iMussolini, l'application iPhone qui cartonne en Italie

Publié le par Denis-Zodo

 

C'est la dernière trouvaille à la mode en Italie. Une application iPhone entièrement dédiée à Benito Mussolini est disponible depuis le 21 janvier. L'intégrale des discours du Duce en format texte, mais aussi une vingtaine d'enregistrements audio et d'extraits vidéo... sont disponibles pour 79 centimes d'euro - le tout. 70 % de cette somme retombent directement dans la poche du créateur de l'application, un jeune Napolitain de 25 ans, qui ne va pas tarder à faire fortune au rythme où vont les choses. L'application "iMussolini" caracole parmi les meilleures ventes de l'App Store italien...

 

Ce succès n'a pas manqué de faire réagir certains utilisateurs du célèbre téléphone, qui ont alerté Apple, indignés face à ce qui pourrait s'apparenter à une apologie du fascisme, un délit en Italie. En vain, la célèbre firme à la pomme prévient dans ses conditions d'utilisation qu'elle n'est pas "responsable concernant le contenu pouvant être jugé choquant, indécent ou inapproprié". Le créateur d'iMussolini, Luigi Marino, s'est lui aussi protégé contre tout soupçon de fascisme détourné. "Je précise que cette application historique ne célèbre pas le fascisme. Les discours présentés sont, en effet, les originaux", précise-t-il dans le descriptif de l'application que tous les utilisateurs sont censés lire avant de la télécharger.

 

Culte posthume

 

Pour éviter toute dérive, Luigi Marino appelle les utilisateurs de son application à ne pas laisser de commentaires "inopportuns" qui "célèbrent le fascisme" sur l'App Store, "boutique" d'applications d'Apple. "Évitons de transformer une application historique en une occasion pour le traditionnel affrontement idéologique complètement déplacé, surtout tenant compte des actes déplorables qui se sont tenus au nom du régime", précise Luigi Marino. À le croire, son application, dont le nom complet est "iMussolini, l'homme qui a changé l'histoire de l'Italie", n'a donc qu'une finalité historique.

 

Cette précision dissuadera-t-elle les nombreux nostalgiques italiens du dictateur ? Soixante-sept ans après sa mort, Benito Mussolini fait l'objet d'un culte savamment entretenu. De nombreux hommages sont régulièrement rendus à celui qui dirigea la Péninsule d'une main de fer entre 1922 et 1943, et son tombeau de Predappio est chaque année le théâtre de réunions néofascistes, de moins en moins cachées.

Lepoint.fr

 

 

Publié dans Economie

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