Les combats continuent à Bangkok, le bilan s'alourdit

Publié le par Denis-Zodo

Les affrontements entre l'armée thaïlandaise et les manifestants antigouvernementaux se sont poursuivis samedi dans les rues de Bangkok, transformant le quartier commerçant de la capitale en véritable champ de bataille.

Seize personnes ont été tuées et au moins 141 autres blessées depuis l'éclatement de nouveaux troubles jeudi soir consécutifs à la tentative d'assassinat du "conseiller" militaire des manifestants, qui réclament le départ du Premier ministre Abhisit Vejjajiva et la tenue d'élections anticipées.

Des affrontements ont encore été signalés samedi matin après une nuit de violences au cours de laquelle des coups de feu et de fortes explosions ont été entendus en plusieurs endroits de la capitale.

Les manifestants s'opposent à l'armée qui essaie d'établir un périmètre de sécurité autour du camp occupé par les "chemises rouges" depuis près de six semaines.

Les soldats ont ainsi repris la main sur trois postes de contrôle situés non loin du camp, où ils vérifient les papiers des passants pour empêcher de nouveaux manifestants de rejoindre les milliers de partisans retranchés.

Un des leaders du mouvement a déclaré à Reuters que la lutte continuerait jusqu'à ce que le gouvernement reconnaisse sa responsabilité dans les violences qui ont émaillé les manifestations, et ce même si les réserves de vivres, d'eau et de carburant commencent à s'amenuiser.

Les manifestants, partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra renversé par un coup d'Etat en 2006, ont fait usage de pierres et de cocktails Molotov pour repousser les soldats et ont incendié des voitures, rapportent des témoins.

BAN KI-MOON LANCE UN APPEL AU CALME

L'armée affirme que certains manifestants ont fait usage d'armes de poing et de grenades vendredi, provoquant le chaos dans la capitale de 15 millions d'habitants.

Les affrontements ont éclaté jeudi soir après le tir d'origine inconnue dont a été victime l'ancien général Khattiya Sawasdipol, surnommé le "commandant rouge". Atteint d'une balle en pleine tête, il a subi une opération du cerveau et se trouve dans un état critique.

Trois journalistes, deux Thaïlandais et un Canadien correspondant à Bangkok de France 24, ont été blessés.

"Nous espérons un retour à la normale dans les prochains jours", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Panitan Wattanayagorn.

Un porte-parole de l'armée a déclaré vendredi qu'environ 500 "terroristes" étaient réfugiés parmi les milliers de manifestants - dont des femmes et des enfants - retranchés dans un camp de trois kilomètres carrés entouré de barricades faites de pneus, de bambous aspergés d'essence et de fils barbelés.

Une source proche du chef de l'armée Anupong Paochinda a déclaré que des renforts allaient être prochainement déployés.

"Il est peu probable que cela se termine rapidement. Il va y avoir plusieurs escarmouches dans les prochains jours mais nous restons confiants dans notre capacité à faire diminuer le nombre (de manifestants) et reprendre la zone", a dit cette source.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé vendredi à un arrêt des violences, faisant part de son inquiétude face aux affrontements sanglants.

L'escalade de violences fait suite à l'échec du plan de réconciliation présenté la semaine dernière par le Premier ministre. Ce dernier a retiré mercredi son offre d'organiser des élections législatives le 14 novembre, soit un an avant la date prévue.

Les manifestants avaient accepté ce calendrier mais posé d'autres conditions, exigeant notamment que le vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban, accusé d'être responsable des affrontements violents ayant fait 25 morts le 10 avril, se rende à la police.

Abhisit fait face à une pression de plus en plus forte pour sortir le pays de cette crise sans précédent depuis 20 ans, dont les débordements ont déjà fait 36 morts et plus de 1.400 blessés, minant la confiance des investisseurs et des consommateurs.

Source : Reuters

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