Droits de l’homme : J.O ou pas, la Chine, un vrai cauchemar

Publié le par Denis-Zodo

 

 

Les 29èmes jeux olympiques démarrent dans quelques heures à Pékin, la capitale chinoise, et ce, jusqu’au 24 août prochain. La Chine avait été préférée en 2001 par le Comité international olympique, à la Russie, au Canada, à la France, à la Turquie et au Japon. Sans oublier Bangkok, Le Caire, La Havane, Kuala Lampur et Séville, candidates elles aussi, mais qui ne furent pas retenues dans la liste finale. Il est clair que le Comité olympique s’est laissé attendrir par les arguments des Chinois, dont le représentant du comité de candidature aux J.O de 2008 avouait en avril 2001, qu’en « confiant à Pékin l’organisation des jeux, vous contribuerez au développement des droits de l’homme ». Le dire, c’était reconnaître effectivement que le pays avait un problème avec les droits de l’homme. Il ne s’agissait là, en réalité, que d’un appât pour amener le Comité international olympique, à porter son choix sur la Chine. Dans la mesure où les droits de l’homme sont véritablement une préoccupation pour la Communauté internationale. Mais depuis le choix de Pékin pour abriter ces J.O, tout le monde s’est rendu compte que les promesses de la Chine n’étaient que de la poudre aux yeux du Comité international olympique. Puisque les droits de l’homme sont toujours bafoués dans ce pays qui pourtant, donnait beaucoup d’espoir dans le monde. Mais, que vaut un pays qui avance sans le respect des droits de l’homme ?

 

                   Les droits humains et la problématique du développement chinois

 

La Chine, parmi les pays sous développés au milieu du 20ème siècle, fut un exemple d’évolution au niveau social, technique et industriel, avec le Japon et la Corée du sud. C’est ce qui a valu l’appellation de dragons de l’Est ou de pays du soleil levant. Le soleil levant n’étant pas forcément symbolisé par l’Est, mais plutôt par un sursaut d’orgueil de ces pays asiatiques qui voulaient être véritablement indépendants des pays développés. Ainsi, dès la fondation de la République populaire de Chine en 1949, ce  pays s’est attelé à travailler dans le sens du développement. Si en quelques années seulement, les Chinois ont pu talonner les pays développés d’Europe et les Etats-Unis d’Amérique, ce ne fut pas le cas pour ce qui est du respect des droits de l’homme dans ce pays. Contrairement au Japon et à la Corée du sud, la Chine ne s’est pas inscrite dans le registre des nations, respectueuses des droits de l’homme. Des recours persistants à la peine de mort, à la répression des minorités ouïghours et tibétaines, en passant par des emprisonnements et des tortures, la censure des médias et d’Internet, puis des expulsions forcées, la Chine s’est longtemps posée comme un pays faisant obstacle aux valeurs humaines. Elle tient emprisonnés depuis 1989, les manifestants de Tian An Men et des leaders d’opinion. Mais ce n’est pas tout. Elle fait obstacle à la libération de la parole en contrôlant l’information provenant des journalistes et sur Internet. Elle maintient l’article 306 du code pénal qui permet la répression des avocats puis procède à des expulsions forcées des citoyens de leur logement ou de leur terre. Nous n’oublierons pas l’interminable question tibétaine. La Chine est-elle fière de figurer parmi les pays émergents, avec ce qu’on lui reproche, à savoir les nombreuses violations des droits humains ? Le développement d’un pays ne peut s’accommoder du non respect des droits de l’homme. Les autorités chinoises devraient le savoir. De deux choses l’une. Soit elles le savent très bien que quiconque, mais ferment les yeux là-dessus, soit elles l’ignorent et ce serait grave pour un pays comme la Chine et pour un Président tel que Hu Jintao.

Si en dépit des promesses faites par les dirigeants chinois pour espérer avoir l’organisation des J.O de 2008, Pékin a pu perpétrer  des massacres en mars et avril au Tibet, c’est que le pays n’est pas prêt à s’inscrire dans une logique de respect de la personne humaine. Parce que la parole donnée devrait tout de même inciter les responsables chinois à surseoir à ces massacres au Tibet. Ne serait-ce que pour la période de mars à août 2008. Le temps de laisser passer ces J.O. Mais que non ! La Chine a démontré aux yeux de tous, que si elle est un exemple de développement en Asie, elle est loin de tenir parole. Elle devient du coup, un pays quelconque, comme certaines nations africaines, c'est-à-dire les pays sous développés. On savait que le pays n’était pas respectueux des droits de l’homme. Mais avouons que la récente crise tibétaine est venue convaincre tout le monde sur l’aliénation de cet Etat. Le monde en a été tellement touché que le parcours de la flamme olympique a connu de nombreux incidents dus aux manifestations pro-tibétaines. A  Paris, Londres, San Francisco, Bangkok…, la flamme a eu un parcours mouvementé. Elle a même été éteinte dans la capitale française et son parcours réduit ; seuls quarante des quatre-vingt relayeurs prévus au début, ont pu se la transmettre. Et dès le début de cette crise en mars 2008, la chancelière allemande, Angela Merkel, fut le premier dirigeant au monde à décider de ne pas assister aux jeux olympiques de Pékin. Suivie par le Premier ministre polonais, Donald Tusk, et le Président tchèque, Vaclav Klaus. Le 2 avril, alors que les troubles persistaient au Tibet, le Congrès américain demande à Georges Bush le boycott de la cérémonie d’ouverture des jeux. Le même jour, le gouvernement japonais a annoncé que la famille royale ne participera pas à la cérémonie d’ouverture, alors que la Chine a toujours demandé la participation de la famille royale au gouvernement japonais à plusieurs reprises depuis 2007. Le Président français Nicolas Sarkozy, lui aussi, restait douteux le 8 avril. Le lendemain, le Premier ministre britannique Gordon Brown décide de boycotter la cérémonie d’ouverture. Idem pour le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon. C’est la preuve que la Chine a créé un choc dans le monde entier, en organisant le massacre au Tibet.

Et même à quelques jours du début de ces jeux, la Chine continue de violer les droits de l’homme. Il est de plus en plus question ces jours-ci, du rejet des Noirs et des Mongoles dans les lieux publics tels que les maquis et boîtes de nuit. Ailleurs, on ne ferait pas cela. Et surtout à quelques jours des J.O. De plus, les médias sont subjectivement sélectionnés pour participer à l’événement, parce que la Chine aurait certainement beaucoup de choses à cacher. Tenez, la BBC est la seule agence médiatique britannique à avoir accès aux différents stades pendant ces jeux.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que de mémoire d’intellectuel, les J.O n’ont jamais été secouées qu’à présent, c'est-à-dire à l’heure du choix de Pékin pour abriter ces prestigieuses olympiades. C’est qu’il y a problème. Et nous osons penser que le Comité international olympique, sans le dire, regrette son choix. Mais que peut-on pour y remédier ? Sauf que faire avec. Et la vérité dans tout cela, c’est que ces jeux vont se dérouler sur du sang qui a coulé des vaines d’humains en mars et avril dernier, sans le moindre regret des autorités chinoises.

Mais pour combien de temps encore la Chine va-t-elle fouler au pied les droits élémentaires de la personne humaine ? C’est pourquoi, nous considérons que ce pays ne mérite pas de figurer parmi les membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu. Un organe soucieux du respect des droits humains. Les décideurs doivent revoir leur position, loin des intérêts particuliers. Car, une nation qui donne la mort à son peuple, ne peut prétendre travailler au développement. Pour qui donc le ferait-elle? Pas en tout cas pour le peuple à qui elle donne la mort.      

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aliciabx 08/08/2008 18:21

NS aurait du faire comme Merkel et envoyer Kouchner pour soutenir les athlètes.
Le monde entier nous juge d'après notre président comme nous ne devons pas juger le peuple chinois qui est instrumentalisé par son gouvernement.
En tous cas, NS n'est pas un homme fiable maintetant, la planète entière le sait.
C'est d'illeurs une des raisons pour lesquelles certains pays boycottent nos produits.
Il s'est trop affiché avec les dictateurs. Nous avons la monnaie de la pièce.

Denis-Zodo 12/08/2008 12:24



Bonjour,


Dans la compréhension que j’ai des droits de l’homme, c’est d’abord de cultiver dans le subconscient de chaque homme et de chaque femme, le concept du respect de l’Etre humain. Et aussi la
liberté d’expression. Ce sont là deux concepts très forts. Quand on a en face, des dirigeants qui pensent aux intérêts économiques et autres, tout change. Je suis de votre avis  que le
peuple est instrumentalisé. Mais aussi, voudrais-je dire que les états d’âme d’un pays ne m’intéressent pas. C’est plutôt le peuple qui importe.


Cordialement



Anakyne 08/08/2008 16:21

Bonjour,
d'accord sur toute la ligne. Néanmoins je pense qu'il n'est pas utile de faire un "post-procès". Il fallait que le comité refuse purement et simplement Pékin. Maintenant c'est fait il ne faut pas y ajouter la politique , les Chinois sont très susceptibles, attention à cela.
Pas pour autant que j'accepte la position de Sarko c'est évident.

Denis-Zodo 12/08/2008 20:06



Bonjour,
Dans la compréhension que j’ai des droits de l’homme, c’est d’abord de cultiver dans le subconscient de chaque homme et de chaque femme, le concept du respect de l’Etre humain. Et aussi la
liberté d’expression. Ce sont là deux concepts très forts. Quand on a en face, des dirigeants qui pensent aux intérêts économiques et autres, tout change. Je suis de votre avis  que le
peuple est instrumentalisé. Mais aussi, voudrais-je dire que les états d’âme d’un pays ne m’intéressent pas. C’est plutôt le peuple qui importe.


Cordialement