Malgré les risques, Total continue à produire au Yémen

Publié le par Denis-Zodo

 

L'ambassade de France au Yémen a annoncé, lundi 4 janvier, la fermeture de ses locaux en raison des risques terroristes, mais Total, lui, continue de produire. Le groupe pétrolier, qui pilote un projet gazier de plus de 3 milliards d'euros, ne souhaite pas s'exprimer sur la sécurité de ses installations, ni sur celle des 5 000 personnes, en majorité yéménites, travaillant pour lui à Marib, au centre du pays, et à l'usine de liquéfaction de Balhaf, sur la côte sud du pays, deux sites inaugurés en novembre 2009.

Aujourd'hui, les menaces pesant sur les expatriés du groupe - les familles ont été rapatriées depuis longtemps - sont de trois ordres : la rébellion de communauté chiite zaïdite contre le pouvoir central, les enlèvements crapuleux menés par des tribus locales, et l'activité des cellules terroristes locales liées à Al-Qaida. Aucun de ces dangers n'est à minimiser. En 2002, le pétrolier français Limburg a été attaqué et gravement endommagé par un kamikaze pilotant une vedette bourrée d'explosifs.

Pour parer à ces dangers, les grandes entreprises ont des procédures clairement établies. Certaines, comme le groupe d'ingénierie Technip, gèrent les risques en direct à l'aide d'un personnel de sécurité intégré. D'autres, comme Total, font appel à des sociétés privées spécialisées dans la gestion des risques. Celles-ci souvent formées d'anciens militaires, ou spécialistes de la lutte antiterroriste, mettent à leur disposition des 'security managers' qui auditent en permanence leurs installations sur les bases vie et les lieux de travail. 'On préconise la présence d'une chambre blindée dans chaque appartement contre le risque d'une roquette ou d'une incursion, des barreaux aux fenêtres, des voitures de patrouille à l'intérieur du'compound', l'observation de l'environnement physique', explique Louis Caprioli, directeur de la sécurité à l'international de GEOS, la plus importante société française de management des risques. Les outils de communication ne dépendent pas du réseau local et un service de veille Internet sur les sites d'information yéménites permet, aussi, de voir venir certains dangers.

Publié dans Economie

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