Le séisme en Haïti a aussi fait des milliers d'orphelins

Publié le par Denis-Zodo

Avant même le tremblement de terre qui a frappé Haïti il y a une semaine, les orphelins étaient légion dans ce pays parmi les plus pauvres du monde. Mais à présent, des dizaines de milliers d'autres enfants ont probablement perdu leurs parents, selon les organisations humanitaires.

"Nous n'avons pas de chiffres, mais il doit y en avoir beaucoup", explique à l'Associated Press John Holmes, coordinateur des secours d'urgence des Nations unies.

Alors que l'Union européenne évoque un bilan d'environ 200.000 morts, 250.000 blessés et 1,5 million de sans-abri, des organisations non-gouvernementales (ONG) estiment que des dizaines de milliers d'enfants ont pu perdre leur parents dans la catastrophe.

"Pour l'instant, ils sont dans la rue. A n'en pas douter, la plupart sont en train d'errer", estime Elizabeth Rodgers, de l'ONG SOS Villages d'enfants.

Certains ont été retrouvés, comme ce bébé de cinq mois, qui a survécu au moins quatre jours dans les gravats et se retrouve à l'hôpital de campagne israélien. Les médecins ne savent même pas qui le leur a amené. Il était à peine conscient, déshydraté, et sa jambe était attaquée par la gangrène. Personne ne connaît son nom. Personne ne sait s'il possède une famille, ni ce qu'elle est devenue.

"La question qu'on se pose, c'est qu'allons-nous en faire quand nous aurons fini de le soigner?", s'interroge le docteur Assa Amit, du service de pédiatrie d'urgence.

Dans le même hôpital, le patient N°236 est un garçon de six mois allongé sur une civière, qui pleure de douleur. Des proches l'ont déposé après le tremblement de terre et sont partis sans même dire comment il s'appelle. Les médecins soupçonnent qu'il souffrait de la méningite bien avant le séisme et que personne ne reviendra le chercher. "Nous attendrons qu'il y ait une structure capable de prendre le relais des soins pour le faire sortir de l'hôpital", explique le Dr Amit.

Les orphelins du séisme s'ajoutent à ceux que comptait déjà l'île: ils étaient 380.000 enfants à vivre en orphelinat ou foyer avant la catastrophe, selon l'UNICEF. Certains ont perdu leurs parents dans une tragédie antérieure, d'autres ont été abandonnés à la naissance par une famille incapable de subvenir à leurs besoins.

Dans de nombreux pays, les familles qui se préparaient depuis longtemps à accueillir un orphelin font pression sur les autorités pour faire accélérer le processus d'adoption. Un vol transportant 53 orphelins d'un foyer haïtien s'est posé mardi à Pittsburgh.

Les Pays-Bas et la France ont annoncé un assouplissement des procédures, en accord avec les autorités haïtiennes, pour ramener dans ces pays certains enfants dont l'adoption a déjà obtenu l'accord du juge haïtien. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré mardi que 130 enfants arriveraient "très vite" et les Pays-Bas ont envoyé un charter pour ramener 109 enfants.

L'organisation évangélique américaine Kids Alive International devait pour sa part transférer 50 orphelins "officiels" en République dominicaine voisine.

En Floride, où réside la plus nombreuse communauté haïtienne des Etats-Unis, l'Eglise catholique de Miami propose d'accueillir de façon permanente des milliers d'orphelins, d'abord dans des foyers puis dans des familles, en s'inspirant de l'opération Peter Pan dans laquelle environ 14.000 enfants cubains non-accompagnés avaient été transférés aux Etats-Unis en 1960. Le projet est baptisé "Pierre Pan" cette fois. Mais encore faut-il obtenir l'aval des services américains d'immigration.

De son côté, John Holmes a annoncé que les Nations unies mettaient ne place un groupe chargé à Haïti de la protection des enfants, orphelins ou non, contre le trafic, l'enlèvement et les agressions sexuelles.

Les orphelinats d'Haïti, quand ils n'ont pas été ravagés par le tremblement de terre, font de leur mieux pour protéger les enfants, les nourrir et les soigner, éventuellement leur trouver un autre toit si leurs locaux sont trop endommagés.

A l'orphelinat de la Christian Light Foundation à Port-au-Prince, les dégâts ont obligé la directrice Sherrie Fausey à évacuer 30 enfants. Mais cette ancienne enseignante arrivée en Haïti il y a dix ans n'a pas l'intention d'abandonner et de repartir pour la Floride. "Les temps sont durs, mais je préfère être ici, au milieu des décombres. Avec mes enfants", dit-elle.Une occasion pour le ministre des affaires Françaises, pour adopter les enfants haïtiens….

 

 

 

 

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