Législatives 2016: 1390 candidats pour 255 sièges

Publié le par Denis-Zodo

 

Dans moins de 24 heures, les Ivoiriens seront aux urnes, cette fois pour choisir leurs représentants au parlement. A La différence des scrutins antérieurs, où les héritiers (sic) d'houphouet- Boigny(le Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie) sont allés en rangs serrés, celui des législatives va se dérouler sur fond de division et de crise. Du non parrainage de candidats au !limogeage de ministres du gouvernement en passant par des intimidations de tous genres, la grande famille du RHDP, cette coalition qui a chassé Laurent Gbagbo du mouvoir en avril 2011 est au bord de l'éclatement.

Décryptage d'une situation qui inéluctablement va offrir une nouvelle configuration politique à la Côte d'Ivoire.


Sauf bouleversement notable de dernière minute, après validation de la commission électorale indépendante (CEI), ils seront environ 1 390 candidats à briguer le 18 décembre prochain les 255 sièges que compte l'Assemblée nationale ivoirienne. Une élection caractérisée par une forte représentativité de candidats indépendants, avec une faible présence des femmes... Regard sur le profil des candidats a travers des chiffres établis par la CEI.


De la faible représentativité des femmes


Seulement 12% des femmes sont candidates pour la bataille électorale du 18 décembre 2016. Contrairement à ce qui a été dit et écrit, la parité en politique attendra visiblement encore avant d’être observée au Parlement ivoirien. À l’instar des précédents scrutins, l’écrasante majorité des prétendants sont des hommes. A eux seuls, ils forment plus de 87,5% des candidats, contre un peu plus de 12% de femmes, selon le décompte de la CEI. On le voit
la parité tant attendue, n'aura donc progressé qu’à la marge par rapport au dernier scrutin législatif de 2011, ou les femmes représentaient seulement 11% des candidatures. Autre fait marquant du scrutin du 18 décembre prochain, la très forte présence des candidats indépendants, conséquence des frustrations nées des choix des candidats par le directoire du RHDP et de la division au sein de l'opposition significative, le Front populaire ivoirien(FPI). Ils seront donc 790 candidats indépendants qui iront à l'assaut de sièges au parlement dans moins de deux semaines. En effet, loin devant les différents contingents formés par les 37 partis politiques en lice, les indépendants forment le plus gros des candidatures : ils seront 790 à se présenter au suffrage sans étiquette politique, selon les chiffres officiels. Parmi eux, certains déçus de la coalition au pouvoir, le RHDP, qui a pour la première fois décidé de présenter des candidatures communes a commis une grave erreur en disqualifiant certains candidats.

Évidemment, cette mutualisation n’a pas manqué de susciter un certain mécontentement au sein de la coalition. Ainsi, comme il fallait s'y attendre, après l’annonce des investitures, plusieurs personnalités issues de cette coalition politique ont refusé de se plier au choix du directoire du RHDP. C’est notamment le cas des frondeurs du parti, dont Yasmina Ouégnin à Cocody ou encore Kouadio Konan Bertin à Port-Bouët.la surprise vient de gognoa,le président du conseil régional est démi de toutes ses fonctions par le pdci.

La fronde ne s'est pas limite seulement au PDCI. Elle a également gagné d’autres membres de la coalition. Les cadres de l’UDPCI se sont eux aussi sentis lésés par les 11 investitures proposées par le RHDP. Le parti a donc fait fi des consignes et présentera 23 candidats le 18 décembre prochain. Toute chose qui n'a pas été du goût d’Henri Konan Bédié et d'Alassane Ouattara qui ont décidé de sévir.
Quelques instants après la validation des candidatures vendredi 25 novembre, le président de l’UDPCI, Mabri Toikeusse, était limogé de son poste de ministre des Affaires étrangères. Le leader de l’UPCI, Konan Gnamien, a connu le même sort. Ancien ministre de l’Habitat et du logement, il a été démis de ses fonctions après que son parti a présenté 27 candidats. Une autre spécificité du scrutin du 18 décembre, c'est incontestablement la présence des candidats FPI tendance Pascal Affi n'Guessan, président statutaire du parti fondé par Laurent Gbagbo. Ils seront 187 candidats en liste.
Au-delà des candidatures dissidentes, la coalition au pouvoir aura face à elle ces commandos conduits par leur leader Affi n'Guessan. Contrairement aux élections de 2011, le parti créé par Laurent Gbagbo participera cette fois au scrutin, dans l’espoir de faire son grand retour à l’Assemblée.

Une stratégie à laquelle s’oppose la tendance Sangaré du parti, qui a clairement affiche sa volonté de boycotter ces élections. Comme pour les derniers scrutins, le FPI montrera donc de nouveau un visage divisé au grand dam des militants dont le désir ardent est de voir libérer tous leurs prisonniers Politiques dont Laurent Gbagbo et prendre part au jeu politique, plusieurs années après la perte du mouvoir idéologique d'état.

Publié dans Politique ivoirienne

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