Le tourisme seul ne sortira pas l'Europe de la crise

Publié le par Denis-Zodo

 

Les pays du sud de l'Europe, fortement touchés par la crise économique mondiale, misent sur une reprise du secteur-clé du tourisme pour relancer leurs économies et rembourser leurs dettes. Celle-ci ne devrait toutefois pas être suffisante en 2010 pour leur assurer une sortie de crise rapide.

L'Europe est l'une des premières destinations touristiques au monde. Le tourisme, l'un des trois premiers secteurs de services, compte pour environ 11% de son PIB et génère 24 millions d'emplois. Grèce, Espagne, Italie et Portugal, qui font partie des 20 premières destinations touristiques au monde, attirent à eux seuls 130 millions de touristes par an.

Le tourisme "est considéré par le gouvernement comme l'un des secteurs stratégiques pour le développement économique durable du pays", a ainsi estimé le ministre du Tourisme portugais Jose Vieira da Silva.

Cependant, au plus fort de la crise économique mondiale en 2009, l'industrie touristique s'est effondrée. L'Europe a été, avec le Moyen-Orient, la région la plus touchée sur le plan touristique en 2009 avec une baisse de 5% des arrivées dans les pays du bassin méditerranéen, selon l'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies (OMT).

Les choses semblent s'améliorer quelque peu en 2010. L'OMT prédit une "modeste" éclaircie en Europe cette année, mais l'augmentation du nombre de visiteurs pourrait n'être que de 1%.

Dans la station balnéaire d'Estoril au Portugal, située à 25km à l'ouest de Lisbonne, 2009 a été "une année noire", a déploré mardi son directeur touristique, Duarte Nobre Guedes. "Nous n'avons pas pu esquiver la crise mondiale", a-t-il commenté, prédisant toutefois des perspectives "bien plus favorables" dans l'un des secteurs économiques "vitaux" du Portugal, qui génère 10% du PIB et des emplois.

En Espagne, le tourisme est la première industrie du pays, engendrant 11% du PIB et employant plus de 8% de la population active. Avec une baisse de 9% des arrivées à 52,5 millions en 2009, les revenus de l'industrie touristique ont plongé de 6,8% pour atteindre 48 milliards d'euros.

L'Espagne s'attend à une amélioration des arrivées en 2010 mais ce sera seulement une "année de transition" vers la sortie de crise, a estimé Joan Mesquida, chef du département du tourisme espagnol.

Le tourisme ne devrait en effet pas permettre à lui seul une relance rapide de l'économie dans ces pays. "Il y a une croissance et cela va les aider, mais c'est juste une partie de ce qui est nécessaire pour une reprise plus large", a estimé David Goodger, économiste au sein de la société "Tourism Economics".

L'économie de la Grèce devrait plonger de 0,8% cette année, après s'être déjà contractée de 2% l'année dernière. L'Espagne et le Portugal devraient quant à eux afficher en 2010 des croissances ténues, respectivement de 0,3% et 0,7%, après avoir connu une contraction de 3,6% et 2,7% respectivement de leurs économies en 2009.

Le principal frein à la reprise du tourisme dans ces pays tient notamment à ce que les principaux pays pourvoyeurs de touristes, comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, connaissent eux-mêmes des difficultés. Et, en temps de crise, les voyages sont souvent le premier poste de dépenses sacrifié dans le budget des ménages.

Membres de la zone euro, les pays du sud de l'Europe ne peuvent en outre plus dévaluer leurs monnaies pour devenir plus attractifs, tandis que la livre sterling a elle été dévaluée.

Entre février 2009 et janvier 2010, le nombre de voyageurs britanniques sur le continent européen a ainsi baissé de 16%, selon l'Association des agences de voyage britannique (ABTA). Au Portugal, leur nombre a même plongé de 21% l'année dernière. Les Britanniques recherchent désormais les bonnes affaires, explique Sean Tipton, porte-parole de l'ABTA, qui se trouvent aujourd'hui en Egypte ou en Turquie.

Source : AP

Publié dans Economie

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