L'opposition ivoirienne attend la commission électorale

Publié le par Denis-Zodo

L'opposition ivoirienne acceptera d'intégrer le gouvernement en Côte d'Ivoire quand une nouvelle commission électorale aura été nommée, a déclaré un de ses porte-parole.

La Côte d'Ivoire a dévoilé mardi la liste d'un nouveau gouvernement qui comprend des membres des deux grandes formations d'opposition, décision saluée comme une victoire par les manifestants qui protestent depuis ces derniers jours à travers le pays pour protester contre la dissolution du précédent cabinet et de la commission électorale.

Dans un communiqué, le Premier ministre sortant Guillaume Soro, issu des Forces nouvelles (ex-rebelles), a promis la nomination d'une nouvelle commission électorale dès jeudi.

La décision prise le 12 février par le président Laurent Gbagbo de dissoudre le gouvernement et la commission a entraîné un report sine die de l'élection présidentielle, prévue depuis cinq ans déjà et qui, a priori, avait été prévue pour mars.

"Nous attendons d'abord la mise en place de la nouvelle commission électorale indépendante (CEI), puis nous rejoindrons certainement le gouvernement, mais pas avant", a déclaré Ali Coulibaly, porte-parole du Rassemblement des Républicains (RDR) de l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara.

"Pour nous, la priorité c'est la CEI, pas le gouvernement", a-t-il ajouté.

Ali Coulibaly a précisé qu'il parlait au nom d'une coalition des principales formations d'opposition, dont le RDR et le PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire) de Henri Konan Bédié.

RETOUR AU CALME

L'opposition a donné son accord de principe à la nomination d'un nouveau président de la commission et de quatre nouveaux vice-présidents, renonçant à sa première exigence de rétablir l'ancienne commission électorale dans ses fonctions.

Ce compromis a été obtenu lundi lors de discussions sous l'égide du médiateur Blaise Compaoré, le président du Burkina.

Les élections sont considérées comme le seul moyen de sortir de la crise qui secoue le pays depuis la guerre civile de 2002-2003 qui a coupé le territoire en deux, Nord et Sud.

Le secrétaire général de la présidence, Amédée Couassi-Blé, a annoncé la composition du nouveau gouvernement au cours d'une conférence de presse mardi soir.

Nombre de portefeuilles ministériels de premier plan sont détenus par les mêmes personnes que dans le cabinet sortant. Ainsi, Charles Koffi Diby conserve les Finances, Désiré Asségnini Tagro le ministère de l'Intérieur et Michel N'Guessan Amani la Défense.

Guillaume Soro a souligné que le nombre de portefeuilles avait été réduit de 32 à 27. Le PDCI et le RDR en détiendront quatre chacun, contre cinq précédemment.

"La commission électorale indépendante devrait être installée jeudi 25 (février)", a-t-il expliqué. "Nous sommes en train de sortir de la crise et nous devons encourager cette tendance."

Les partis de l'opposition se sont engagés mardi à ce que les manifestations, au cours desquelles au moins sept personnes ont été tuées, se poursuivraient jusqu'à ce que la commission siège de nouveau mais le pays est resté largement calme depuis le compromis de lundi.

Mardi, aucune manifestation de grande ampleur n'a été signalée et le calme a régné dans l'ensemble à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire.

Source : Reuters

Publié dans Politique ivoirienne

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