Le point sur … La Séquestration du n°2 du Rdr à Akoupé :un acte à proscrire…

Publié le par Denis-Zodo

    

La Côte d’ Ivoire a grandi. Elle a mûri même. Surtout, avec la crise qui la secoue depuis le 19 septembre 2002. Il est vrai que des Ivoiriens n’ont pas connu la guerre. Notamment les habitants, pour ne pas dire les peuples du Sud  et de l’Est de la Côte d’Ivoire. Mais les témoignages de ceux qui ont marché des mois durant pour fuir les violents combats dans le grand Ouest et le Nord du pays sont là pour nous édifier. Certes, le chef de l’Etat Laurent Gbagbo n’était pas au front. Mais, il ne manque pas d’attirer l’attention des uns et des autres à renoncer à la violence. Sincérité ou jeu politique ?  Toujours est-il que le Président Gbagbo ne le dit pas en riant. Au cours de la célébration de l’an 1 de la flamme de la paix à Bouaké le 30 juillet 2008, le n°1 ivoirien louait les bienfaits de la paix. « Aujourd’hui, on parle des élections. On demande qui peut gagner. Chacun dit que c’est lui qui est fort. Mais hier, pendant qu’on se battait à coups de canon, on était à se demander combien y avait-il de morts, combien y avait-il de blessés. L’hôpital de Yamoussoukro ne désemplissait pas. Tant les fronts étaient à feu et à sang », a longuement expliqué Laurent Gbagbo. Malheureusement, jusque là, certains Ivoiriens n’ont pas compris qu’il est temps de se désolidariser de la violence, et de la tenir loin de soi. Puisque, alors que les Ivoiriens s’apprêtaient à applaudir des deux mains, l’ouverture du pays à toutes les forces politiques de la nation sans restriction aucune, des jeunes gens ont tenté  samedi dernier d’en découdre avec la secrétaire générale du Rdr, Henriette Dagri Diabaté. En tournée dans le pays akyé, plus précisément dans la région d’Akoupé, non loin de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, l’ancienne ministre de la Culture et plus tard de la Justice s’est vu séquestrée par des jeunes qui lui en voulaient certainement, même s’ils n’ont pas eu le courage de donner les raisons de leurs attitudes pour le moins incompréhensible. Comme le disait quelqu’un, il n’y a pas de chasse gardée en politique. La politique est un acte de conquête permanente. Il est dit que le pays akyé est supposé être majoritairement acquis au parti au pouvoir. Toute chose que des individus inutilement zélés peuvent interpréter pour tenter d’empêcher toute autre formation politique de piocher sur « les terres naturelles du Fpi ». Si c’est le cas, cela doit cesser et vite. Puisque si le pays akyé est supposé être le bastion du Fpi, le Nord l’est pour le Rdr, le Centre pour le Pdci, et le grand Ouest, pour l’Udpci. Et pourtant, à moins qu’on ne prouve le contraire, ces coins et recoins du pays sont parcourus de fond en comble par tous les partis politiques, sans le moindre accroc. Mais à y voir de près ce qui est arrivé à Henriette Diabaté dans un complexe hôtelier d’Afféry, près d’Akoupé, cela y ressemble fort bien à un acte planifié. Sinon, comment comprendre que ces jeunes- dont le chef de groupe répond au nom de Assoua Mathias-, aillent se poster à la porte de la secrétaire générale du Rdr ? Si ce n’est pas de la provocation, comment appelle t-on cela ? Affi N’guessan et Akoun Laurent n’ont-ils pas fait le tour du Nord et du Centre quand Sokoury Bohui est allé dans le « Guéïland », et Miaka Oureto ailleurs. Hamed Bakayoko n’était-il pas récemment à Issia en pays bété ? C’est cela l’esprit démocratique. Le jeu politique a besoin de se faire dans un esprit dégagé et dans la sécurité totale. C’est cela le souci de tous ceux qui oeuvrent au retour de la paix dans notre  cher pays. Et je ne pense pas que ce soit le souhait du parti au pouvoir de voir les choses se passer ainsi. C’est pourquoi, les autorités du pays, à commencer par les leaders du parti au pouvoir, doivent sérieusement travailler à convaincre ces jeunes qui n’ont pas encore compris qu’un pays pacifié ne vaut que par la démocratie qui y prévaut. De même, chacun des partis devraient l’inculquer chez tous ceux qui se reconnaissent en lui. Sans oublier la Communauté internationale, qui tient une place prépondérante dans la gestion de la crise ivoirienne. En l’occurrence, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), dont le représentant, Young jing Choi, doit condamner avec la dernière énergie de tels actes, loin d’être isolés. Car, si c’est dans ces conditions que l’on entend organiser les élections, avouons qu’on se fourre le doigt dans l’œil, tout comme on n’est pas près de sortir de l’auberge.

C’est donc le lieu d’attirer l’attention des décideurs dans la crise ivoirienne, sur le démantèlement des milices tribales qui, jusque là, n’est pas une réalité. Dans un pays qui a décidé d’aller à des élections sécurisées. Car, si le désarmement des éléments Forces nouvelles a connu des avancées, le démantèlement des milices n’a même pas connu un réel début. Ce qui est déplorable, dans la mesure où ces individus continuent de se promener, les kalachnikov à la main. Ce qui rend du coup, critique, la situation sécuritaire dans le pays. Si les autorités ivoiriennes, à commencer par le chef de l’Etat et le premier ministre, puis la Communauté internationale représentée par l’ONUCI et son patron veulent que la Côte d’Ivoire sorte, et bien de cette crise, qu’ils s’attellent donc à assurer le volet sécuritaire. Qui, à dire vrai, est l’élément qui peut tout faire dégénérer si de sérieuses dispositions ne sont pas prises dans ce sens. Car, sans l’intervention de l’unité d’intervention de la gendarmerie nationale et des autorités administratives et politiques de la région, le pire aurait pu arriver. Et la situation de violence se serait  propagée sur l’ensemble du territoire. Puisque les victimes auraient forcément tenté de se venger. Ce serait alors l’escalade de la violence. Notre pays a assez souffert de la crise. Six ans que ça dure. Prenons donc conscience que nous devons quitter ce cycle infernal, pour faire face au développement de notre pays qui, j’imagine, constitue une préoccupation pour chacun d’entre nous.

 

Paru dans le quotidien ‘le jour plus’ n°1470 du jeudi 14 août 2008  

Publié dans Politique ivoirienne

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