Ingrid Betancourt et Guy André Kieffer : la preuve d’une France solidaire

Publié le par Denis-Zodo

  Il y a des pays qui savent être utiles à leurs ressortissants, fussent-ils originaires d’autres nations. C’est le cas de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, enlevée en 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), et libérée mardi dernier, puis du Franco-canadien Guy André Kieffer, disparu dans des conditions mystérieuses, en avril 2004 à Abidjan en Côte d’Ivoire. La France, leur pays d’adoption, s’est toujours mise au premier plan du combat les concernant.

 

                                  La lutte pour la libération d’Ingrid

 

La Franco-colombienne, candidate aux élections présidentielles colombiennes, s’était rendue dans les zones sous contrôle des rebelles. Ceux-ci l’avaient alors séquestrée, elle et sa directrice de campagne, Clara Joraz, les maintenant dans une situation déplorable. Pendant ces six années de captivité, les deux femmes, et surtout Ingrid, ont été utilisées par les Farc, pour souvent monter les enchères ou pour multiplier les sollicitations. Ainsi, pour ces prisonnières- vedettes, les autorités colombiennes, vénézuéliennes, françaises ont toutes,approché, les responsables de la rébellion colombienne pour des négociations. En vue de la libération de cette otage populaire. Mais mieux que tous, la France de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, avouons-le tout net, a fourni plus d’énergie que quiconque, pendant ces six ans de captivité. Cette débauche d’énergie est la preuve que la France est une nation qui sait mériter la confiance de ses ressortissants. Même si Alvaro Uribe, le Président colombien a usé d’astuces pour faire libérer l’otage. La France ne s’est jamais rebiffée au motif qu’elle était seulement le pays d’adoption d’Ingrid. Elle s’est impliquée comme s’il s’agissait de Nicolas Sarkozy ou de tout autre citoyen français. Parce que pour la France, il n’y a pas de demi citoyen, mais des citoyens égaux quelque soit leur pays d’origine. Il y a moins de trois mois, après la libération de Clara Joraz, l’espoir d’une libération d’Ingrid, mal en point à ce moment là, avait traversé les esprits. La France qui négociait avec les Farc, avait alors fait déplacer un avion avec médecins et matériel médical, dans l’attente de sa libération. Mais rien n’ y fit. Et Paris ne se décourage pas, malgré tout. Un ballet diplomatique avec le Président vénézuelien puis avec les autorités colombiennes n’apportera rien. Hugo Chavez, le n°1 vénézuelien dont on dit qu’il est le financier des Farc, viendra même rassurer Nicolas Sarkozy. Mais toujours rien. Avant Sarko, Chirac avait lui aussi, donné du sien pour la résolution de cette épineuse situation. Sans le moindre succès pourtant. La France a en tout cas fait du problème Ingrid Betancourt, un problème national que tous les Français ont fait sien. Pour avoir été en première ligne du combat pour la libération d’Ingrid, la France toute entière peut se réjouir d’avoir soutenu un des leurs. Qui le leur rend très bien d’ailleurs, puisqu’elle s’est rendue peu après sa libération, à Paris, où l’attendaient ses enfants, Nicolas Sarkozy et toute la France joyeuse. Sur place, elle n’a pas caché sa satisfaction devant le soutien de « son pays » dans cette difficile épreuve.

 

                                      Le mystère Kieffer

 

Mais Ingrid Betancourt et sa famille ne sont pas les seules à bénéficier du soutien de la France dans des situations difficiles. Il y a aussi et surtout la famille Kieffer qui, depuis un peu plus de quatre ans, a à ses côtés, la France et les Français. Là également, l’affaire est aussi compliquée que celle liée à Ingrid. Disons même un peu plus. Puisque, depuis le 16 avril 2004, ce journaliste français, d’origine canadienne, est porté disparu à Abidjan en Côte d’Ivoire, où il était le correspondant d’un organe de presse dans ce pays. Au fil des mois, des informations ont couru sur son enlèvement et son assassinat par ses ravisseurs. En tout cas, les indices, même s’ils n’ont pas confirmé la mort de Guy André Kieffer, tendent vers cette hypothèse. Toujours est-il que le journaliste en savait trop sur la gestion scabreuse des fonds du café et du cacao ivoiriens. Les dirigeants de cette filière, dit-on, ne seraient pas étrangers à cette disparition brusque. Eux, dont on reproche beaucoup, au point de les enfermer aujourd’hui à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), pour détournement de deniers publics.

Comme pour Ingrid, la France n’a pas lésiné sur les moyens pour remuer le pouvoir en place à Abidjan, afin que la vérité éclate au grand jour. L’affaire Kieffer, on peut le dire, est un des dossiers qui empoisonne les relations entre Abidjan et Paris. Dans la mesure où, affectés par cette disparition, les Français comprenaient mal les blocages orchestrés par des mains obscures dans la recherche de la vérité. Pour preuve, le juge français Patrick Ramaël n’a souvent pas eu la tâche facile dans l’exercice de sa mission en Côte d’Ivoire. Il est clair que Paris en a fait une préoccupation, si bien qu’à chaque rencontre entre les autorités ivoiriennes et françaises, l’occasion a été bonne pour les derniers, d’insister sur la volonté de la France de tirer au clair cette sombre affaire. Lors de la récente visite à Abidjan du ministre français des Affaires étrangères, l’affaire n’est pas passée sous silence. Bernard Kouchner en a clairement parlé avec Laurent Gbagbo. Et la France, telle qu’on la connaît, n’est pas prête à lâcher du lest dans cette affaire, avant que celle-ci ne soit élucidée. Cette détermination, Sarkozy l’a affichée devant la famille de Guy André Kieffer, comme il l’avait fait devant les parents d’Ingrid Betancourt avant sa libération.

Rien qu’à partir de ces deux cas, on peut percevoir la disponibilité de la France à rester le père et la mère de tous ceux qui lui appartiennent et de tous ceux qui ont décidé de s’attacher à elle par quelque lien que ce soit. La France, dans tous ces deux cas, s’est plus investie que la Colombie et le Canada, pays d’origine d’Ingrid Betancourt et de Guy André Kieffer. C’est une politique d’ouverture à saluer. Puisque ailleurs, surtout en Afrique, on s’évertue plutôt à renier des nationaux, à des fins politiciennes.                

 

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