une crise politique après la publication d'un rapport sur la guerre en Irak

Publié le par Denis-Zodo

 

Les Pays-Bas ont frôlé de très près une crise politique, mercredi 13 janvier. La publication, la veille, du rapport d'une commission d'enquête sur l'attitude du premier gouvernement de Jan Peter Balkenende, en 2002, avant le début de la guerre en Irak, a failli avoir raison de la coalition que dirige aujourd'hui le leader chrétien-démocrate. Seules les concessions faites par son parti, peu avant le début d'un débat parlementaire convoqué d'urgence, ont permis au ministre-président de sauver son actuel gouvernement ,La commission d'enquête dirigée par Willibrord Davids, un ancien haut magistrat, a estimé, dans un document de plus de 500 pages, que la coalition au pouvoir en 2002-2003 avait appuyé l'intervention en Irak alors qu'elle n'était pas légitime au regard du droit international, faute d'un mandat des Nations unies.

Essentiellement basée sur des considérations comme la "solidarité atlantique", la position de l'exécutif a été définie à la va-vite plusieurs mois avant l'invasion, et n'a pas été étayée par la suite, juge la commission.

Le rapport relève que le gouvernement n'a pas tenu compte des réserves des services de renseignement sur l'hypothèse de la présence d'armes de destruction massive en Irak, et a transmis une information incomplète aux députés. M. Davids a également reproché à M. Balkenende d'avoir, à l'époque, laissé la gestion du dossier à son ministre des affaires étrangères, Jaap de Hoop Scheffer.

Piqué au vif, le chef de l'exécutif a contesté ces conclusions. D'après lui, les experts étaient divisés, à l'époque, sur la légitimité de l'intervention. M.Balkenende a assuré, par ailleurs, que son gouvernement avait toujours informé au mieux le Parlement. Et il a défendu les "objectifs politiques" de son équipe, qui regroupait alors, outre son parti, la Liste Pim Fortuyn et le Parti libéral.

Mettant en exergue les réserves de l'un des onze membres de la commission à propos du rapport, M. Balkenende a préféré s'en tenir à deux points positifs pour lui. A savoir que les Pays-Bas n'ont, selon le rapport Davids, pas pris "une part active" au conflit armé et que M. de Hoop Scheffer n'a pas dû à son attitude favorable à la guerre son accession au poste de secrétaire général de l'OTAN, en 2004.

"LEÇON POUR L'AVENIR"

Les partenaires travaillistes de M. Balkenende se sont dit "désagréablement surpris" par l'attitude du premier ministre. Et l'opposition a invoqué la Constitution pour obtenir un débat d'urgence et des éclaircissements. La Loi fondamentale néerlandaise dispose, en effet, qu'un gouvernement doit s'exprimer d'une seule voix sur toutes les grandes questions.

Il a fallu douze heures de négociations et la menace d'une crise pour que M. Balkenende accepte de faire marche arrière et transmette, mercredi soir, aux députés une lettre cosignée par ses deux premiers ministres. Dans ce document, le leader chrétien-démocrate admet que le rapport Davids est "une critique du passé et une leçon pour l'avenir". Il endosse ses conclusions et promet une réponse circonstanciée pour le mois de février.

 

 

 

 

 

 

 

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