Média d’Etat pris en otage

Publié le par Denis-Zodo

 

Certains les qualifiaient de bourgeois, d’autre d’opposants de salon. Parmi eux, le chef de l’Etat ivoirien. Mais mardi, les jeunes de l’opposition, soutenus par leurs leaders respectifs, ont démontré qu’ils sont loin d’être des poltrons. Karamoko Yayoro, président en exercice du Rassemblement des jeunes houphouétistes pour la démocratie et la paix (RJDP), par ailleurs, président du RJR, Kouadio Konan Bertin dit KKB de la JPDCI, Yao Kouadio Séraphin de la JUDPCI et Diomandé Mamadou Noël de la JMFA ont obtenu du pouvoir des refondateurs, l’autorisation de manifester. Grâce à leur détermination. En effet, alors que les manifestations publiques sont interdites, les jeunes du rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix ‘RHDP) sont parvenus à exprimer leur ras-le-bol au directeur général de la Radiodiffusion télévision ivoirienne(RTI), qui selon eux, ne fait rien pour rendre équitable à toutes les tendances politiques, l’accès aux médias d’Etat. Si le mercredi, 13 janvier dernier, KKB et les jeunes du PDCI son parti, avaient été stoppés à quelques mètres de la maison du parti à Cocody, puis tabassés par les forces de l’ordre, alors qu’ils tentaient de rallier la maison de la télévision pour remettre une notion de prestation à Brou Amessan Pierre, cette fois, unis, l’opposition a pu la lui remettre.

Dans cette motion, les jeunes relèvent le mauvais traitement de l’information et du parti pris de la RTI dans la gestion des couvertures médiatiques des événements politiques. Pour être clair, l’on accuse le média d’Etat, le bien commun des Ivoiriens, de favoriser une partie, à savoir la Mouvance présidentielle, au détriment de l’autre partie, c’est-à-dire l’opposition. Les jeunes opposants ont également réclamé devant le directeur général de la RTI, sa propre démission. Celui-ci a promis de prendre connaissance de la motion, puis de la transmettre au Conseil de la Communication audio-visuelle. Mais Brou Amessan Pierre Israël trouve que la RTI qu’il dirige, travaille de façon professionnelle. Si seulement le ridicule pouvait tuer.

Quand 5.000 personnes viennent à marcher sur la RTI, c’est la preuve qu’il y a problème. Son Directeur Général devrait se poser des questions au lieu de s’empêtrer dans des explications qui n’ont de sens que pour eux qui ne savent pas quelle télé et quelle radio il parle. On comprend, Brou Amessan n’a pas le choix, il ne fait que se mettre au service de ceux qui l’ont imposé manu militari à la tête de la RTI. En le nommant, Gbagbo savait ce qu’il attendait de lui. Lui également savait bien ce qu’il avait à faire à la tête du média audiovisuel public. Il n’a certainement pas besoin de consignes ou de cahier de charges comme il a fait savoir dans sa réponse aux jeunes opposants. Pouvait-il en être autrement ?

Alors qu’on nous dit qu’il faut que la radio et la télévision nationales travaillent à faire revenir la paix au pays, l’occasion est donnée à Blé Goudé de déverser sa bile sur des chefs de partis politiques, quand Laurent Gbagbo lui-même profite des rencontre avec des groupes de personnes ou des associations, pour tirer à boulets rouges sur ses adversaires, sans que cela n’émeuve les membres du CNCA. Et son président, Franck Anderson Kouassi peut avoir le courage d’affirmer qu’il n’a jamais été saisi par le RJPDP pour de telles revendications. Mais enfin, a-t-on besoin de demander à quelqu’un qui a tous sens au complet, de dévier un obstacle dressé devant lui ? C’est à l’aveugle qu’on peut le dire. Mais c’est faire injure à Franck Anderson Kouassi que de le chasser parmi les aveugles, puisqu’il n’en est pas. C’est un personnage qui voit bien ce qui se passe sur notre télé et notre radio nationale. C’est un grand journaliste qui a fait preuve de professionnalisme par le passé, comme son maître Diégou Bailly le recommandait aux journalistes sous sa coupole. Et oui, le média d’Etat pris en otage. Mais aujourd’hui, la donne à changé. Il faut sauver une place. La vérité et le professionnalisme peuvent se faire voir ailleurs. « est-ce-que c’est ceux qui se plaignent qui m’ont mis là ? C’est eux qui me donnent à vivre ? » Ce sont là des interrogations qu’on entend souvent dans le bas peuple. Mais tenez-vous bien, des responsables se les posent souvent. Malheureusement !

Publié dans Politique ivoirienne

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