L'Espagne connaît une forte baisse de l'immigration

Publié le par Denis-Zodo

Calme plat au large des Canaries. Il y a près de trois mois que les gardes-côtes de l'archipel espagnol n'ont pas vu arriver un cayuco, cette frêle embarcation où s'entassent généralement les migrants clandestins partis des côtes africaines à destination de l'Europe. Selon les statistiques rendues publiques samedi 2 janvier par la préfecture des Canaries, le nombre des arrivées enregistrées en 2009 est le plus bas depuis dix ans. Au total, 2 242 personnes ont rallié l'archipel lors des douze derniers mois contre plus de 9 000 en 2008, qui marquait déjà une nette décrue. En 2006, l'année de tous les records, les autorités canariennes avaient dû faire face à un afflux de 31 600 arrivants.

Certes, les trafiquants d'êtres humains semblent expérimenter de nouveaux itinéraires, puisque les embarcations de fortune arrivent désormais en plus grand nombre (4 200 en 2009) sur la côte andalouse, notamment dans la région d'Alicante. Selon le quotidien ABC, la Guardia Civil s'attend, dans cette zone, à une recrudescence de débarquements après le 15 janvier avec l'amélioration des conditions météorologiques en Méditerranée.

Toutefois, le nombre global des clandestins arrivés en Espagne en 2009 aurait diminué de moitié par rapport à 2008 (environ 7 000 au lieu de 14 000). "Après avoir connu des années extraordinairement difficiles, nous sommes en train de gagner le combat contre l'immigration illégale", s'est félicité le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.

Destructions d'emplois

La grave crise économique que connaît le pays depuis deux ans, avec près de 4 millions de chômeurs, explique en partie cette baisse spectaculaire. Les immigrés, qu'ils soient en situation régulière ou non, ont été les premiers concernés par les destructions d'emploi. Mais pour le gouvernement espagnol, la diminution est surtout le fruit de sa "politique globale" de l'immigration : "La Grèce connaît une situation économique pire que la nôtre, mais elle n'en reste pas moins soumise à une forte pression migratoire", souligne le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos.

Le renforcement des moyens de lutte contre l'immigration clandestine, que ce soit le système de radars mis en place par Madrid ou les patrouilles communes du dispositif européen Frontex, a été complété par des accords de coopération avec les pays africains d'origine. Il y a quelques jours, les autorités mauritaniennes ont intercepté un cayuco qui comptait 17 clandestins à son bord et mettait le cap sur les Canaries. Et le chef de la diplomatie espagnole cite en exemple la collaboration avec Dakar : "En 2008, 3 000 clandestins ont atteint les Canaries depuis le Sénégal, mais aucun en 2009."

Chaque vendredi, les ministres espagnols concernés se réunissent pour un suivi hebdomadaire des flux migratoires : "Il ne faut pas baisser la garde, car la problématique de l'immigration va continuer à exister", avertit M. Moratinos. Madrid compte profiter de sa réussite en la matière pour "renforcer et impulser une politique concertée de l'immigration de l'Union européenne" (UE).

Le contrôle de l'immigration clandestine, mais aussi la protection des mineurs étrangers non accompagnés et l'intégration des travailleurs immigrés seront les principaux chantiers que souhaite proposer l'Espagne à ses partenaires lors du sommet informel des ministres de la justice et de l'intérieur de l'UE, du 20 au 22 janvier à Tolède.

Publié dans société

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Clarisse 03/02/2010 12:31


Suite à l’explosion de la bulle immobilière espagnole, il sera intéressant de voir comment l’Espagne va gérer son immigration (et les bidonvilles de la banlieue madrilène) dans un contexte
économique devenu plus difficile. Les immigrants seront les premières victimes de la remontée du taux de chômage, d’ailleurs largement sous-évalué, comme expliqué dans une autre chronique de ce
blog.


Denis-Zodo 04/02/2010 16:03



Les conséquences de cette immigration sont perfides et favorisent les trafics d’hommes, la prostitution. Les travailleurs clandestins  alimentent toute l’économie souterraine. Les  programmes de développement dans les pays pauvres, les contrôles
draconiens aux frontières sont difficiles à mettre en œuvre.


L’Espagne comme tout autre pays ne peut échapper au fléau. Il faut noter que la zone où la clandestinité est plus élevée favorise l’économie de cette dernière. Il
faut donner un statut aux clandestins. Ils sont contribuables. Et alors l’Espagne veut quoi ???



Ella 03/02/2010 12:27


Suite à l’explosion de la bulle immobilière espagnole, il sera intéressant de voir comment l’Espagne va gérer son immigration (et les bidonvilles de la banlieue madrilène) dans un contexte
économique devenu plus difficile. Les immigrants seront les premières victimes de la remontée du taux de chômage, d’ailleurs largement sous-évalué, comme expliqué dans une autre chronique de ce
blog.


Denis-Zodo 04/02/2010 16:04



merci pour commentaire