Barack Obama oublie ses promesses de transparence

Publié le par Denis-Zodo

 

Les républicains se font une joie de profiter de l'aubaine. Barack Obama, qui avait promis que toutes les négociations entourant la réforme du système de santé se dérouleraient au vu et au su de tous, observe un repli prudent dans la dernière ligne droite.

La chaîne parlementaire C-SPAN, qui a vu son audience augmenter grâce aux retransmissions des débats sur la santé qui occupent le Congrès depuis le printemps, a sollicité l'autorisation de couvrir les ultimes tractations entre démocrates. "Alors que vos Chambres respectives travaillent à réconcilier les projets de loi adoptés par la Chambre et le Sénat, C-SPAN demande que les réunions de la commission de conciliation soient ouvertes aux médias électroniques", écrit le PDG de la chaîne, Brian Lamb, dans une lettre adressée aux responsables démocrates et républicains du Congrès.

 

La demande a été rejetée tout net par les démocrates du Sénat, qui estiment que plusieurs centaines d'heures de discussions ont déjà été télévisées, ce qui a suffisamment éclairé le public sur les enjeux. Position partagée par le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs. "Le président veut promulguer une loi le plus vite possible", a-t-il répété, mercredi 6 janvier, visiblement agacé par les questions sur les promesses de transparence faites par le candidat Obama. La Maison Blanche a d'ailleurs encouragé les chefs démocrates à négocier de manière informelle, sans réunir officiellement la commission de conciliation, pour éviter les votes de procédure.

Pendant la campagne, M. Obama avait déclaré qu'il refuserait "les négociations à huis clos" sur la réforme de l'assurance-santé. Au contraire, il "rassemblerait toutes les parties concernées" et ferait en sorte que "les négociations soient télévisées par C-SPAN".

Arrangements à huis clos

M. Obama avait aussi affirmé qu'il laisserait les lois cinq jours à disposition du public sur le site Web de la Maison Blanche, avant de les promulguer. Un délai rarement respecté. Interrogée sur ces écarts, la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a pincé les lèvres : "Il y a un certain nombre de choses dont il était partisan pendant la campagne électorale."

La transparence était l'un des points forts de la campagne Obama. La revue de l'école de journalisme de Columbia, à New York, a fait le bilan de cette année. Elle note que M. Obama n'a pas hésité à recourir à la doctrine du secret d'Etat, comme son prédécesseur, même s'il a demandé que l'usage en soit limité. La présidence a également refusé la publication des listes des visiteurs de la Maison Blanche, comme l'avait fait le tandem Bush-Cheney. Poursuivie en justice par une ONG, elle a fléchi et publie désormais un état mensuel des visites. En ce qui concerne la fin des arrangements à huis clos avec les compagnies d'assurance, le site Politifact.com, qui vérifie les dires des hommes politiques, affiche un verdict clair : promesse non tenue, indique le Monde.

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