La plus grande zone de libre-échange est asiatique

Publié le par Denis-Zodo

 

 

La mise en place au 1er janvier d’un accord géant de libre échange entre la Chine et l’Asean donne naissance à la plus grande zone de libre-échange au monde. Un signal politique fort de la part de Pékin plus qu’une avancée commerciale.

A minuit, au 1er janvier, sera officialisée en Asie la plus grande zone de libre-échange au monde, avec 1,9 milliard de consommateurs. La Chine et les pays de l’Asean (Association of South-East Asiens Nations) s’apprêtent à mettre en application un accord de libre-échange. Le nouvel ensemble ainsi créé produit pour 6.000 milliards de dollars de PIB et génère près de 4.500 milliards de dollars de flux de commerce. Pour Pékin, c’est un pas de plus vers le leadership asiatique.

L’accord est négocié depuis 2002 entre Pékin et les dix membres de l’Asean, à savoir l’Indonésie, la Thailande, la Malaisie, Singapour, Brunei, les Philippines, le Cambodge, le Laos, la Birmanie et le Vietnam. Le texte final prévoit la suppression des taxes douanières pour près de 7.000 groupes de produits et services qui représentent 90% des échanges régionaux. Des secteurs sensibles, comme les services et l’agriculture sont aussi concernés.

Des tarifs douaniers déjà bas

Attention cependant aux effets d’annonces, prévient Razeen Sally, maître de conférence à la London School of Economics et directeur du Centre européen d’études d’économie politique internationale (ECIPE). «Cet accord n’aura qu’un effet modéré sur les économies chinoises et asiatiques», affirme-t-il. «Les tarifs douaniers, dans cette zone, sont déjà relativement bas et rien n’est fait contre les barrières non tarifaires très obstruantes en Chine.» En moyenne, la Chine taxe ses importations à hauteur de 6% (moyenne des taxes pondérée par l’importance de chaque secteur) et les pays de l’Asean à environ 5%.

L’agriculture et l’habillement, où les barrières tarifaires demeurent en revanche très élevées au sein de l’Asean, devraient connaître un boom suite à l’entrée en vigueur de cet accord. La Chine devrait en effet gagner du terrain sur le marché du textile face à l’Indonésie et aux Philippines, moins compétitif. De quoi relancer, pour Pékin, des exportations ralenties à cause de la crise dans les pays développés, leur débouché traditionnel.

Cet accord entre la Chine et l’Asean, s’il ne modifie pas en profondeur les termes des échanges, entérine l’explosion du commerce régional. Depuis 2002 et l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les échanges ont progressé de 30% par an, relève dans une note les économistes de Natixis. Résultat, la Chine, aujourd’hui la troisième partenaire commerciale de l’Asean derrière le Japon et l’Union européenne, ne cesse de gagner en influence, selon le journal de France.com..

Déjà des échanges, notamment sur les matières premières

Les industriels chinois se fournissent déjà auprès de l’Asean en matières premières et en biens intermédiaires. «Cet accord devrait leur permettre de se fournir à des prix encore plus bas», relève Xu Bei, économiste chez Nattais. Du point de vue des pays de l’Asean, «un partenariat plus approfondi avec la Chine permettrait un effet d’entraînement sur l’économie de la région».

L’accord de libre-échange exprime, enfin, la volonté politique de la Chine de s’imposer comme leader régional. «La plupart des accords de ce type sont à but politique», analyse Razeen Sally. Et Pékin semble parti sur de bonnes bases. Illustration de sa popularité grandissante en Asie, le Premier ministre thaïlandais a récemment encensé la Chine sur la chaîne hongkongaise Phenix TV, rapporte Xu Bei. Selon le chef du gouvernement, le commerce avec Pékin est très bénéfique pour son pays. Et la Chine, contrairement aux Etats-Unis, «ne cherche pas à imposer son idéologie».

 

 

Publié dans Economie

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