Le déstockage des vaccins contre la grippe A(H1N1) critiqué

Publié le par Denis-Zodo

 

Les critiques se multiplient contre le gouvernement français pour sa gestion de la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1)

Le Parti socialiste dénonce son "irresponsabilité", le MoDem une politique de revente des vaccins "choquante" et, au sein même de la majorité, le Nouveau Centre a réclamé lundi, à la suite du PS, une commission d'enquête parlementaire.

Le gouvernement a entrepris de revendre une partie des 94 millions de doses de vaccin achetées au début de l'épidémie, alors qu'à peine cinq millions de Français se sont fait vacciner.

La France avait décidé de constituer ce stock pour 869 millions d'euros en partant du schéma initial de deux injections par personne préconisé internationalement. Une seule dose est finalement apparue suffisante en novembre.

"Ce gouvernement n'a pas écouté ceux qui savent, ce n'est pas la première fois, il y a un mépris pour le savoir, il y a une gestion par la peur", a estimé Vincent Peillon sur France 2.

"En permanence, on veut faire peur aux Français, on crée la panique, c'est le contraire du principe de précaution", a ajouté le député européen socialiste, pour qui le gouvernement a "péché par irresponsabilité".

Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS, les laboratoires pharmaceutiques sont "les grands vainqueurs dans cette affaire".

"Je trouve ça pour le moins curieux qu'on achète pour l'équivalent de 90 millions de doses de vaccin et qu'il en reste 70 millions, c'est-à-dire qu'à peu près deux tiers de ce qui avait été prévu n'a pas été utilisé", a-t-il déclaré sur Canal+.

Benoît Hamon a jugé que le gouvernement menait à dessein une campagne "bien anxiogène pour essayer d'écouler les stocks".

"UN PEU RIDICULE"

Le député socialiste Jean-Marie Le Guen, spécialiste des questions de santé au PS, a réclamé dimanche la création d'une commission d'enquête parlementaire pour tirer les leçons de ce qu'il qualifie de "fiasco".

"On a surcommuniqué, dramatisé et ça eu l'effet strictement inverse sur nos compatriotes qui se sont dit 'Qu'est-ce que c'est que ce bastringue, où on va...?'", a-t-il dit sur i>Télé. "On a un résultat qui est tout à fait à côté de la plaque".

Le Nouveau Centre s'est à son tour prononcé pour une commission d'enquête parlementaire "sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne".

"La France est en échec dans cette affaire, où on voit que notre pays fait partie de ceux qui ont le taux de vaccination le plus faible, malgré une débauche de moyens", déclare dans un communiqué Jean-Christophe Lagarde, président exécutif du mouvement allié de l'UMP.

Le député-maire de Drancy juge toutefois "la polémique sur la vente des surplus de vaccins (...) comme anecdotique et purement politicienne".

Le président du Mouvement Démocrate, François Bayrou, a souhaité que la France cède ses surplus aux pays pauvres "plutôt que de se livrer à cet exercice un peu ridicule" de déstockage.

"Il y a quelque chose d'un peu choquant dans cette revente de vaccins", a-t-il jugé sur France Info.

Après les vacances de fin d'année, pendant lesquelles le dispositif de vaccination a été allégé, le ministère de l'Intérieur a annoncé que la campagne allait être relancée.

Pendant toute la semaine, les centres de vaccination ouvriront jusqu'à trois vacations par jour.

La grippe A(H1N1) a provoqué 198 décès en France selon le dernier pointage de l'Institut national de veille sanitaire au 29 décembre, indique Reuters

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