Un million de Somaliens menacés de famine après le retrait forcé du Programme alimentaire mondial

Publié le par Denis-Zodo

Un million d'habitants de la Somalie sont menacés de famine après la décision, annoncée, mardi 5 janvier, par le Programme alimentaire mondial (PAM), de 'suspendre' ses distributions de vivres dans la partie sud de ce pays sans Etat de la Corne de l'Afrique. Le PAM, agence des Nations unies dont dépend la survie d'un total de 3 millions de Somaliens, soit un tiers de la population, avait déjà subi des assassinats d'employés et des attaques de pirates contre ses bateaux. Cette fois, ce sont les menaces et les exigences des miliciens islamistes du mouvement Al-Chabab, aux commandes d'une large partie du pays, qui conduisent le PAM à ce retrait.

Les islamistes ont exigé des rares organisations humanitaires encore présentes qu'elles licencient tout leur personnel féminin et qu'elles acquittent une taxe mensuelle de 20 000 dollars pour leur sécurité, a indiqué, mardi, Peter Smerdon, représentant de l'agence de l'ONU en Afrique de l'Est. Des demandes jugées 'inacceptables' par le PAM.

Récemment, les menaces s'étaient intensifiées et un ultimatum posé, exigeant la cessation de toute activité le 1er janvier. En décembre 2009, des grenades ont été jetées par deux fois sur le bureau de l'ONU à Mogadiscio et un employé a été assassiné le 22 décembre. Le PAM a tenté de répondre aux exigences des groupes armés en organisant des réunions avec les anciens dans les villages, sans réussir à obtenir des garanties de sécurité suffisantes, a expliqué, mardi, un de ses porte-parole à Genève.

 

Risque d'exode

Les islamistes du mouvement Al-Chabab accusent le PAM de ruiner l'agriculture locale en contraignant les Somaliens à dépendre de l'aide alimentaire internationale. 'Nous sommes très heureux de voir le PAM et les autres agences d'espionnage suspendre leur travail', a déclaré un responsable des miliciens à l'agence Reuters.

Le PAM, présent en Somalie depuis quarante ans, a répliqué à ces accusations récurrentes en rappelant que la production locale 'n'a atteint que 30 % des besoins alimentaires des Somaliens' ces cinq dernières années. De son côté, un porte-parole d'Ahlu Sunna Waljamaca, une milice adverse, proche du gouvernement fédéral de transition (TFG) soutenu par les Occidentaux et l'ONU, voit dans le retrait du PAM une 'bonne nouvelle', car il estime que l'aide alimentaire profitait à Al-Chabab

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