Le monstre blocage qui attend la Côte d’Ivoire

Publié le par Denis-Zodo

 

Depuis le vendredi 12 février dernier, le chef de l’Etat ivoirien a pris l’importante décision, s’appuyant sur l’article 48 de la constitution. Ainsi, Laurent Gbagbo a dissous la commission électorale indépendante  (CEI) et le gouvernement depuis cette déclaration radiotélévisé. S’agissant de la CEI, il a demandé au Premier Ministre Guillaume Soro qu’il a maintenu à son poste, de lui proposer sur autre format de la CEI dans les sept jours à venir. Le président Gbagbo et ses partisans avaient, en effet, accusé le patron de la CEI  de fraude sur la liste électorale. Il aurait introduit de façon unilatérale, 429 030 cas litigieux dans ladite liste. Et pour une question de crédibilité et de confiance, l’institution dirigée par Beugré Mambé Robert devait changer de format. En réalité, Gbagbo veut désormais contrôler la CEI, étant donné que l’ancien format celui adopté par les accords de Pretoria en Afrique du sud, ne lui étaient pas favorables. Sinon, si c’est Mambé qui est mis en cause, pourquoi ne pas personnaliser le débat, en demandant son départ, même s’il est vrai qu’il est sans reproche. Mais en optant pour un autre format de la CEI, Gbagbo dévoile  ses intentions que l’opinion savait d’avance. Quant au gouvernement, il a fait la requête à Soro, de former une équipe composée d’hommes au service de la Côte d’Ivoire, et non au service des partis politiques. Mais le chef de l’ex-rébellion sait qu’il ne peut se départir des partis politiques. C’est pourquoi, il a pu convaincre le chef de l’Etat de négocier avec ces partis politiques. Il est vrai que le rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), composé des fraudes partis comme le PDCI, le RDR, l’UDPCI et le MFA compte sur l’échiquier politique, même s’il est taxé d’être une coalition qui a peur d’aller au charbon. Tout n’est pas manifestations publiques, ni affrontements à l’arme lourde. Et Soro sait qu’il a besoin du soutien du RHDP, surtout qu’on ne sait pas à quel moment quand, Gbagbo peut le lâcher. Voilà la difficulté du Premier Ministre qui tient à ce qu’entrent au gouvernement, les membres du RHDP ; Mais ils sont réticents les Houphouétistes. Eux, posent une condition, sine que nos d’ailleurs, pour accepter de participer au nouveau gouvernement. C’est la réhabilitation du président Beugré Mambé Robert à son poste et le retour à l’ancien formation de la CEI, tel que stipulé par les accords de Prétoire. ‘’ Si la CEI n’est pas rétablie dans ses droits, le gouvernement se fera sans nous’’, a déclaré Alphonse Djédjé  Mady, le président du directoire du RHDP, après une réunion de crise lundi, à la résidence du président du PDCI, l’ancien chef de l’Etat Henri Konan Bédié. Ce dernier, avec Alassane Dramane Ouattara, Albert Toikeusse Mabri et Anaky Kobenan, avaient Samedi, appelé à une désobéissance civile. ‘’ Le RHDP ne reconnaît plus dès ce jour, Laurent Gbagbo, comme chef de l’Etat ‘’ , avait déclaré le même Djédjé Mady, après une rencontre au siège du PDCI. Les opposants reprochent au Président Gbagbo l’utilisation abusive de l’article 48 de la constitution. ‘’ Il n’y a pas de cas de menaces graves et immédiates sur les institutions et son l’indépendance de la nation ou sur l’exécution de ses engagements internationaux, comme le stipule l’article 48, pour que Gbagbo ait le droit de prendre des mesures exceptionnelles’’, argumentent les opposants. En refusant d’entrer au gouvernement sans le rétablissement de la CEI dans ses droits, le RHDP contribue au blocage de la situation. C’est de bonne guerre. Si Soro forme une équipe sans les Houphouétistes, le blocage risque d’être pus profond, surtout avec leur appel à la désobéissance civile. Or, il incertain que Gbagbo veuille revenir sur sa décision. Car, c’est ce qui l’arrange que Gbagbo prend comme décision. C’est justement la radicalisation des positions qui va plonger  le pays dans les semaines à venir, dans un chaos pas possible. Avec d’un côté, le Président Gbagbo, ferme sur sa décision, et de l’autre, le RHDP soucieux de se faire respecter, il n’est pas à exclure des tensions en l’air. Le passage en force du chef de l’Etat étant pour beaucoup, dans le blocage en cours. Mais pour une fois, le RHDP entend prouver qu’il a peur une fois, du refondateur. Wait and see, disent les anglais.

    

Publié dans Politique ivoirienne

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jacques ambroise 19/02/2010 16:15


La démocratie a l'air d'être dure à conserver en CI.
Je ne vois pas les élections se profiler avant longtemps.
Le Niger va t-il donner des idées (dangereuses) à certains ?


Denis-Zodo 28/01/2016 17:38

la démocratie est un apprentissage,pour certain