Nicolas Sarkozy retrouve les accents de sa présidence de l'UE

Publié le par Denis-Zodo

Nicolas Sarkozy a retrouvé dans la nuit de vendredi à samedi les accents qui avaient contribué au succès de la présidence française de l'Union européenne en 2008, dans la dénonciation des spéculateurs et la défense d'une gouvernance économique européenne.

Après huit heures de discussions bilatérales avec ses pairs des seize pays membres de la zone euro, le président français a estimé que celle-ci traversait la crise "sans doute la plus grave" de son existence.

Mais il a assuré que les spéculateurs en seraient "pour leurs frais", grâce aux décisions prises par les Seize lors de ce sommet extraordinaire consacré à la crise grecque et à ses retombées.

"Nous sommes décidés à tout mettre en oeuvre, toutes les institutions européennes et tous les Etats membres de la zone euro, pour assurer la stabilité et l'unité de la zone euro", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse de minuit. "C'est donc une mobilisation absolument générale qui est décidée."

Il a souligné que la stabilisation de l'euro était dans l'intérêt de tous les pays, y compris hors de la zone euro.

"Si nous ne stabilisons pas la situation, c'est l'ensemble des autres places financières dans le monde qui seraient aussi impactées", a-t-il expliqué.

Il a fait valoir que les décisions prises lors de ce Conseil européen étaient "d'application immédiate", dès la réouverture des marchés lundi : "Lundi à l'ouverture des marchés, l'Europe sera prête à défendre l'euro. C'est ça le message que nous voulons faire passer", a-t-il déclaré.

Nicolas Sarkozy a assuré que les pays de la zone euro étaient décidés à combattre "sans merci" la spéculation, notamment par le biais d'un mécanisme européen d'intervention, dont il n'a cependant pas voulu révéler les modalités.

"Je ne peux pas rentrer dans le détail car je n'ai pas l'intention de dévoiler l'ensemble de notre plan afin que celui-ci soit le plus efficace possible", a-t-il dit.

CONTRIBUTION DU SECTEUR FINANCIER

Il s'est borné à expliquer que si les Seize activaient pour la Grèce des mécanismes bilatéraux, ils en étaient maintenant à des mécanismes communautaires pour défendre toute la zone euro.

"Aujourd'hui, c'était l'heure de vérité pour la zone euro : soit nous laissions les marchés décider de l'avenir de l'euro à notre place, soit nous étions capables de prendre les mesures nécessaires pour faire échec à la spéculation et pour sortir de cette crise plus forts et plus unis", a-t-il expliqué.

"Nous ne pouvons pas laisser aller l'euro au gré de la spéculation et des intérêts de quelques spéculateurs. L'euro c'est l'Europe, l'Europe c'est la paix sur ce continent. Nous ne pouvons pas laisser défaire ce que les générations précédentes ont construit. C'est ça qui est en cause", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy, qui avait proposé en vain pendant la présidence française de l'UE de réunir régulièrement les Seize au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, est revenu à la charge en proposant de renforcer la direction de l'Eurogroupe.

Il a dit que les pays de la zone euro allaient travailler au niveau national et international à "une contribution significative du secteur financier au coût des crises".

Enfin, il a balayé des informations qui circulaient vendredi soir dans les couloirs du Conseil européen sur une prise de bec avec la chancelière allemande Angela Merkel. "Nous avons tout fait, Mme Merkel et moi, pour que l'axe franco-allemand soit un axe indestructible", a-t-il dit. "Mme Merkel et moi nous partageons la même analyse : cette crise est systémique, la réponse doit être systémique."

"Je me suis donné beaucoup de mal pour qu'on rassemble tout le monde. Vous ne croyez pas que je vais dire un mot pour créer de la division en Europe alors qu'on a besoin d'unité", a ajouté le président français. "Il n'y a eu aucune division entre Mme Merkel et moi ce soir."

Source : Reuters

 

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