage, le pouvoir actuel, le maître d’œuvre est le dernier cité, Siki Blon Blaise qui selon certaines indiscrétions aurait manœuvré pour le départ de Noutoua Youdé et de bien d’autres cadres et militants. Vrai ou Faux ? Toujours est-il que depuis quelque temps, des rumeurs les plus persistantes font échos d’un rapprochement entre l’UDPCI et le FPI.

 

Du cas  Robert Guéi

  

Loin de nous, l’idée de vouloir remuer le couteau dans la plaie. Il est on ne peut plus indispensable de revenir sur les tractations qui ont lieu entre le Général Robert Guéi et certains leaders politiques, notamment Laurent Gbagbo à la veille des élections de 2000. Très soucieux pour la paix dans son pays, le Général Robert Guéi  ayant senti la fragilité de cette paix sociale avait pris certaines dispositions pour garantir les acquis. C’est ainsi qu’il a approché des leaders politiques pour leur demander de jouer la carte de l’apaisement. Au cours donc des différentes discussions, Laurent Gbagbo lui aurait promis de lui apporter  l’aide nécessaire pour consolider d’avantage la cohésion sociale après les évènements malheureux du 24 décembre 1999. En retour, il accepterait volontiers, un poste de Premier ministre.

Qui ne se souvient pas de la fameuse phrase prononcée par le leader des socialistes éburnéens, Laurent Gbagbo ?  « Les vraies élections n’auront lieu qu’en 2005 » avait-il lancé pour rassurer Papa Roméo. La suite, on la connaît. La victoire a été volée au Général Robert  Guéi. En homme sage et mesuré, il est rentré chez lui à Gouessesso pour éviter un bain de sang inutile au peuple pour lequel il avait pris rendez-vous avec l’histoire, en se présentant comme candidat de celui-ci. Cela, malheureusement  n’a pas suffit. A cause de certaines mauvaises langues, telles celle d’Affi N’guessan, président du FPI, il a été lâchement assassiné aux premières heures de la rébellion armée. Ce dernier et bien d’autres pontes du FPI ayant affirmé à la face du monde qu’il était l’instigateur de la tentative de déstabilisation du régime de Laurent Gbagbo. Affirmation qui sera infirmée par la suite des évènements, lorsque le visage hideux de la rébellion a été découvert. Une rébellion dont feu le Général Guéi, ses parents militants et proches ont payé le plus lourd tribut. Avec l’extermination de tous les parents et proches qui se trouvaient ce jour là chez lui. Comme si cela ne suffisait pas, ses parents restés au village et les membres de sa famille ethnique (Dan) seront l’objet d’exactions de la part de non seulement des rebelles hostiles à son groupe ethnique, mais aussi et  surtout des soldats loyalistes aux ordres du pouvoir.

 

Eviter le spectre de la deuxième mort du Général Guéi

 

Déjà, certains membres de la famille de l’ex chef d’Etat considèrent les tractations honteuses entretenues autour de l’inhumation du père de la II è République de la Côte d’Ivoire comme une seconde mort. Il faut donc éviter qu’une autre trahison de la part des dépositaires de cet héritage ne vienne enfoncer le clou. Au moment où, on parle de plus en plus de paix et d’élections, les membres du RHDP doivent faire sien, le respect des engagements qu’ils ont eux-mêmes signés librement à Paris pour redonner à la Côte d’Ivoire son rayonnement d’antan, défiguré par la gestion cavalière et irresponsable du tenant actuel du pouvoir. Les militants, aussi bien du PDCI-RDA, du RDR, du MFA que de l’UDPCI se doivent de transcender leurs différences et incompréhensions pour combattre l’ennemi commun, -le pouvoir en place, incarné par Laurent Gbagbo et le FPI -. Voilà pourquoi, il est important de ne pas se tromper de combat. Autrement dit, attention aux traîtres et aux démons de la division ! Le serpent n’est pas encore mort.

 

 

 

 

Publié dans Politique ivoirienne

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