Education nationale: l’épineux problème de la mainmise de la FESCI sur l’Ecole ivoirienne

Publié le par Denis-Zodo

Les évènements politico-militaires ont profondément bouleversé l’environnement politique, institutionnel et juridique de la Côte d’Ivoire. La population ivoirienne a besoin  de plus de liberté démocratique, plus de rigueur et de transparence dans la gestion de la chose publique, davantage de justice sociale et une meilleure qualité de vie. 
 
La prise en compte de ces aspirations requiert la mise en place d’un processus participatif et méthodique de la reconstruction  nationale qui vise la mise en œuvre d’un projet de développement humain durable. Mais celui-ci, doit partir d’une exploitation rationnelle des ressources matérielles, en tenant compte des échecs, des insuffisances et des succès du passé.

Pour ce faire, la réforme du système éducatif national s’impose. En effet, celui-ci s’illustre par son faible rendement interne et externe, et cela a des causes, ainsi que des conséquences sur la vie économique et sociale en général et sur la communauté éducative en particulier. C’est pourquoi dans cette analyse, après avoir présenté les causes et les conséquences de ce faible rendement interne et externe du système éducatif, des solutions pour l’améliorer seront proposées.

Mais avant, quels sont les problèmes que rencontre le système éducatif ivoirien ? 


I) Au plan de l’accès  au système éducatif.


- L’accès est limité au primaire par rapport aux exclus.
- La scolarisation est peu intensive dans l’enseignement primaire.
- Le faible taux d’admission au secondaire.
- Les importantes disparités régionales par rapport au taux d’admission.
- La stagnation des taux bruts de scolarisation dans le secondaire. 
    
*la qualité de l’enseignement.

- Faible rendement interne du système éducatif.
- Redoublements excessifs, déperditions et gaspillage des ressources humaines.
- Faible rendement externe du système éducatif.
- Inadaptation des formations par rapport au besoin de marché de l’emploi.
- Déficit chronique d’enseignants (du personnel éducatif)

Face à tous ces problèmes, de nouveaux objectifs s’imposent au système éducatif ivoirien afin de tendre vers l’éducation pour tous et à tous les niveaux.

II- Objectifs généraux du système éducatif.

- Accroître le taux brut de scolarisation.
- Améliorer le rendement interne du système.
- Créer les conditions d’une administration efficace et harmonieuse du système éducatif.
- Redéfinir le partenariat Etat-secteur privé.
- Promouvoir l’insertion professionnelle des scolarisés et des déscolarisés.

III/ Les objectifs spécifiques  de l’école pour tous.

- Développer l’éducation préscolaire, et notamment celle des enfants les plus vulnérables et     défavorisés.

- Faire en sorte que d’ici 2015, tous les enfants, notamment les filles et les enfants en difficulté aient la possibilité d’accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et de les suivre jusqu’à son terme.

- Répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes, en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objectif, l’acquisition de connaissances ainsi que de compétence nécessaire  dans la vie courante.

- Eliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire et y instaurer l’égalité en 2015, en veillant notamment à assurer aux filles, un accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite que les garçons.

- Améliorer de50% le niveau d’alphabétisation des adultes et notamment des femmes d’ici à 2015 en assurant à tous les adultes, un accès équitable aux programmes d’éducation de base et d’éducation permanente.

- Améliorer dans tous ses aspects la qualité de l’éducation dans un souci d’excellence, de façon à obtenir pour tous les résultats d’apprentissage reconnus et quantifiables, notamment en ce qui concerne la lettre, l’écriture et le calcul, ainsi que les compétences indispensables dans la vie courante.


Pour atteindre ces objectifs, plusieurs missions ont été confiées à l’école Ivoirienne.

IV/ Les Missions de l’école.

1) Enseignement primaire.

- Assurer l’intégration de l’enfant dans son environnement social culturel et économique en vue de le préparer à se prendre en charge et à être utile à la société.
- La formation morale, civique et culturelle du jeune enfant et la formation pratique en vue de l’intéresser aux métiers divers et au travail manuel.
- La préparation de l’enfant, en vue d’aborder le cycle de l’enseignement secondaire.

2) Enseignement secondaire.

- Assurer la consolidation et l’approfondissement des acquis du cycle primaire, l’ouverture sur toutes autres cultures et le développement de l’esprit d’initiative et de créativité.
- L’éducation civique, morale et physique du futur citoyen, une spécialisation dans une filière générale afin de permettre à l’élève d’accéder à la vie professionnelle ou de poursuivre des études dans l’enseignement supérieur.
3) Enseignement technique

Il  vise à :
Faire acquérir les pré-requis nécessaires et indispensables pour aborder un enseignement technique supérieur ou une formation professionnelle qui prépare à un métier,  en entreprise.

4) La source de "l’éducation non formelle" alphabétisation

Il vise à :

-  Donner des aptitudes fonctionnelles à lire, écrire et compter  à tous les citoyens.
- Donner des connaissances  et des aptitudes pour mieux prendre soin d’une famille et conduire un foyer, gagner sa vie (A.G .R) et participer à la vie sociale.

IV- Causes du faible rendement de système éducatif

Les causes du faible rendement du système éducatif.
Faible coefficient d’efficacité 20%
-  Une persistance du déséquilibre des allocations.
- La dégradation des locaux (vétusté des infrastructures, matériels  didactiques et d’expérimentation) et l’absence d’équipements didactiques.
- La faiblesse de l’encadrement pédagogique et un manque de motivation d’une importante frange d’enseignants et autres personnels éducatifs.
- L’inadaptation des programmes et contenus de formation par rapport aux exigences réelles du pays.
- La politisation de l’école par l’implication des structures syndicales et parfois informelles au soutien des programmes.
- La prolifération anarchique des écoles (boutiques).
- La massification du système éducatif (effectifs pléthoriques, manque de salles).

PROPOSITION

1) niveau général

- Recentrer le système éducatif par une gestion participative renforcée de l’école, c’est-à-dire l’adhésion de l’ensemble des partenaires en rendant effectif l’action des conseils consultatifs de l’éducation nationale renforcée), la carte scolaire et les comités de gestion des écoles. L’intégration de l’école dans un milieu exige une véritable plate-forme de communication. Un suivi et des évaluations doivent également être constamment effectués.

- Sensibilisation de tous les acteurs du système éducatif.

- Renforcement progressif des capacités des différents acteurs du système éducatif.

- Décentralisation effective de l’école.

- L’évaluation des principales structures du système éducatif.

- Moderniser les instruments de gestion du système éducatif.

- Régionaliser le recrutement des enseignants.

- Renforcer la participation des comités de gestion des écoles.

- Promouvoir l’éducation des filles.

- Promouvoir la santé et la mutation.


Au niveau de la planification


La faible capacité de politique et de gestion stratégique du système  éducatif ivoirien suggère   une amélioration constante ; celle-ci met un accent particulier sur :

- Le maintien d’une cohérence d’ensemble pour le secteur éducatif.
- La purification, la programmation et la budgétisation du système.
- L’optimisation  et la rationalisation de la gestion des ressources disponibles. Pour preuve, au niveau du secondaire et surtout du supérieur, le problème d’hébergement et de restauration se pose avec acuité à cause de l’intrusion de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) dans la question de l’attribution des logements universitaires au détriment du CROU, l’organe étatique qui en a la charge. A ce niveau, nous proposons la privatisation de l’hébergement et de la restauration. Toute chose, qui permettra non seulement à l’Etat de faire des économies mais aussi de résoudre une bonne fois pour toute l’épineux problème de la mainmise de la FESCI sur l’école ivoirienne. 
- Le développement d’un système d’information statistique, fiable et complet, nécessaire à
- Une bonne gouvernance.
- La maintenance des infrastructures et des équipements
- L’évaluation constante du système.

Publié dans Politique ivoirienne

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