Identification et recensement : le FPI n’en veut pas !

Publié le par Denis-Zodo

Les opérations d’identification des populations et de recensement des électeurs ont été lancées le lundi 29 septembre 2008 dans le district d’Abidjan, avant le lancement officiel de Yamoussoukro deux semaines plus tôt, c’est-à-dire le 15 septembre. Mais si à l’intérieur du pays, les agents d’identification et de recensement se font désirer, dans le district d’Abidjan, les opérations connaissent des difficultés sur le terrain. Dès les premiers jours, ce sont les agents de l’Institut national de statistique (INS) qui étaient absents des lieux d’identification et de recensement. Accusée de toutes parts, de faire le jeu du parti au pouvoir, la structure dirigée par Meleu Mathieu, lui-même membre du Comité central du FPI, a cru devoir donner des raisons de son absence. Le secrétaire général de l’INS, dans une interview accordée la semaine dernière au quotidien gouvernemental Fraternité Matin, a évoqué des problèmes financiers qui ne leur auraient pas permis de déployer à temps leurs agents et leurs micro-ordinateurs sur le terrain. Alors que cette faille vient d’être solutionnée, une autre difficulté est en train se dresser devant les organisateurs de ces opérations conjointes, à savoir les violences engendrées sur les lieux des opérations. En effet, vendredi, des jeunes gens, issus de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), mouvement proche du Front populaire ivoirien (FPI), parti au pouvoir, ont usé de violence à Williamsville, un quartier de la commune d’Adjamé, dans le district d’Abidjan. Les étudiants, prétextant le contrôle des opérations par le Rassemblement des Républicains (RDR, opposition), ont saccagé du matériel de travail des agents recenseurs, et fait mains basses sur les valises de Sagem, l’opérateur privé chargé de l’identification et de la confection des documents électoraux. Mais la violente réaction de la population a fait reculer les perturbateurs qui, semble t-il, ont été obligés de restituer les valises bloquées par les voyous. C’est à peine s’ils n’ont pas commis des actes de brutalité sur les agents chargés de l’identification et du recensement. Idem dans d’autres communes d’Abidjan, et à Yopougon, la plus grande commune de la capitale économique ivoirienne, où des jeunes, dits « patriotes », proches du camp présidentiel ivoirien, ont également empêché le déroulement de ces opérations, saccageant du matériel, pour presque les mêmes raisons- farfelues-.

 On le voit, ces jeunes gens qui jouissent d’une impunité depuis l’avènement du FPI au pouvoir en 2000, se croient tout permis. Si bien qu’ils s’arrogent le droit de juger de la bonne marche ou non des opérations. Prétentieux tout de même ! Et soyez-en sûrs et certains que les autorités politiques ivoiriennes ne condamneront pas cette attitude ignoble. Qui sait, si des deux mains, ils n’applaudissent pas l’acte de barbarie de ces jeunes gens. D’ailleurs, les incessants appels à la vigilance de Blé Goudé, le leader des jeunes dits patriotes de Côte d’Ivoire, sont très suspects.  Et l’on ne sait vraiment pas de quelle vigilance l’homme fait réellement allusion. Il n’est donc pas à exclure que les blocages qui interviennent dans le déroulement de ces opérations, soient le fait du FPI. On se souvient qu’en 2006, lorsque les audiences foraines avaient débuté, les responsables du FPI et leurs militants avaient tenté, avec succès disons-le, d’empêcher leur déroulement sur le terrain. En 2008, ils entendent visiblement récidiver. Car, au-delà des jugements partisans, le parti au pouvoir est conscient de sa minorité et tente le tout pour le tout, pour retarder l’échéance électorale. Le temps pour lui, d’avoir une marge de manœuvre. En procédant à des troubles, l’on espère au FPI, empêcher des militants de l’opposition, d’obtenir les papiers devant leur servir de sésames pour les élections à venir.

D’ailleurs, le FPI est dans une logique qui est la sienne. Le boycott actif de 1995, les manifestations de rue du parti au pouvoir, bien qu’au pouvoir, les violences inouïes comme voies de recours à certains problèmes politiques, en sont une illustration parfaite de la conduite politique du FPI. Et de façon ridicule, il nous revient que les « bras valides » du FPI affirment que trop de « dioula » (ressortissants du nord, frontalier au Mali, au Burkina Faso et la Guinée) se font enrôler et soupçonnent d’ailleurs le RDR, le parti qui leur est proche, de faire identifier et enrôler des étrangers des pays voisins. C’est une insulte à la Côte d’Ivoire et à ses responsables, que de tenir de tels propos. Car, les opérations qui ont cours, sont marquées du sceau de la transparence. Entrer dans de telles considérations, c’est donner la preuve d’une volonté affichée de retarder ces élections qui pourtant, se tiendront bel et bien, contre vents et marrées un beau jour.

 

                                           D’énormes problèmes d’organisation

 

Parce qu’elle est un bras séculier du parti au pouvoir, la FESCI se croit tout permis. Ces membres, des étudiants et des non étudiants, pensent être au dessus de la loi. Si bien qu’ils prennent des initiatives sur eux de faire ce qu’ils veulent faire. Bloquant ainsi les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs. Puisque par la faute de cet autre bras armé du FPI, les agents de recensement ont décidé d’arrêter le déroulement des opérations. Ils mettent en avant des problèmes de sécurité sur les lieux d’identification et de recensement. Mais ils se saisissent de ce prétexte pour poser un problème d’émoluments. Les agents recenseurs dénoncent le blocage de leurs primes. Certains agents, notamment ceux de la société privée Sagem, que nous avons rencontrés, affirment rejoindre leurs lieux de travail à leurs propres frais. Sur place, leur collation leur incombe également. Doit-on comprendre que les structures chargées de l’identification et du recensement n’ont pas été totalement réglées par l’Etat ivoirien ? Sans compter la mauvaise organisation sur le terrain. Les places qui se vendent au prix de 500 FCFA aux requérants par des individus non identifiés. Et dire qu’à l’intérieur du pays, notamment dans la grande région des 18 montagnes, que la reconstitution des registres d’état-civil n’a pas encore débuté, à fortiori les opérations d’identification et d’enrôlement qui nécessitent la présentation d’extraits de naissance ou de jugements supplétifs. C’est dire qu’il y a encore beaucoup à faire. Un cafouillage qui inquiète et qui rassure moins sur l’organisation d’élections à une date aussi proche qu’on l’aurait souhaité.

Publié dans Politique ivoirienne

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kane sorobanga 16/10/2008 23:46

Vous raconte n'importe quoi!!
mee quand on n'aime pas une personne, on ne l'accuse de nimporte quoi!!!!!!!!!
Beaucoup de jeunes du fpi et mem des patriotes sont aussi agents sagem et d'identification!! C'est vrai que la cei a opté pour mes parents du centre et du nord en majorité mais il y a aussi des patriotes!!
C'est l'inorganisation des structures sagem, cei,ins et oni qui retardent les choses et mettent en colère les jeunes!! Pour les zone d'affluence il serait souhaitable que les agnets valise soient 2 par salle ainsi que les agents d'identification c'est tout! le reste n'est que du verbiage!!!!!!!!!!!

Denis-Zodo 27/10/2008 18:21



Bonjour
on peut ne pas avoir la même vision d'analyse. Dans le fond, nos préoccupations sont les mêmes. merci d'avoir visité mon blog. A bientôt pour une autre remarque.