Les Croates aux urnes pour le deuxième tour de la présidentielle

Publié le par Denis-Zodo

Les bureaux de vote ont ouvert en Croatie pour le second tour de l'élection présidentielle, abordé en favori par le candidat de l'opposition, le social-démocrate Ivo Josipovic.

Ancien professeur de droit âgé de 52 ans, ce dernier a promis de soutenir le programme de réformes nécessaires à l'adhésion à l'Union européenne et à la lutte contre la corruption.

Arrivé en tête au premier tour, le 27 décembre, il a depuis gardé une nette avance dans les sondages sur son adversaire du second tour, le maire de Zagreb Milan Bandic.selon une information fournie par reuters.

Tous deux sont favorables à l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne. Les négociations formelles pourraient débuter cette année, pour une adhésion en 2011 ou 2012.

Selon les derniers sondages, Josipovic était crédité de 52% à 55% des intentions de vote, contre 38% à 45% pour Bandic. Le maire populiste, qui se présente en tant qu'indépendant, ne s'est pas avoué vaincu pour autant.

"La bataille aura lieu dimanche et j'ai bien l'intention de la gagner", disait Bandic vendredi, juste avant la fin de la campagne électorale. Ce dernier avait prévu de voter dès l'ouverture des bureaux de vote, à 06h00 GMT.

Le scrutin s'achèvera à 18h00 GMT et les premières estimations sont attendues aussitôt après. Les résultats officiels devraient être connus vers 23h00 GMT.

"COMMUNISTES ET PATRIOTES"

Bandic est toutefois parvenu à revenir assez nettement sur son rival au cours de la campagne. Il a notamment obtenu le soutien de l'Eglise catholique et des anciens combattants, et a joué sur son image de "self-made man" issu du peuple, par rapport à un Josipovic présenté comme élitiste et aisé.

Il a également brandi le spectre d'un retour au communisme en cas de victoire de son adversaire, espérant ainsi s'attirer le soutien du camp conservateur, dont aucun candidat ne s'est qualifié au second tour.

A l'origine membre, comme Josipovic, du Parti social-démocrate, Bandic en a été exclu lorsqu'il a choisi de se présenter à la présidentielle alors qu'il n'avait pas été désigné par les instances de la formation.

En réponse aux allégations de Bandic, Josipovic l'a accusé de malversations à la municipalité de Zagreb, même si aucune action en justice n'a jamais été lancée contre lui pour de tels faits.

Après une campagne marquée par de vives attaques entre les deux camps, de nombreux Croates se disaient peu soucieux des questions idéologiques, particulièrement après la rude crise économique de 2009.

"Le président a des pouvoirs tellement réduits que tous ces discours sur les communistes et les patriotes est ridicule, surtout pour quelqu'un de mon âge. Ce qui est important, c'est qu'il soit honnête, qu'il surveille les travaux du gouvernement et fasse des propositions pour améliorer notre vie", a estimé Stefanija, une retraitée de 65 ans vivant à Zagreb.

Le vainqueur succèdera à Stjepan Mesic, dont le deuxième mandat de cinq ans s'achève en février. Il disposera de pouvoirs limités, sur la diplomatie, la défense et les services de renseignement, mais n'aura aucun poids économique ou législatif.

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