Ouverture de la COP21 : 100 milliards de dollars, et après ?

Publié le par Denis-Zodo

Ouverture de la COP21 : 100 milliards de  dollars, et après ?

La Conférence sur le climat ou COP21 a officiellement débuté le lundi 30 novembre 2015 au Bourget en France. Au menu de cette rencontre qui réunit 150 chefs d’état et de gouvernement, la mobilisation des moyens pour freiner le réchauffement du climat qui a des conséquences fâcheuses sur la planète. Une occasion pour les plus grands pollueurs de la planète de faire des propositions concrètes aux pays les plus touchés par le phénomène. S’il est vrai que les chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier ont appelé à une action urgente contre le réchauffement climatique, force est cependant de reconnaître que les lignes de fractures entre les pays du Nord et du Sud sont perceptibles.

Durant, plus de 15 heures d’horloge, les différents chefs d’état et de gouvernement qui se sont succédé au pupitre, ont insisté sur la nécessité d’avoir des échanges francs et constructifs. C’est donc, à juste titre que , considérés comme l’un des plus grands pollueurs de la planète, après avoir reconnu la responsabilité des États-Unis, le Président Barack Obama a rassuré l’ensemble de ses pairs qu’il est possible d’inverser la tendance. « En tant qu’une des premières économies du monde, je suis tout à fait conscient que nous sommes à la source du problème », a-t-il avoué. Dans la même veine, le Président de la République populaire de Chine Xi Jinping a indiqué que l’accord de Paris doit permettre de mutualiser les efforts face au réchauffement climatique et qu’il ne devrait pas priver les pays en développement d'améliorer les conditions de vie de leur population. En sus, certains pays, tel l’équateur propose la création d’un Tribunal international de l’Environnement. Le Président ivoirien Alassane Ouattara, pour sa part, interpelle les plus grands pollueurs quant à la nécessité de prendre en compte les exigences de l’Afrique « L’accord qui se dessine ne se fera pas sans l’Afrique, nos priorités doivent y figurer. Les 100 milliards promis d’ici 2020 sont bien en deçà des défis liés au changement climatique et il convient d’étudier des maintenant les modalités du financement pour l’après 2020. » A-t-il précisé.

100 milliards de Dollars pour renverser la tendance ?

A l’ouverture des assises, l’une des solutions préconisées par l’ensemble des plus grands pollueurs et qui a fait l’objet d’une réflexion est, celle de la proposition d’octroyer chaque année la somme de 100 milliards de Dollars américain aux pays en développement. Pour les pays pollueurs, cette somme contribuera dès lors à financer les projets de reboisement et les différentes campagnes de sensibilisation en vue de préserver la modeste réserve écologique qui existe sous les tropiques. Comme, il fallait s’y attendre, cette proposition a suscité des commentaires, les uns, les plus passionnés que les autres. Pour les uns, le problème de l’endiguement du réchauffement climatique est loin d’être celui de la distribution de millions de dollars aux pays qui sont touchés par cette pollution. En effet, pour les tenants de cette thèse, les plus grands pollueurs doivent songer à prendre des dispositions pour polluer le moins possible. Pour les autres, la pollution est un mal nécessaire, parce que l’évolution de la planète ne peut pas se faire sans l’industrialisation. N’est-ce pas pour donner sa position sur la question de l’octroi de Les 100 milliards promis d’ici 2020 que le Président ivoirien Alassane Ouattara a dit ceci : « L’accord qui se dessine ne se fera pas sans l’Afrique, nos priorités doivent y figurer. »

Les réserves des ONG

Acteurs incontournables dans les débats, plusieurs ONG et non des moindres ont émis des réserves quant à la sincérité des grands pollueurs de la planète. Parce que pensent-elles, que l'on attende beaucoup du voisin ou non, les contributions de chaque pays doivent déjà se concrétiser sur le terrain. « Nous avons eu des annonces, se réjouit Pierre Cannet, porte-parole de l’ONG WWF France, […] mais il va falloir que ces initiatives donnent l’impulsion sur des sujets clés. Elles doivent être [respectées] pour pouvoir tenir cet objectif des 2°C maximum de hausse de la température moyenne mondiale. »

Même enthousiasme chez Jean-François Julliard, de Greenpeace, mais celui-ci avertit : le discours d’Hollande « n’est pas le premier beau discours que l’on entend dans des COP ». «Certains chefs d’Etat affichaient effectivement un certain volontarisme. J’ai entendu par exemple Barack Obama qui annonçait certains investissements financiers importants dans le domaine des [énergies] renouvelables, c’est quelque chose d’important parce que ça va être un signal très fort, je l’espère, au monde économique et financier, qui doute encore de leur rentabilité. J’ai entendu aussi des discours qui m’ont paru assez sidérants en termes de "greenwashing" comme celui de Vladimir Poutine, par exemple, qui disait que la Russie avait fait beaucoup pour lutter contre le dérèglement climatique. Non, s’il y a un pays qui ne fait rien pour lutter contre le dérèglement climatique, c’est la Russie. »

En tout état de cause, en attendant les résolutions définitives de cette conférence dont les enjeux sont tout aussi, attendus comme les attentes de la part des pays africains, nombre d’observateurs pensent que la solution pour endiguer l’épineux problème du réchauffement climatique doit aller au-delà de simples promesses et autres distribution de billets de dollars.

Publié dans Environnement

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