L'annulation des poursuites pour l'accident du Concorde rejetée

Publié le par Denis-Zodo

 Le tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d'Oise) a rejeté mercredi au procès de l'accident du Concorde de l'été 2000 la demande d'annulation des poursuites, soutenue notamment par les avocats de la compagnie américaine Continental Airlines.

Le tribunal a dit qu'il statuerait sur cette demande après avoir examiné le dossier. Le procès, ouvert mardi, devrait donc se dérouler normalement pendant quatre mois.

Me Olivier Metzner, avocat de Continental Airlines, avançait la supposée partialité de l'enquête et l'absence d'indépendance des experts judiciaires, liés au monde de l'aéronautique français, pour demander l'annulation de l'ordonnance de renvoi. Rapporter par reuters.

Ces demandes, presque jamais acceptées, constituent une "ficelle" des avocats de la défense dans les grands procès. Elles permettent de commencer l'audience par une plaidoirie.

Six prévenus doivent répondre de l'accident du Concorde, qui avait fait 113 morts le 25 juillet 2000 en s'écrasant deux minutes après son décollage de l'aéroport de Roissy.

Outre Continental Airlines et deux de ses employés, sont jugés deux anciens responsables du programme Concorde, Henri Perrier et Jacques Hérubel, et un ancien responsable de l'administration du transport aérien, Claude Frantzen.

APPEL D'AIR FRANCE AUX FAMILLES DES VICTIMES

L'avocat d'Air France a par ailleurs lancé un appel aux familles des 113 victimes de l'accident pour qu'elles se constituent partie civile au procès.

Me Fernand Garnault, avocat de la compagnie française, elle-même partie civile, est intervenu à l'audience pour démentir une rumeur qui voudrait qu'Air France ait indemnisé ces familles en échange de leur non participation au procès pénal.

"Les (proches des) victimes peuvent venir et doivent venir si elles en ressentent l'utilité morale", a-t-il dit. On ne peut juridiquement empêcher personne de se constituer partie civile à un procès pénal, même si l'engagement est pris de ne pas le faire dans un accord d'indemnisation, a-t-il rappelé.

Presqu'aucune des 113 victimes, en majorité allemandes, n'est représentée au procès. Air France a payé avant l'audience des indemnisations dont le montant est tenu secret et qui s'élèverait selon des médias à plus de 100 millions d'euros.

Bien qu'officiellement retenue comme victime de l'accident dans les conclusions de l'enquête, la compagnie Air France est désignée comme responsable par le principal prévenu, son concurrent américain Continental Airlines.

Ce dernier se voit imputer une partie de la responsabilité de l'accident par le parquet, qui considère qu'une pièce tombée d'un avion de Continental ayant décollé juste avant le Concorde a provoqué l'éclatement d'un pneu de l'avion français, conduisant à la catastrophe.

Continental Airlines suggère, à l'inverse, qu'Air France devrait être sur le banc des prévenus car selon une contre-version présentée par Me Metzner, l'incendie du Concorde s'est déclenché avant le passage sur la pièce de Continental.

Me Metzner souligne que l'enquête a établi qu'il manquait une pièce au train d'atterrissage du Concorde, appelée "entretoise". Il y voit la possible origine de la défaillance du train d'atterrissage, au contraire des experts de l'instruction qui estiment que ce point n'a rien à voir avec l'accident.

 

 

 

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