Renault : demande des explications au gouvernement

Publié le par Denis-Zodo

   L'État ne laissera pas Renault implanter la production de la future Clio 4 en Turquie. C'est en substance le message qu'a voulu faire passer le gouvernement, après des rumeurs de presse faisant état d'une telle éventualité. Mardi, le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a affirmé que "la Clio (IV, NDLR) sera(it) produite en France pour être vendue en France" . Le lendemain, il recevait le directeur général de la marque au losange à Bercy pour obtenir des explications. Et pour ne pas relâcher la pression, samedi, c'est le Président lui-même qui recevra le pdg de Renault, Carlos Ghosn.

 

Mais cette fermeté affichée pourrait bien être contrecarrée par la Commission européenne. Jeudi, la commissaire à la concurrence Neelie Kroes rappelle qu'en 2009, la Commission a obtenu "un engagement clair des autorités françaises pour que les prêts aux constructeurs automobiles nationaux n'affectent pas la liberté des constructeurs de développer leur activité économique sur le marché intérieur européen (...) et n'imposent aucune condition sur la localisation de leurs usines ". C'était en effet l'une des garanties exigées par Bruxelles pour que la Commission donne son feu vert à la signature du pacte automobile en février 2009. Renault et Peugeot ont ainsi bénéficié chacun de 3 milliards d'euros d'aide du gouvernement.

 

Éviter "la spirale du nationalisme économique" Indique lepoint.fr

 

"La Commission s'assurera que cet engagement est respecté", poursuit la commissaire, qui dit avoir "demandé à ses services de contacter les autorités françaises dès que possible pour obtenir des explications sur la contradiction apparente entre les déclarations du ministre de l'Industrie Christian Estrosi et les engagements pris dans un courrier par [l'ancien, NDLR] secrétaire d'État à l'Industrie Luc Chatel en février 2009".

 

La commissaire ajoute qu'elle a toujours "adopté une position dure contre tout réflexe protectionniste. Le nationalisme économique risque de provoquer une spirale de protection qui aggraverait la crise et détruirait toute chance de redémarrage".

 

Publié dans Economie

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