Les deux Françaises graciées sont de retour en France

Publié le par Denis-Zodo

 

Les deux jeunes Françaises graciées en République dominicaine ont retrouvé leurs familles mercredi après 18 mois de détention pour trafic de drogue, a-t-on appris de l’Agence Reuters.

Accompagnées du secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, Sarah Zaknoun, 19 ans, et Céline Faye, 20 ans, ont donné une conférence de presse au pavillon d'honneur de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, près de Paris.

Après "18 mois de misère", la grâce présidentielle et le retour en France "c'est surréaliste (...), c'est magique", a déclaré Sarah Zaknoun.

"Ça a été très difficile", a renchéri Céline Faye à qui les journalistes demandaient ce que les deux jeunes filles retenaient de leur expérience.

"On est innocentes, on ne cessera jamais de le clamer, peu importe ce que les gens pensent", a-t-elle souligné.

Les deux jeunes filles, qui sont originaires de Besançon, dans le Doubs, fief électoral d'Alain Joyandet, ont dit leur volonté "d'aller de l'avant, reconstruire leur vie".

Le secrétaire d'Etat a annoncé la création prochaine d'une association "Céline et Sarah" qui sera dotée "d'un certain nombre de moyens" financiers. "Elles vont être ambassadrices (...) de la lutte contre la drogue, de la prévention envers les jeunes", a-t-il expliqué.

Graciées la semaine dernière par le président dominicain, Leonel Fernandez, Céline et Sarah avaient été condamnées en 2008 à huit ans de prison après la découverte de six kilos de cocaïne dans leurs bagages.

Elles disent que la drogue y avait été placée à leur insu lors d'un séjour touristique d'une semaine. "La seule erreur que j'ai pu commettre c'est de partir en pensant que rien ne pouvait m'arriver", a dit Sarah Zaknoun.

17 AUTRES FRANÇAIS BIENTÔT TRANSFÉRÉS

Sans se prononcer "sur le fond du dossier" et faire de commentaire sur la décision de la justice dominicaine, Alain Joyandet a recommandé la plus grande prudence aux voyageurs français. "Une semaine de rêve peut devenir une vie de cauchemar", a-t-il prévenu.

Le président Nicolas Sarkozy, qui a téléphoné aux deux jeunes filles mardi soir avec son épouse, avait écrit à son homologue dominicain pour le remercier d'un geste "d'humanité et de générosité".

Alain Joyandet a insisté sur le rôle "essentiel" joué par Carla Bruni-Sarkozy dans cette libération.

Les deux jeunes filles devaient à l'origine bénéficier d'un simple rapatriement après la signature en novembre d'une convention de transfèrement entre Paris et Saint-Domingue.

Sans la grâce accordée par la République dominicaine, elles auraient dû purger le reste de leur peine en France.

L'éventualité d'une grâce présidentielle est apparue le 17 décembre et le décret a été signé "à 00h45 le 23 décembre", a raconté Alain Joyandet.

Dix-sept autres Français restent incarcérés en République dominicaine et rentreront dans leur pays, l'année prochaine probablement, pour y achever leur peine.

"Nous ne cessons de faire avancer la convention de transfèrement. Elle était attendue depuis 1983, elle est d'ores et déjà ratifiée par le Parlement dominicain et inscrite au conseil des ministres français le 6 janvier prochain", a expliqué Alain Joyandet.

Environ 2.230 Français sont actuellement emprisonnés à l'étranger, soit en prison soit retenus en otage.

"La feuille de route du président de la République est très claire: le Quai d'Orsay travaille chaque jour pour que ces Français puissent rentrer en France quelles que soient les raisons pour lesquelles ils sont retenus", a ajouté le secrétaire d'Etat à la Coopération.

Les cas les plus médiatisés sont ceux de Florence Cassez, emprisonnée au Mexique depuis 2005 pour enlèvement, de Michaël Blanc, condamné en 1999 en Indonésie pour trafic de drogue, et de Clotilde Reiss, accusée d'espionnage par l'Iran et dont le procès se poursuit à Téhéran.

 

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