Toutankhamon, fils probable d'Akhenaton, est mort des suites d'une jambe cassée

Publié le par Denis-Zodo

Toutankhamon, roi frêle aux multiples maladies, aurait succombé aux complications d'une jambe cassée, aggravées par le neuropaludisme, révèle une analyse ADN publiée mercredi dans la revue médicale américaine "Journal of the American Medical Association" (JAMA). Cette étude, la plus approfondie jamais menée sur la momie, met ainsi un terme à des années de spéculation sur la mort précoce du jeune pharaon et révèle qu'il est très probablement le fils d'Akhenaton.

"Une fracture soudaine de la jambe possiblement due à une chute pourrait avoir provoqué une affection mortelle au moment où a été contractée la malaria", concluent les chercheurs qui ont annoncé avoir par ailleurs isolé le plus ancien échantillon d'ADN du parasite du paludisme.

Basée sur les résultats de tests ADN et de scanners pratiqués pendant deux ans sur seize momies, dont celle de Toutankhamon et d'autres membres de sa famille, cette étude très attendue permet également d'établir l'arbre généalogique du célèbre souverain le plus précis jamais obtenu. Selon les chercheurs, son père était très probablement Akhenaton, le pharaon qui a tenté d'instaurer un culte monothéiste en Egypte ancienne, et sa mère, l'une des soeurs d'Akhenaton qui n'a pas encore été identifiée.

Devenu pharaon à l'âge de 10 ans en 1.333 avant Jésus-Christ, Toutankhamon aura régné pendant neuf ans sur l'Egypte pharaonique à une période clé de son histoire. S'il apparaît comme un pharaon relativement mineur dans l'Histoire, la découverte en 1922 de sa tombe remplie d'oeuvres spectaculaires tels que le masque funéraire en or, l'a rendu mondialement célèbre.

Sa mort à un si jeune âge a longtemps alimenté les spéculations. L'hypothèse d'un assassinat soulevée par un trou dans le crâne du souverain avait finalement été écartée après un scanner qui avait révélé en 2005 qu'il était vraisemblablement dû au processus de momification. Le scanner avait également permis de découvrir la fracture à la jambe.

Les nouveaux scanners et les analyses génétiques dévoilent un souverain affaibli par des maladies congénitales, emporté par les complications liées à cette fracture et le neuropaludisme. "Toutankhamon souffrait de troubles multiples", explique l'étude. "Il peut être imaginé comme un jeune mais frêle roi qui avait besoin de cannes pour marcher".

Le jeune pharaon avait le palais fendu comme son père, un pied-bot comme son grand-père, et souffrait également de la maladie de Kohler, qui s'est traduite par un manque d'afflux sanguin ayant causé la lente destruction des os de son pied gauche.

Les tests ont en revanche permis d'invalider certaines hypothèses selon lesquelles Toutankhamon et certains membres de sa famille auraient souffert de maladies rares qui les auraient dotés d'attributs féminins et de malformations des os. Le syndrome de Marfan, une maladie génétique qui entraîne un allongement des membres, avait notamment été évoqué.

"Il est très peu probable que Toutankhamon ou Akhenaton aient eu réellement un physique significativement féminin ou bizarre", réfute l'étude. Ces thèses découleraient de l'observation des statues et du style artistique de l'époque, qui représentaient les membres de la famille royale avec des bustes proéminents, des têtes allongées et de larges hanches.

Les résultats des tests génétiques et des scanners réalisés sur Toutankhamon et les membres de sa famille doivent être présentés mercredi par le Conseil suprême des antiquités égyptiennes. Ils s'inscrivent dans un vaste programme visant à établir, via l'ADN, l'identité et la lignée de centaines de momies.

Source : AP

 

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