Par intérêt économique, l'Australie fait profil bas au procès Rio Tinto

Publié le par Denis-Zodo

C'est un procès sensible mais l'Australie s'évertue à calmer le jeu tant les enjeux économiques sont importants. Quatre employés du géant minier anglo-australien Rio Tinto, un cadre australien et trois de ses collègues chinois, sont jugés depuis lundi 23 mars à Shanghaï. Ils sont accusés d'espionnage industriel et corruption.

La première journée, lundi, a été marquée par une admission partielle des faits de corruption de la part du seul accusé étranger, l'Australien Stern Hu, qui dirige le bureau de Rio Tinto à Shanghaï. Il a, en effet, plaidé coupable dans le volet corruption de ce procès. Le consul général d'Australie Tom Connor a indiqué que M. Hu 'avait reconnu une partie des accusations de corruption', en se refusant à de plus amples commentaires à sa sortie du tribunal lundi.

Aux côtés de M. Hu comparaissent les Chinois Liu Caikui, Ge Minqiang et Wang Yong, arrêtés comme leur supérieur en juillet dernier. Stern Hu et Ge Minqiang sont accusés d'avoir touché près de 650 000 euros de pots-de-vin, Liu la moitié de cette somme, tandis que Wang Yong aurait lui perçu plus de 7,5 millions d'euros. Les audiences de mardi devaient continuer d'examiner les accusations de corruption dans la matinée, avant de passer l'après-midi à la partie espionnage industriel, selon l'un des avocats. Le tribunal a annoncé la semaine dernière que l'examen des 'violations de secrets commerciaux' reprochés aux employés de Rio Tinto se déroulerait à huis clos.

'IL FAUT LAISSER LA JUSTICE SUIVRE SON COURS'

Les autorités australiennes ont cependant souhaité assister à l'intégralité du procès, qui représente une vive épine dans les relations australo-chinoises. Si le premier ministre australien, Kevin Rudd, a averti que 'le monde allait être très attentif' à cette affaire, son gouvernement se montre toutefois prudent, craignant de mettre à mal ses échanges commerciaux avec la super-puissance chinoise. Ceux-ci ont presque doublé en quatre ans pour atteindre 70 milliards de dollars américains (environ 52 millions d'euros), faisant de la Chine le premier client de l'Australie

Source : lemonde.fr

Publié dans Economie

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