La présidence afghane reconnaît l'existence d'une loi d'amnistie

Publié le par Denis-Zodo

La présidence afghane a publiquement reconnu pour la première fois mardi l'existence d'une loi amnistiant les violations des droits de l'homme et les crimes de guerre commis avant 2001.

Les associations humanitaires ont appris cette année que le texte avait été discrètement publié au journal officiel, lui conférant le statut de loi, contrairement à la promesse du président afghan Hamid Karzaï.

Karzaï avait exprimé son opposition à la loi sur la stabilité nationale et la réconciliation, adoptée par le parlement en 2007 et qui exonère les membres des factions armées pour les actes commis pendant des décennies avant la chute des talibans.

Waheed Omer, porte-parole de Karzaï, a expliqué mardi que le projet avait pris force de loi car il a été adopté à la majorité des deux tiers par le parlement, la signature présidentielle n'étant pas requise dans ce cas.

"La loi a été adoptée à la majorité des deux tiers de notre parlement et, suivant notre Constitution, quand une loi est adoptée à la majorité des deux tiers elle n'a pas besoin d'être signée par le président", a dit Waheed Omer lors d'une conférence de presse.

C'est la première fois que le palais présidentiel reconnaît publiquement l'entrée en vigueur de cette loi.

Le parlement afghan compte dans ses rangs de nombreux membres de groupes armés, dont certains sont accusés de crimes de guerre par des organisations de défense de droits de l'homme.

"Cette loi est une honte absolue. C'est une gifle au visage de tous les Afghans qui ont été victimes pendant des années et des années de crimes de guerre", a commenté Brad Adams, directeur de Human Rights Watch pour l'Asie.

Adams a appelé la communauté internationale et les Etats-Unis à faire pression sur l'Afghanistan pour que cette loi soit abrogée.

"Les Etats-Unis doivent choisir s'ils sont dans le camp des victimes ou dans celui des agresseurs et ils doivent faire connaître leur position publiquement", a dit Adams.

Depuis huit ans qu'il se trouve au pouvoir, Hamid Karzaï a régulièrement inclus dans son gouvernement et dans son entourage d'anciens chefs de factions armées accusées par l'Occident de crimes de guerre.

Source : Reuters
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