Barack Obama invite Pékin à accroître les pressions sur l'Iran

Publié le par Denis-Zodo

 

Le président Barack Obama a invité son homologue chinois à intensifier les pressions sur l'Iran dans le domaine du nucléaire, mais Hu Jintao ne s'est pas ouvertement engagé en faveur de nouvelles sanctions contre Téhéran, au vu des communiqués publiés par Washington et Pékin.

Obama et Hu ont évoqué les pressions internationales sur Téhéran lors d'une conversation téléphonique d'une heure, consécutive au feu vert donné mercredi par Pékin pour entamer des négociations sur de futures sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies contre l'Iran. L'entretien s'est déroulé vendredi matin heure chinoise et jeudi soir heure américaine.

"Le président Obama a souligné l'importance de travailler ensemble pour s'assurer que l'Iran remplit ses obligations internationales", a dit la Maison blanche.

"L'idée est de continuer d'exercer des pressions" sur l'Iran, a déclaré le président américain dans une interview à la chaîne américaine CBS, diffusée vendredi.

"Nous allons faire monter la pression et voir comment ils réagissent; mais nous allons le faire avec une communauté internationale unie", a tenu à préciser Barack Obama.

A Pékin, le négociateur iranien en chef sur le nucléaire, Saeed Jalili, a déclaré que Téhéran et la Chine étaient d'accord pour dire que les sanctions contre l'Iran étaient "inefficaces".

Le négociateur iranien, qui a été reçu par le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, ne semble pas être parvenu à faire revenir la Chine sur son intention d'envisager de nouvelles sanctions contre Téhéran.

DÉTENTE

Pour Washington et certains de ses alliés, Téhéran recherche le moyen de se doter d'armes atomiques, ce que l'Iran conteste, disant ne poursuivre que des objectifs nucléaires civils.

La Chine, qui dispose d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, et importe une part non négligeable de son pétrole d'Iran, rejetait depuis des mois les appels des autres puissances à soutenir des sanctions contre Téhéran.

"Je pense que l'Iran, aujourd'hui, n'a plus aucun espoir de convaincre la Chine de s'en tenir à sa position de ces derniers mois, en vertu de laquelle elle s'opposait catégoriquement à l'adoption de nouvelles sanctions", analyse Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l'université Renmin de Pékin. "La Chine a déjà changé de position."

Après l'annonce faite jeudi par la Chine qu'elle serait présente au sommet prévu les 12 et 13 avril à Washington sur la sécurité nucléaire, l'entretien téléphonique Obama-Hu dénote une certaine détente dans les relations sino-américaines, qui fait suite à une série de dissensions.

"Depuis que le président Obama a pris ses fonctions, et grâce au gros travail accompli de part et d'autre, les liens entre la Chine et les Etats-Unis ont montré une évolution positive", a dit ainsi le président chinois.

Cité par l'agence iranienne de presse Irna, Saeed Jalili a estimé pour sa part que la mise en oeuvre de nouvelles sanctions internationales n'empêcheraient pas l'Iran de poursuivre le développement de son programme nucléaire.

"Les Iraniens ont l'habitude des sanctions (...). Nous considérons les sanctions comme des occasions (...). Nous poursuivrons de façon encore plus décisive notre parcours (nucléaire)", a-t-il dit.

TRACTATIONS LA SEMAINE PROCHAINE

Hu, dont les propos ont été rapportés par la télévision nationale chinoise, a indiqué à Obama qu'il était hostile à toute prolifération du nucléaire militaire. La télévision n'a en revanche fait état d'aucune déclaration de Hu abordant directement la question de sanctions contre l'Iran.

"La Chine a toujours pris au sérieux la question de la sécurité nucléaire et s'oppose à la prolifération et au terrorisme nucléaires", a dit Hu.

Ces propos, de même que ceux tenus par Yang Jiechi, montrent que la Chine n'est pas prête à proclamer publiquement son soutien à l'idée de sanctions, ce qui ménage pas mal de place aux tractations et chicaneries futures au Conseil de sécurité.

Signe cependant d'une évolution de la position de Pékin, Yang n'a pas, après sa rencontre avec Jalili, réitéré la ligne suivie de longue date par la diplomatie chinoise, à savoir que les sanctions ne sont pas la voie "fondamentale" pour régler la crise du nucléaire iranien.

Aux Nations unies, des diplomates rapportent que des représentants des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France et d'Allemagne devraient retrouver la semaine prochaine leurs homologues russes et chinois pour commencer à coucher sur le papier des propositions de sanctions.

Avec les bureaux de Pékin, Téhéran, Washington, Bruxelles et des Nations unies, Marine Pennetier, Pascal Liétout et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Source : Reuters

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