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Lundi 5 mai 1 05 /05 /Mai 14:37
Les problèmes de l’environnement se posent avec acuité en Côte d’Ivoire depuis le déclenchement de la crise militaro politique. Cela, en raison non seulement de l’absence d’une politique conséquente dans ce domaine mais aussi et  surtout à cause de la destruction de l’écologie de façon irréversible par l’homme. Cette destruction a plusieurs conséquences, à la fois l’économie et sur l’écosystème. La question particulière de l’habitabilité de l’environnement des Ivoiriens se pose en terme de menace, étant donné les nuisances et pollutions que la guerre, les activités industrielles et autres actions de l’homme provoquent. Dans le cadre des recherches de solutions à la crise, plusieurs rencontres et accords se sont multipliés et ont été signés en vue d’aboutir à la paix et à l’équilibre social. Mais, ils n’intègrent pas les aspects spécifiques de l’environnement, alors que ceux-ci, conditionnent l’équilibre social. Aucun de ces travaux ne se préoccupe de façon significative et explicite de l’impact des guerres sur l’environnement alors que celui-ci présente le danger de disparition d’espèces animales végétales et humaines. Il apparaît crucial, au moment où on s’intéresse aux problèmes causés par la guerre, de prendre en compte, ceux du cadre de vie des populations, afin d’en trouver des solutions idoines pour mettre fin à la précarité grandissante des populations source de troubles sociaux.

Cet impératif légitime vient de ce que l’homme est agresseur de son propre cadre de vie, c’est pourquoi, son implication exclusive serait bénéfique pour l’équilibre de cet environnement. A travers cette analyse, nous allons présenter deux axes majeurs :

- Montrer les conséquences de la guerre et les conflits divers sur notre environnement, déjà menacé par certains facteurs existants.

- Apporter une information régulatrice, permettant à travers une base conceptuelle et méthodologique de bien gérer notre milieu de vie, en minimisant les nuisances de l’homme. Une telle analyse ne saurait se faire convenablement sans une définition des concepts et une description sommaire des états de dégradation du fait de la guerre.

De la définition de l’environnement

Qu’est-ce que l’environnement ?

De façon générale, l’environnement, c’est un ensemble de milieux d’influence (milieux humains, naturels et économiques) qui agissent sur l’individu à tous les instants de sa vie quotidienne et détermine en grande partie, son comportement dans toutes les dimensions de l’être : sociale et intellectuelle.

Du point de vue écologique, l’environnement, c’est le cadre de vie qui assure la santé, l’alimentation, l’abri, les ressources, l’emploi, le repos, la récréation, les occasions de s’éduquer et les accomplissements culturels, la réduction de la crainte et de l’anxiété, l’apprentissage à tenir compte des risques et à prendre des décisions. C’est aussi l’espace qui reçoit tous les déchets qui sont issus des différentes activités de l’homme. Il ressort donc de tout cela, qu’un environnement de qualité est nécessaire à la satisfaction des besoins des hommes. Quant à l’écosystème, c’est une communauté vivante intégrée à son environnement ; c’est-à-dire qui vit en équilibre avec le climat et le sol.

De l’origine de l’importance de l’environnement

L’environnement commence à avoir de l’importance depuis la conférence de l’ONU sur l’environnement et le développement durable tenu à Rio de Janeiro en 1992 et des travaux de la commission mondiale sur l’environnement (Brundtland) en 1987. De ces rencontres, l’écologie et l’environnement vont constituer des champs et pistes de réflexions, très préoccupantes pour les chercheurs et les Etats, voire même tous les humains.

L’écologie est appréhendée à deux niveaux : d’une part, une étude sociale des interactions et d’autre part, une étude sociale qui s’occupe du développement et de l’organisation des activités humaines en relation avec leur environnement physique. La personne humaine étant au centre de cet environnement, c’est donc l’étude de chaque sphère de l’activité humaine, physique et mentale, chaque fois en rapport direct avec l’environnement qui est pris en compte. Pourtant, de cet exposé, on peut noter les caractéristiques de la crise écologique en Côte d’Ivoire. On parle de crise écologique, lorsqu’un ensemble de faits repérables constitue un problème spécifique pour la vie ou la survie des êtres vivants, et l’humanité toute entière. De façon générale, les effets de la technologie moderne, le gaspillage et la consommation excessifs, les déchets et ordures, la pollution, l’épanouissement des ressources de la terre, la disparition des espèces animales et végétales et l’équilibre de quelques systèmes planétaires en sont les illustrations réelles.

De l’exemple ivoirien

En Côte d’Ivoire, la dégradation intensive des terres et autres ressources naturelles est fragrante. La désertification et la perte de terres arables et vertes ont entraîné la diminution de la productivité du sol au nord et dans certaines régions. La perte de la biodiversité, la pollution des eaux, et la diminution des ressources en eaux naturelles ainsi que la détérioration de la qualité de l’air dans les espaces urbains est très criante. En effet, l’augmentation des charges de l’Etat en période de guerre, accroît les exigences. Les déchets et ordures ménagères et industrielles sont très mal traités. Ce mauvais traitement entraîne la pollution des eaux des lagunes et fleuves, d’où la rareté des eaux potables. A cela, s’ajoute l’incapacité des communes et de l’Etat à fournir les installations basiques communes pour assurer l’évacuation des eaux usées et la mauvaise politique de gestion des ordures ménagères et industrielles qui met la population dans une situation de menace quotidienne. Outre cela, on a la prolifération des quartiers précaires et des maisons spontanées, informelles et non planifiées où règnent généralement l’insécurité et la pollution. La puanteur est la chose la mieux partagée dans toutes les villes du pays. Avec l’avènement de la guerre, les choses sont devenues plus graves. En effet, pendant celle-ci, l’exploitation anarchique des ressources naturelles par des combattants et déplacés menace foncièrement l’équilibre environnemental, déjà en état de dégradation. Ces exploitations illégales des ressources du pays qui ne tiennent compte d’aucun critère présente des conséquences réelles sur l’environnement de manière qu’il ne peut vivre et survivre qu’à la condition de le protéger et le préserver. Or, l’environnement des populations en détresse subit l’agression des obus, des canons et des détribus de guerre, alors que les victimes sont dans l’impossibilité de la protéger et de le préserver, d’où la conséquence sur leur santé, leur productivité, la paix et celle relative à la biosphère. Les réfugiés ou victimes quant à eux sont souvent logés dans des forêts classées ou réserves où ils détruisent au quotidien ce que l’Etat préserve pour assurer leur survie. Les combattants pillent et volent tout ce qui les entoure, créant ainsi une atmosphère invisible. A l’ouest du pays, certaines zones de combats connaissent encore des perturbations écologiques. Abidjan, la plus grande ville du pays n’en a pas moins échappé, avec la pollution de l’air, de l’eau et surtout les rivières et puits dans les zones de combats. On ne peut pas ne pas évoquer la mauvaise alimentation et la prolifération de l’infection du VIH et de la tuberculose. La pollution issue des armes chimiques et les débris d’êtres vivants tués, ont des effets chimiques chroniques et aigus également sur la santé des populations. Ainsi dire que tous ces facteurs sont à l’origine de décès prématurés de nombreux enfants et jeunes. Or, la mauvaise condition alimentaire et de soins de santé liés au déplacement forcé, généralise la crise environnementale, car le déplacement des parents ou amis chez un hôte bouleverse les conditions habituelles de vie chez celui-ci. La production agricole a baissé parce que les champs et les cultures ont été abandonnés pour des destinations nouvelles, où il n’est plus possible de faire ce type de culture. Des problèmes de logement se sont amplifiés. La faim, la malnutrition, la sous-alimentation ont entraîné la cherté de la vie parce qu’au moment où la demande s’amplifie, l’offre a diminué. Les services de santé inexistants à certains endroits sont devenus rares, alors que les malades augmentent en nombre de façon exponentielle. La qualité des soins également baisse et favorise la médecine parallèle et les bénévoles de la santé. Le taux de mortalité quant à lui s’accroît chaque jour. Les ressources végétales et animales ont été vidées des forêts, des exploitants forestiers de circonstances et autres opérations économiques les ayant pillés au détriment des populations martyrisées par la faim et le besoin de survivre. Toutes les ressources existantes sont pillées au quotidien par les déplacés qui en seront privés, lorsque les envahisseurs  arrivent sur les lieux.

Conséquence, c’est l’appauvrissement total des eaux, des forêts et autres espèces naturelles. Les combattants étrangers pillaient au quotidien nos richesses pour faire souffrir la population. Il ressort de tout cela, que le secteur agricole est appauvrit, les ressources naturelles sont en voie de disparition et la pauvreté devient de plus en plus grandissante. Tout ceci nécessite des propositions claires en vue de résoudre ou ramener la situation de l’environnement ivoirien à des proportions tolérables par la société.

Les propositions de solutions en vue de réduire la crise écologique.

Les causes sont relatives à la guerre certes, mais elles sont aussi le fait des activités économiques de l’homme en vue de sa survie.

C’est pourquoi, les propositions vont prendre en compte de façon globale tous les types d’agression à l’écologie, objet de troubles de notre environnement.

D’une manière générale, il faut :

- Minimiser les risques accidentelles ou chimiques qu’organisent les diverses formes de pollutions de milieux naturels et de destruction de biodiversité, comme la réparation des dommages qui en découlent.

- Agir sur les mécanismes sociologiques qui sont à l’origine des risques et des dommages engendrés par les industries, les transports, les agglomérations urbaines et l’agriculture intensive.

- Protéger les multiples cibles menacées ou atteintes, englobant à la fois l’homme et la nature.

- Protéger les consommateurs et la population menacée par les diverses formes de pollution en améliorant les conditions de vie et d’habitat, car la relation santé, environnement reste complexe et importante.

- Réduire l’emploi massif de pesticide en agriculture.

En outre, le traitement des déchets des ménages, déchets verts et déchets organiques connaît un accroissement fulgurant chez nous dans ces dernières années. Il faut penser à résoudre les problèmes de traitement au lieu d’enfouissement, source de pollution des nappes phréatiques et des lagunes.

- Il faut résoudre le problème des sites, et mener des études d’impact environnemental appropriées.

La crise écologique nécessite d’être éradiqué, c’est pourquoi, il faut s’attaquer aux causes structurelles de celle-ci et instaurer des réponses techniciennes et gestionnaires qui alimentent un système dans lequel le pollueur dépollue et réciproquement dans un processus sans fin.

Aussi, la politique commune de l’environnement repose sur le postulat d’une nécessité de conciliation entre préoccupation environnementale et impératif économique qui sert de fondement à l’idéologie du développement durable.

Or il n’existe aucune source d’énergie non polluante ni aucune technologie de production à grande échelle totalement verte. Donc, toute consommation est automatiquement pollution. Dans ce contexte, il nous appartient de réduire notre consommation afin de réduire notre impact négatif sur l’environnement.

Il faut instaurer les normes environnementales plus sévères auprès des grands pollueurs qui seront suivis par des sensibilisations accrues.

Appliquer la solution des 3R, c’est-à-dire réduire, réutiliser, recycler en ordre décroissant d’importance. Le recyclage ne fait que réduire leur impact, mais est polluante, réutiliser équivaut à donner ou vendre ce qu’on ne veut plus au lieu de le jeter.

Et enfin, réduire, c'est-à-dire, les pays industrialisés doivent réduire la consommation afin de stopper notre déficit écologique actuel en faveur des pays pauvres.

A côté de tout cela, il faut encourager la technologie verte ;

- Eviter la destruction des sites naturels, urbanisations envahissantes et le surencombrement des routes.

- Eviter la pollution radioactive, due à l’énergie nucléaire et les montagnes de déchets de plus en plus grandes dans des villes.

Au niveau des Etats et des institutions financières, il faut intégrer les données écologiques dans la comptabilité publique des pays, établir des écotaxes et des mesures fiscales pour décourager l’utilisation  non viable des ressources, promouvoir l’utilisation durable et équitable des ressources  naturelles ivoiriennes. Dans ce cadre, la dette écologique des pays industrialisés envers les pays pauvres doit être réaffirmée, il faut rendre publique les changements législatifs préconisés, empêcher l’anomie en matière environnementale en vue de la conservation de la nature et la gestion durable des écosystèmes.

- Il faut accroître les budgets pour la protection sociale et de l’environnement.

- Evaluer l’impact économique et social préconisé.

- Amener les institutions financières internationales à intégrer davantage les questions écologiques dans le développement économique et social des pays (arrêter l’impact écologique négatif des ajustements structurels), cette dernière préoccupation semble être évidente car actuellement, les institutions financières recherchent la croissance à tout prix, sans tenir compte des limites écologiques de la planète.

Conclusion

La guerre qu’a connu la Côte d’Ivoire pose de sérieux problèmes sur l’environnement qui menacent l’habitabilité. Le pays est en train de perdre son caractère habitable et la vie devient de plus en plus précaire. Les conséquences sont graves et équivalent à une crise environnementale multiforme. Agressé et traumatisé par la guerre, l’environnement provoque une situation d’instabilité sociale qui déséquilibre les populations. L’économie, la santé et l’avenir des générations sont compromis. En clair, loin de citer la catastrophe du Probo Kohala, les Ivoiriens cohabitent avec ce qui tue. C’est pourquoi, il faut prendre les mesures idoines pour vulgariser la culture de la paix en mettant en relief la responsabilité éthique de l’homme sur l’environnement. La notion d’astreinte écologique doit être enseignée à tout Ivoirien, tout en fournissant des ressources et moyens pour la promotion. L’éducation et l’éthique mésologique doivent être à ce rendez-vous. Sans oublier qu’il faut enseigner à tous les niveaux, les droits et devoirs à la protection de l’environnement.     
Par Denis-Zodo - Publié dans : Politique ivoirienne - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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