Manifestation des souscripteurs des structures d’agrobusiness/Une démarche inopportune

Publié le par Denis-Zodo

les manifestants au tribunal du plateau ( photo) dr

les manifestants au tribunal du plateau ( photo) dr

L’alléchante affaire de l’agrobusiness connaît depuis quelques mois des soubresauts après la décision du gouvernement ivoirien de suspendre l’activité des 28 maisons exerçant dans ce secteur. Cette décision des autorités  ivoiriennes est intervenue après que des allégations d’arnaques et de malversations  répétées étaient perceptibles  dans une atmosphère où les différents acteurs se rejettent désormais la faute quand à la responsabilité des difficultés qui minent le secteur.

Les comptes gelés, les activités des entreprises suspendues, des souscripteurs en colère. Voici l’ambiance qui prévaut dans le secteur de l’agrobusiness ces derniers mois. Conséquences, mécontents de la décision du gouvernement de geler les comptes des patrons desdites  maisons, des souscripteurs sont descendus dans les rues pour exiger le dégel  des comptes. Une manifestation réprimée par les forces de l’ordre pour montrer  l’inopportunité d’une telle manifestation vu  que l’État de Côte d’Ivoire a décidé de rembourser le capital investi par les souscripteurs. Une décision, salutaire, selon certains observateurs parce que l’enquête ouverte à cet effet par l'Etat  de Côte d’Ivoire a permis de découvrir la somme de 24 milliards de francs sur les 66 empochés par les maisons d’agro- business. Les 44 autres milliards s’étant volatilisés  dans la nature.

 

Du devoir du gouvernement de protéger les citoyens.

 

Ils sont nombreux, les observateurs qui s’expliquent difficilement le comportement des souscripteurs qui se plaignent de l’immixtion dans une affaire où il n’a pas été invité. On se rappelle que face aux problèmes qui minent la filière, les uns et les autres se rejettent la faute. Quand certains parlent d’une probable arnaque, d’autres évoquent un complot ourdi contre un système économique censé  permettre à un grand nombre d’Ivoiriens de sortir de la précarité financière. En tant que protecteur des personnes et de leurs biens, l’État s’est saisi du dossier pour éviter un enlisement de la situation comme cela a été le cas avec les maisons de placement d’argent il y’a quelques années. Pour rappel, dans le déroulement des investigations, diligentées  par le gouvernement, il a été  révélé que les comptes des structures évoluant dans le secteur ont été gelés pour éviter toute fuite de capitaux. Ce faisant, les entreprises concernées ont cessé leurs activités. Les retards de paiement des retours sur investissement (RSI) qui en ont découlé ont provoqué la colère des souscripteurs.

Dans la recherche de solutions, une rencontre a eu lieu entre la direction générale du Trésor et le syndicat des souscripteurs. Les responsables du trésor ont confié au syndicat que des dirigeants de certaines entreprises s’apprêtaient à effectuer des opérations bancaires de leurs comptes à destination de l’étranger. Le gel des comptes des 28 entreprises indexées vise donc à empêcher certains chefs d’entreprise de disparaître pour de bon  dans la nature sans avoir remboursé les dus des clients.


Les résultats de l’enquête sont alarmants.

« Vous avez 66 milliards de F CFA investis par les populations. Aujourd’hui, sur les comptes nous retrouvons 22,7 milliards F CFA (2 autres milliards ont été découverts par la suite) et ces personnes promettent payer 660 milliards à leurs souscripteurs », confiait  Bruno Koné, porte-parole du gouvernement. Des déclarations qui confirment  la thèse de l’arnaque.

Devant les explications de la direction du Trésor public et du gouvernement, les investisseurs sont surpris. Mais, ils n’en demeurent pas moins convaincus que le business dans lequel ils ont investi est fiable.Si tous admettent l’éventualité de la présence de ‘’brebis galeuses’’, ils démentent les accusations d’arnaque dont on accuse l’ensemble des structures d’agrobusiness.
Selon eux, l’argument de plaintes déposées auprès des autorités judiciaires évoqué par le gouvernement n’est pas fondé d’autant qu’eux, n’en ont jamais entendu parler bien qu évoluant  dans le secteur depuis plusieurs années pour certains. Mieux, soutiennent- ils : «Si arnaque il devait y avoir, le gouvernement serait responsable ».


Ces questions, sans réponses.

 

A l’analyse, l’on se rend compte de la complexité qui entoure l’agrobusiness. En effet, les 28 structures d’agrobusiness incriminées sont légalement constituées. Et, leur modèle économique a fait l’objet de plusieurs campagnes publicitaires (télévision, affiches). Toute  chose  qui ont participé à convaincre des milliers de personnes à investir dans l’agrobusiness. En plus, les retours d’expériences toujours favorables ont contribué à l’essor de cette entreprise.

Ainsi, les souscripteurs restent persuadés de la fiabilité du système. Ils exigent par conséquent ‘’le dégel des comptes des entreprises afin que celles-ci reprennent leurs activités et continuent à faire le bonheur des Ivoiriens’’.
Aux dires des souscripteurs, cette affaire d’arnaque n’est rien d’autre qu’une stratégie visant à casser l’élan de développement des entreprises d’agrobusiness.

 “Certains membres du gouvernement et personnalités du pays veulent  provoquer la fermeture des entreprises d’agrobusiness pour ensuite installer leurs structures”, soutiennent mordicus des souscripteurs. Le gouvernement de son côté rassure les souscripteurs qu’ils seront remboursés quand ceux-ci réclament en plus de leurs capitaux les retours sur investissement à eux promis par les entreprises d’agrobusiness.
Sous l’ancien régime ( celui de Laurent Gbagbo) un vaste scandale de placement d’argent avait secoué le pays. Les responsables des structures s’étaient évaporés dans la nature quand des familles qui avaient investi toutes leurs économies ne sont jamais rentré en possession de leur argent.

 

les manifestants dans la rue  ( photo dr)

les manifestants dans la rue ( photo dr)

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