Avec le Nexus One, Google s'essaie à un nouveau modèle économique

Publié le par Denis-Zodo

Google a dévoilé, mardi 5 janvier, son propre smartphone, baptisé "Nexus One". Au-delà de la présentation très attendue du nouvel appareil, le groupe américain a opté pour un nouveau modèle de distribution. Le smartphone, fabriqué par le taïwanais HTC, quatrième constructeur mondial sur ce type de téléphones, est en effet le premier vendu directement par Google, par le biais d'une boutique en ligne, accessible aux clients des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de Hongkong et de Singapour.

Avec ce système, Google tente de s'affranchir des contrats d'exclusivité avec les opérateurs téléphoniques. Alors que l'iPhone est distribué aux Etats-Unis uniquement par l'opérateur AT&T, le terminal de Google sera compatible avec n'importe quel réseau utilisant la norme GSM, moyennant 529 dollars (368 euros). Il ne coûtera toutefois que 179 dollars (125 euros) en souscrivant un abonnement de deux ans avec T-Mobile, filiale américaine de l'allemand Deutsche Telekom, pour l'heure seul opérateur à avoir signé un accord. Google pourrait aussi tester les potentialités de son système de téléphonie sur IP, Google Voice.

En France, SFR, filiale de Vivendi, devrait être le premier à distribuer le smartphone de Google, selon le site financier Wansquare, avec une commercialisation avant la fin du premier trimestre 2009 à moins de 200 euros le téléphone dans le cadre d'un engagement de deux ans et d'un forfait mensuel disponible à moins de 50 euros. Sans abonnement, le téléphone devrait coûter environ 370 euros et être disponible sur le Web.

JEU D'ÉQUILIBRISTE

Avec son circuit de distribution plus court, le groupe de Mountain View n'est plus en concurrence directe avec les autres constructeurs. Il parie aussi sur le fait que le Nexus One sera le meilleur moyen de promouvoir son système d'exploitation, Android. Pour l'instant, le taux de pénétration du marché américain par Android demeure modeste, à 3,5 % des parts de marché en octobre, selon le cabinet spécialisé comScore. Il pourrait atteindre 14 % dans le monde en 2012, selon l'estimation de Gartner. Le succès du système d'exploitation, qui renvoie aux différents services en ligne de l'entreprise, est directement lié aux recettes publicitaires que Google veut voir croître sur mobiles.

Mais cette stratégie suscite aussi des interrogations. Depuis le lancement de la plate-forme Android, ouverte à un vaste panel de constructeurs de téléphones, Google misait sur la multiplication des terminaux, face au modèle unique proposé par Apple. Pour le chercheur Jonathan Yarmis, un tel choix poussera le groupe à faire l'équilibriste pour, d'un côté, faire la promotion de ses propres appareils et, de l'autre, aider d'autres sociétés à mettre au point leur propre téléphone équipé d'Android. Le "Droid" ("Milestone" en Europe), jusqu'alors présenté comme l'un des plus sérieux concurrents de l'Iphone, et conçu par Motorola, pourrait par exemple pâtir de l'arrivée du Nexus One.

La bataille des terminaux intelligents est aussi loin d'être gagnée par Google. Dans le domaine des smartphones, qui représentent environ 14 % des ventes de mobiles, Apple s'est hissé, en trois ans, de 3,4 % à 17,1 % de parts de marché, et talonne, en ventes mondiales, le constructeur de terminaux Blackberry (20,8 % en 2009 ), et Nokia (39,3 %).

 

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