Jean-Marie Le Pen réclame un référendum sur l'immigration

Publié le par Denis-Zodo

 

Jean-Marie Le Pen espère profiter du débat sur l'identité nationale pour relancer le Front national aux élections régionales, avant de passer la main à la tête de son parti "fin 2010 ou début 2011."

Lors de ses voeux à la presse, mercredi au siège de son parti, le président du FN a réclamé la tenue en 2010 d'un référendum sur l'immigration, estimant que le "critère ethnique" était "l'une des composantes" de l'identité nationale.

Il a estimé que Nicolas Sarkozy lui avait rendu un fier service en lançant ce débat dans l'espoir de "siphonner" les voix d'extrême droite, comme à la présidentielle de 2007.

"Il arrive que le diable porte Pierre", s'est amusé le président du FN qui, à l'âge de 81 ans, mène sans doute son dernier combat à la tête de son parti.

"En lançant en pleine campagne électorale un débat truqué sur l'identité nationale, aux bons soins du ministre socialiste et immigrationniste de l'Immigration, Nicolas Sarkozy a involontairement réveillé les Français", a-t-il estimé.

Le FN serait en mesure, pour la première fois depuis deux ans, de repasser au niveau national au-dessus des 10%, selon les derniers sondages.

Ce score reste inférieur à celui de 2004 où le FN avait obtenu 14,7% et provoqué des triangulaires dans 17 régions. Mais il est supérieur aux 6,34% des élections européennes de juin dernier et aux 4,29% des législatives de 2007.

Jean-Marie Le Pen, qui y voit le signe d'un net redressement, estime être en mesure de maintenir ses candidats au second tour dans "10 à 12 régions" avec la possibilité de faire perdre à la droite les deux dernières régions qu'elle détient encore.

Lui-même conduit la liste FN en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, sa terre de prédilection.

"DÉPUTÉS-BABOUCHES"

Pour le dirigeant d'extrême droite, le débat très controversé sur l'identité nationale a eu "un grand mérite, soulever le problème de l'immigration qui est le problème principal" de la France. Et le fonds de commerce du FN.

Il espère donc que les Français, "à l'instar de nos voisins suisses", vont profiter des élections régionales "pour oser dire publiquement dans les urnes ce qu'ils murmurent tout bas et que le Front national dit tout haut".

Jean-Marie Le Pen, qui se défend de tout esprit de revanche à l'égard du chef de l'Etat, ne l'en accuse pas moins d'accumuler les échecs et de faire le contraire de ce qu'il dit.

A ses yeux, Nicolas Sarkozy multiplie les déclarations de fermeté mais encourage en réalité l'immigration et "veut mettre en oeuvre une politique de métissage forcé".

Il a cité à l'appui de son propos le discours de décembre 2008 du chef de l'Etat, où il déclarait: "Le métissage n'est pas un choix, c'est une obligation."

Le président du FN est tout aussi critique envers le débat sur l'identité nationale, organisé par les préfets et animé par les "députés-babouches" de la majorité, une interprétation personnelle de l'expression "députés-godillots."

Selon Jean-Marie Le Pen, toute cette agitation ne vise qu'à masquer une politique "d'immigration massive" qui voit 300.000 personnes devenir françaises chaque année, pour un coût annuel évalué selon lui à 70 milliards d'euros.

"Elle laisse prévoir qu'à échéance moyenne, les Français seront minoritaires dans leur pays", assure-t-il.

Interrogé sur son avenir politique, Jean-Marie Le Pen a confirmé que le congrès destiné à désigner son successeur se tiendrait "soit fin 2010, soit début 2011", comme cela était prévu depuis plus d'un an. "J'ai le respect des chances de la jeunesse", a-t-il assuré.

Sa fille Marine, qui est la mieux placée pour lui succéder, s'est défendue d'avoir réclamé un congrès anticipé, afin de pouvoir préparer la présidentielle de 2012 dans les meilleures conditions possibles.

"J'ai simplement dit que je préférais fin 2010 à début 2011 pour des raisons techniques, il n'y a rien de nouveau", a-t-elle dit à Reuters.

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