Une compagnie d'Etat chinoise mise en cause dans la pollution du fleuve Jaune

Publié le par Denis-Zodo

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  •  La China National Petroleum Corporation (CNPC), une des plus grandes compagnies pétrolières chinoises, fait figure d'accusée après la rupture d'un de ses oléoducs, le 30 décembre 2009, qui a provoqué le déversement de 150 000 litres de gazole dans deux affluents du fleuve Jaune, le Huang He, qui est le deuxième plus long fleuve de Chine. Une alerte à la pollution a été décrétée par les autorités chinoises.
  • L'incident s'est produit dans le nord de la province du Shaanxi et a touché les rivières Chishui et Wei. Le gouvernement local a précisé qu'un degré de pollution de niveau 5, le plus haut sur l'échelle chinoise, avait été relevé dans ces deux affluents, tout en précisant que la contamination de la rivière Wei, la moins touchée, était désormais "sous contrôle". Un tel niveau de pollution rend l'eau impropre à la consommation, mais encore utilisable pour l'agriculture, ont précisé les autorités Selon lemonde.fr..
  • Sept cents ouvriers ont été mobilisés pour réparer la fuite. Le fleuve Jaune est une source d'eau potable pour des dizaines de millions de personnes et la contamination de ses deux affluents affecte les habitants de huit villes. Des traces de pétrole ont notamment été décelées dans le réservoir du barrage de Sanmenxia, dans la province du Henan. Pour éviter que la pollution ne s'étende à Zhengzhou, la capitale provinciale, les responsables ont dû interrompre la production d'électricité de ce barrage.
  • Zhengzhou et Kaifeng, une autre importante cité voisine, totalisent une population de 3,5 millions d'habitants, et 95 % de l'eau courante y provient du fleuve Jaune. L'agence de presse Chine nouvelle précise que, depuis longtemps déjà, en raison de la pollution du fleuve, la plupart des habitants ne pouvaient plus consommer que de l'eau minérale en bouteille. Selon des statistiques officielles, deux cents millions de Chinois n'ont pas accès à une eau propre à la consommation.
  • "POLITIQUE DE L'AUTRUCHE"
  • La CNPC a reconnu que la pollution des deux cours d'eau avait bien pour origine la rupture d'un de ses oléoducs, mais la compagnie d'Etat a rejeté la responsabilité de l'accident sur "des travaux effectués" dans la zone de la fuite par "un troisième acteur" au profil particulièrement flou. Ce qui a provoqué des commentaires inhabituellement acerbes de la part de la Radio nationale de Chine, pour laquelle "la CNPC joue la politique de l'autruche en refusant d'accepter sa pleine responsabilité et en n'ayant pas encore proposé de dédommagements aux victimes de cette pollution".
  • La radio a rappelé qu'un autre incident sérieux avait impliqué cette même compagnie en 2005, quand une fuite de pétrole avait pollué la rivière Songhua, dans la province du Helongjiang, frontalière de la Russie. Cette catastrophe écologique avait provoqué une sérieuse crise diplomatique entre Pékin et Moscou. Le même commentateur de la radio chinoise a précisé que, à l'époque, la CNPC était restée "silencieuse" et qu'à nouveau "on peut mettre en doute le sens de la responsabilité dont fait preuve ce colosse d'Etat".
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