Kenya : des éleveurs des régions arides reçoivent une assurance anti sécheresse

Publié le par Denis-Zodo

Au cours du XXe siècle, pas moins de vingt-huit sécheresses se sont abattues sur le nord du Kenya, dont quatre lors des dix dernières années. Le réchauffement climatique rend plus vulnérables encore les quelque 3 millions d'éleveurs nomades en quête de pâturages dans cette zone aride du pays. Dernière en date, la sécheresse qui a frappé en septembre et octobre le nord-est du Kenya a entraîné la mort de milliers d'animaux, fragilisant des centaines de familles.

Face à ces calamités, les éleveurs nomades vont pouvoir disposer d'une protection inédite : un produit d'assurance dont l'objectif est de garantir le maintien d'une activité économique devenue risquée dans cette région du monde. Imaginée par des chercheurs de l'International Livestock Research Institute (ILRI) de Nairobi avec des universitaires américains, financée en partie par le secrétariat britannique à la coopération et commercialisée par une compagnie kényane, cette assurance leur permettrait d'obtenir, moyennant cotisation, un remboursement en cas de pertes dues à la sécheresse, première cause de mortalité du bétail.

Simple en apparence, l'équation s'est révélée difficile à résoudre. Pour proposer "un tel contrat, il nous fallait surmonter quatre difficultés majeures : disposer de données de grande qualité aptes à servir de bases à un contrat d'assurance ; déterminer un indice optimum ; s'assurer qu'une réelle demande existe et enfin disposer d'un réseau de diffusion adapté aux petits et moyens éleveurs situés dans des zones éloignées ", explique Andrew Mude, qui a dirigé l'équipe de recherche. De plus, le produit devait être simple d'usage pour être compris par des populations qui ne savent ni lire ni écrire.

L'assurance est proposée à titre expérimental, depuis le mois de janvier, aux éleveurs du district de Marsabit, soit 35 000 familles environ, à la tête de troupeaux de chameaux, buffles, chèvres et moutons. Cette sous-région de l'est du pays a été choisie car elle réunit les quatre conditions posées par l'ILRI.

S'agissant des données, les chercheurs ont puisé à deux sources : d'abord les données satellite recueillies depuis 1981 par la NASA et la NOAA, l'agence américaine en charge de l'étude et de la surveillance de l'atmosphère et des océans. En accès libre et gratuit, ces données permettent de mesurer le niveau d'activité photosynthétique dans la végétation - et donc la densité de celle-ci - à un endroit donné. Les chercheurs ont ensuite croisé ces données avec les statistiques établies depuis les années 2000 par l'administration kényane sur la mortalité du bétail dans le district. Le tout a donné naissance à un indice qui sert de point de référence pour déclencher le recours à l'assurance. "Habituellement, la compagnie vérifie la réalité des dommages. Ici, le prix de la vérification aurait été prohibitif. La création de l'indice permet de réduire considérablement le coût de l'assurance", explique Andrew Mude.

Le "risque" sécheresse, indique lemonde.

 

 

 

 

 

 

Publié dans Politique africaine

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