Séisme à Haïti : la détresse des parents adoptifs d'enfants haïtiens

Publié le par Denis-Zodo

  Depuis mercredi dernier, nous nous sommes arrêtés de vivre." Calmement, Sandrine Dubois raconte le drame dans lequel elle et son mari vivent depuis que le séisme meurtrier a ravagé Haïti. Sur l'île se trouvaient leurs deux enfants, Emmanuel et Emmanuela, des jumeaux âgés de deux ans, adoptés au terme d'une longue et laborieuse procédure qui venait de s'achever en novembre dernier.

 

"Les enfants portaient notre nom, les passeports étaient en cours de fabrication", raconte Sandrine, anéantie. Anéantie parce que sa fille n'a pas survécu à ses blessures. Elle est décédée dimanche, faute de structure hospitalière, faute de médicaments, faute de nourriture. "Ça fait cinq jours qu'on se bat pour que les secours leur arrivent", témoigne-t-elle, encore incrédule. "Maintenant, on mobilise les forces qui nous restent pour sauver notre petit garçon et tous les autres enfants", explique-t-elle. La jeune femme lance un vibrant appel aux autorités françaises : "Il faut trouver une solution légale pour permettre l'évacuation de ces enfants dans les plus brefs délais."

 

Un cri de détresse qui a porté jusqu'aux grilles du Quai d'Orsay. Dimanche, de nombreux parents adoptifs d'enfants haïtiens, regroupés au sein d'un collectif, se sont massés devant le ministère des Affaires étrangères, à Paris, et ont suspendu des dizaines de bouteilles d'eau à moitié vides. Comme autant d'enfants haïtiens en cours d'adoption par des familles françaises, aujourd'hui menacés de mort imminente. Objectif avoué de cette opération : interpeller la classe politique sur le sort de ces milliers d'enfants en souffrance. Car jusqu'à samedi, la priorité "absolue" de la France était "accordée à l'urgence des secours". Le rapatriement des mineurs haïtiens pour lesquels une procédure d'adoption a été engagée par des Français était relégué à plus tard, lorsque "la situation le permettrait".

 

Le souvenir de l'Arche de Zoé

 

Une posture impensable pour tous les candidats à l'adoption, qui ont trouvé une porte-parole en la personne de Joëlle Garriaud-Maylam. Sénatrice UMP des Français établis hors de France, cette juriste s'est indignée du silence des autorités françaises au sujet des orphelins haïtiens. Dans un communiqué diffusé dimanche, elle a vivement interpellé François Fillon, le "priant instamment de se pencher de toute urgence sur le sort des petits Haïtiens en voie d'adoption par des familles françaises". Un pavé dans la mare qui a visiblement produit ses effets, puisque, dès dimanche soir, le Quai d'Orsay recevait quelques parents, leur assurant que "les enfants étaient l'objet de toutes les attentions" de la diplomatie française. Et lundi matin, le secrétaire d'État à la Coopération Alain Joyandet précisait sur Europe 1 que "tous les enfants haïtiens en cours d'adoption par des familles françaises et dont les dossiers sont complets seraient évacués d'Haïti vers la France". Sans donner plus de précision quant au calendrier. L'Unicef n'a pas donné plus de détails, mais a appelé la France à éviter toute "précipitation" concernant les adoptions d'enfants haïtiens.

 

"Il faudrait aller plus loin", répond toutefois Joëlle Garriaud-Maylam à Alain Joyandet. "Ces enfants sont en train de mourir, ils n'ont plus le temps d'attendre", s'indigne-t-elle. "Qu'on suive l'exemple hollandais !", suggère-t-elle. Les Pays-Bas ont en effet affrété dimanche un avion pour rapatrier les 109 enfants haïtiens en cours d'adoption par des familles néerlandaises. "En France, c'est malheureusement impossible", constate la sénatrice. "C'est la conséquence de l'Arche de Zoé", regrette-t-elle, en référence à cette association qui est soupçonnée d'avoir tenté d'exfiltrer illégalement 103 enfants du Tchad vers la France en octobre 2007. De surcroit, le nombre d'enfants haïtiens qui seraient concernés par un rapatriement d'urgence vers la France avoisinerait les 2.000, selon Joëlle Garriaud-Maylam. Les petits Haïtiens sont en effet les enfants nés à l'étranger les plus adoptés en France. Un phénomène qui dure depuis l'an 2000. Combien parmi eux entrent dans les critères posés par Alain Joyandet ? La parlementaire l'ignore, et balaie la question d'un revers de manche. "On n'a pas le temps de faire de la paperasserie à outrance, c'est lamentable." Dimanche, de nombreux parents adoptifs d'enfants haïtiens se sont massés devant le ministère des Affaires étrangères, à Paris, et ont suspendu des dizaines de bouteilles d'eau à moitié vides, comme autant d'enfants haïtiens en cours d'adoption par des familles françaises, aujourd'hui menacés de mort imminente

source:Lepoint.fr

 

 

 

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Quebec 19/01/2010 20:37


Bonsoir Denis,

Juste une petite remarque, les enfants de l'arche de zoé, n'ont ni été vendu ni acheté, par quiconque, ils avaient été remis à cette association sans aucun échange d'argent.
Mais je comprend très bien que vous puissiez faire erreur, dans la mesure où cette affaire a été empreinte de mensonges de fausses preuves, d'une instruction totalement bâclée, car sous le joug du
dictateur Deby.
Ce qui est désolant, c'est de voir que des hommes ou femmes politique se servent de cette histoire, pour cacher leur incapacité à gérer une action en faveur de ces pauvres gosses d'Haiti.
Encore une fois ce sont les enfants qui pâtissent de ce genre de réaction !


Denis-Zodo 19/01/2010 21:37


pour moi,c'est du même ,pour ne pas dirte du bonnet blanc ,blanc bonnet.merci pour ce détail identique.


Quebec 19/01/2010 19:12


"A cause de l'arche de zoé, c'est impossible" ?

Quelle mauvaise foi de sa part, ce ne serait plutôt pas à cause du fait que sur cette affaire, encore une fois, la France est à la ramasse !!!
Et comme dab, on met ça sur le dos du pauvre quidam qui passe par là !!!
Remarquez, c'est le langage habituel des politiques de tous bords, hommes ou femmes, ils sont formés pour cela !!!

LAMENTABLE !!!!


Denis-Zodo 19/01/2010 19:55


les enfants ne sont pas à vendre. l'affaire zoé est vivace dans les esprits.