Le nouveau gouvernement d'Angela Merkel n'arrive pas à convaincre les Allemands

Publié le par Denis-Zodo

Après les 100 premiers jours qu'il a passé au pouvoir, sur fond de nombreuses dissensions, le nouveau gouvernement de la chancelière allemande Angela Merkel est sur la défensive. D'autant qu'une prochaine élection dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie pourrait faire perdre à la coalition sa majorité à la Chambre haute du Parlement, le Bundesrat, et l'obliger à composer davantage avec l'opposition.

Le gouvernement de centre-droit d'Angela Merkel est arrivé au pouvoir le 28 octobre, succédant à la "grande coalition", au pouvoir pendant quatre ans et rassemblant la CDU de Mme Merkel et le SPD, son principal rival de gauche. La nouvelle coalition conservatrice avec les libéraux-démocrates du FDP, une alliance de choix plus qu'une nécessité, avait pour objectif de relever le défi de relancer la croissance économique.

"Je n'ai pas d'illusions: ce ne sera pas une session parlementaire facile", a déclaré récemment Angela Merkel, en anticipant les tâches ardues auxquelles son gouvernement fait face.

Mais ses principaux problèmes sont internes: les Allemands se chamaillent sur des plans de réductions d'impôts et une foule d'autres questions. Habituée depuis longtemps à se tenir au-dessus de la mêlée des petites querelles politiques, Mme Merkel semble peu disposée à intervenir.

L'"image" de la nouvelle coalition "a été écornée", estime Gero Neugebauer, expert en sciences politiques à l'Université libre de Berlin. Selon lui, elle n'a pas non plus réussi à expliquer ses objectifs.

La coalition, constituée un peu dans la précipitation, a laissé beaucoup de questions ouvertes, notamment en matière d'impôts. Elle a annoncé qu'une réforme fiscale mal définie, comprenant une baisse des impôts de près de 20 milliards d'euros (28 milliards de dollars) par an visant à relancer l'économie, devrait entrer en vigueur en janvier prochain, "si possible".

Les conservateurs ont remis en question ce plan, à la lumière de finances publiques sous tension, alors que les libéraux-démocrates insistent pour que ce calendrier soit respecté. Les dirigeants de la coalition ont repoussé la décision définitive au printemps prochain, alors qu'une possible réforme du système d'assurance-santé fait également débat.

De plus, Angela Merkel a perdu son ministre du Travail, ancien ministre de la Défense, qui a quitté son poste au bout d'un mois, conséquence d'un bombardement allemand en Afghanistan qui avait fait des victimes civiles début septembre.

Ces querelles surviennent avant les élections du 9 mai dans le land le plus peuplé, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dirigé par la même alliance qui gouverne actuellement l'Allemagne.

Selon deux sondages récents, la coalition risque d'être battue. Si c'est le cas, le gouvernement Merkel perdra sa majorité à la Chambre haute du Parlement, le Bundesrat, qui représente les 16 länder allemands.

Ce qui obligerait Angela Merkel à passer des compromis avec les partis d'opposition pour faire adopter les lois. Des partis qui sont contre de trop importantes réductions d'impôts, estimant que cela n'aurait aucun sens.

Les Allemands profitent souvent des élections régionales pour limiter le pouvoir des partis qui contrôlent à la fois le gouvernement et une grande partie des länder, quel que soit leur bilan par ailleurs, selon Gero Neugebauer. "Actuellement, les résultats sont mauvais et la population ne sait pas véritablement ce que le gouvernement prévoit", a-t-il ajouté.

Angela Merkel insiste sur les points positifs. Sa cote de popularité personnelle reste bonne, bien que selon un sondage, elle soit passée de 70% en décembre à 59% en janvier. Quant au principal parti de centre-gauche allemand, le SPD, il ne s'est pas encore remis de la lourde défaite électorale qu'il a subie l'an dernier.

Grâce à une reprise des exportations, l'économie devrait connaître une croissance de 1,4% cette année, après une forte contraction en 2009.

Angela Merkel met en avant son plan initial de réductions d'impôts, voté en décembre comme preuve de la "rapidité d'action" de son gouvernement. Toutefois, il a reçu un accueil plutôt tiède, avec notamment la réduction d'impôts sur les nuitées d'hôtels qui a suscité beaucoup d'ironie.

"Plutôt que de s'occuper d'emplois et de croissance, la coalition se concentre sur l'aide à sa clientèle", a observé Christine Scheel, une parlementaire des "Verts", actuellement dans l'opposition. "Elle parle toujours de réductions d'impôts non réalistes, sans s'occuper un instant de réduire les niveaux records de la dette."


Source : .news.yahoo.com/

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