Université Félix Houphouet-Boigny : franchise universitaire, si on en parlait… (Acte 1)

Publié le par Denis-Zodo

Université Félix Houphouet-Boigny : franchise universitaire, si on en parlait… (Acte 1)

La situation délétère qui prévaut sur l’espace universitaire de Cocody, eu égard à la présence massive des policiers vient de faire une victime de taille. L’étudiant, Roland Alaba a été fauché par un cargo des policiers le vendredi 17 juin 2016 à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Cet accident, à tout le moins déplorable remet au goût du jour, le débat sur la présence massive et inappropriée des agents des forces de l’ordre à l’Université et consacre de fait, la violation flagrante de la franchise universitaire. Une violation décriée depuis plusieurs années par les étudiants et des observateurs.

En effet, maintes fois décriée et dénoncée par les syndicats significatifs estudiantins (Fesci, Coeci, Ageeci etc.) les autorités ivoiriennes sont restées sourdes et muettes au cri de cœur des étudiants. A l’analyse, cette situation qui perdure et dont les dérives vont crescendo tire ses origines de la politisation de l’espace universitaire.

26 ans de politisation des Universités et des campus

Lieu de savoir par excellence, l’Université de Cocody a relégué au second rang sa mission première, à savoir dispenser le savoir aux futurs dirigeants de la nation ivoirienne. En effet, à la faveur du vent de l’est qui a soufflé sur le continent africain en 1990, plusieurs pays africains en général et singulièrement la Côte d’Ivoire ont renoué avec le multipartisme politique. Qui malheureusement s’est transformé en désordre dans certains pays. La Côte d’Ivoire reconnue jusqu’à cette date comme une référence sur le continent n’a pu échapper au syndrome de la politisation de l’école par certains politiciens avides de pouvoir. Sur les bords de la lagune Ebrié, notamment à l’Université Houphouët-Boigny de Cocody, ce temple du savoir a été le théâtre d’affrontements sanglants entre étudiants.

Commence alors, une spirale de violence qui va s’emparer des Universités et de tous les établissements scolaires du pays avec des revendications quelquefois aux antipodes de l’insouciance. La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) aux méthodes insurrectionnelles va créer un climat de violence permanente sur l’espace universitaire. Conséquence, les autorités ivoiriennes à tout le moins impuissantes violent sans crier gare la franchise universitaire qui interdit l’intrusion des forces de l’ordre sur l’espace universitaire. Cette décision n’est pas sans conséquence, car les affrontements entre étudiants et forces de l’ordre deviennent monnaie courante, au grand dam de tous ceux qui rêvaient d’une université aux valeurs universelles incontestées.

La recrudescence de la violence

Face à cette situation intenable, certains étudiants vont tronquer les blouses, les stylos, cahiers et autres manuels scolaires et universitaires contre des armes, à feu et blanches. Cette situation va entrainer des dérives les unes aussi inquiétantes que les autres. Point n’est besoin de rappeler que la détérioration de l’environnement sociopolitique avec son corollaire de coups d’Etat militaire et de rébellion armée est la conséquence de la situation de terreur qui prévalait sur les campus universitaires et dans les établissements scolaires. N’est-ce pas que la rébellion armée qui a consacré la partition du pays en deux pendant 10 ans et la crise postélectorale est la continuité des différentes factions politico-estudiantines entretenues par des politiciens cyniques ? Le désordre sur la campus et les cités universitaires, suffit-il pour expliquer la violation flagrante de la franchise universitaire ? Telle est la question que se pose nombre d’observateurs.

Publié dans Politique ivoirienne

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