La droite prend quatre régions à la gauche en Italie

Publié le par Denis-Zodo

 

ROME : La droite a repris quatre régions à la gauche lors des élections régionales en Italie dimanche et lundi, mais ces conquêtes profitent surtout à la Ligue du Nord, qui sort renforcée dans son partenariat avec Silvio Berlusconi.

Après un scrutin marqué par une participation en baisse de huit points par rapport à 2005, à 64%, la Ligue du Nord, mouvement anti-immigration allié au Peuple de la liberté (PDL) de Berlusconi, dirigera pour la première fois deux régions, la Vénétie et le Piémont.

La Lega réduit en outre son écart par rapport au PDL en Lombardie, centre économique du pays, tandis que la gauche ne contrôle plus aucune province du nord de la péninsule.

Au total, sur les 13 régions concernées par les élections, sept vont à la gauche et six à la droite, qui s'impose en Calabre et en Campanie, dans le sud du pays. La gauche en gérait onze depuis 2005.

La Lega apparaît ainsi comme le seul parti à pouvoir se réjouir clairement de ce scrutin.

"La gauche n'existe plus dans le Nord. Les gens veulent du fédéralisme et nous allons leur en donner", a déclaré le chef de file de la Ligue, Umberto Bossi, qui s'est engagé à faire de profondes réformes dans les deux régions qu'il contrôle.

LA LEGA EN HAUSSE CONSTANTE

Depuis deux ans, la Ligue du Nord marque une progression constante. Créditée de 9,5% des voix aux élections législatives de 2008, elle en a recueilli 11,3% en 2009 aux européennes et 12,7% cette fois.

Umberto Bossi ambitionne maintenant de prendre au PDL la mairie de Milan, capitale économique et financière du pays, et son parti entend défendre avec force son idée du fédéralisme fiscal, concept qui verrait les régions riches du Nord aider plus modestement celles, plus pauvres, du Sud.

Beaucoup d'Italiens, notamment dans le sud du pays, s'inquiètent de cette progression jusque dans le centre de l'Italie, qui conduira sans doute la Ligue du Nord à demander de nouveaux portefeuilles ministériels.

"C'est un problème vraiment sérieux parce que ça va diviser l'Italie en deux - nous, du Sud, allons devoir déménager en Espagne", juge Paolo Pucci, habitant de la Campanie.

Le centre gauche a remporté sept régions (Emilie-Romagne, Toscane, Pouilles, Ligurie, Basilicate, Marches et Ombrie) et le centre droit six (Vénétie, Lombardie, Campanie, Calabre, Latium et Piémont).

Dans le Latium, la candidate de Berlusconi, Renata Polverini s'impose au finish face à sa rivale de gauche, l'ancienne commissaire européenne Emma Bonino.

Silvio Berlusconi, dont le mandat s'achève en 2013, avait mené une campagne active contre l'abstention, comme cela s'est produit en France ce mois-ci où les listes de droite ont subi une déroute.

PROCHAIN REMANIEMENT

Le porte-parole du président du gouvernement, Paolo Bonaiuti, s'est dit satisfait des résultats.

"D'habitude, dans ces scrutins, les électeurs ont tendance à envoyer un message au gouvernement, comme cela s'est vu dans d'autres pays européens. Le fait que nous ayons été récompensés en ces temps de crise est un succès", a-t-il ajouté.

Par rapport aux législatives de 2008, le PDL perd plus de six points, à 26,7%, et le Parti démocrate (centre gauche) en perd huit, à 26%.

"Le centre gauche n'a guère de consolation à trouver dans ce vote. Les seuls qui peuvent vraiment se réjouir sont les gens de la Ligue", estime James Walston, professeur de sciences politiques à l'université américaine de Rome.

Pour lui, la bonne performance de la Lega va modifier l'agenda politique de Silvio Berlusconi en remettant à l'ordre du jour les questions de décentralisation et un remaniement devrait intervenir dans les prochaines semaines.

La baisse de la participation s'explique selon les analystes par un sentiment de désaffection générale par rapport à la politique, sur fond de crise économique et de chômage, ainsi que par les bévues administratives du PDL et les scandales publics et privés qui ont fait la une des journaux ces derniers mois.

Mais les bons résultats de la coalition gouvernementale, notamment sa victoire dans le Latium, semblent valider la politique d'austérité budgétaire qui a évité à l'Italie de connaître la même crise que ses voisins européens.

"Si le gouvernement avait eu de mauvais résultats, il y aurait pu y avoir une tentation de rouvrir le robinet des dépenses, mais on peut penser que l'Italie maintiendra sa politique de dépense prudente", estime Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank.

Source : Reuters

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